Un souffle salvateur

Face à une situation économique morose, une atmosphère d'état d'urgence post-attentats parfois anxiogène, une situation écologique qui devient dramatique, et une crise démocratique profonde, il est nécessaire regarder du côté des alternatives politiques qui émergent partout dans le monde.

Cet article avait initialement été publié comme tribune dans le journal "Le Petit Bordelais", la semaine du 6 juin 2016.

Face à une situation économique morose, une atmosphère d'état d'urgence post-attentats parfois anxiogène, une situation écologique qui devient dramatique, et une crise démocratique profonde, il est difficile de ne pas désespérer quant à l'avenir de la France, ou même pire : sombrer dans l'indifférence en estimant que la situation est vouée à ne pas évoluer.

Pourtant, il est possible de s'aventurer au-delà du champ des possibles qui nous paraissait ridiculement petit, alors qu'en réalité, il est gigantesque. Pour cela, il est simplement nécessaire de regarder du côté de nos voisins, en Europe et dans le monde :

En ce moment, les États-Unis vivent un événement qui aurait été inimaginable quelques années auparavant. En effet, le candidat Bernie Sanders, qui se revendique « socialiste », est monté étonnamment haut lors des votes de la primaire démocrate. Dans les faits, celui-ci ne sera pas élu. Mais cela préfigure un changement majeur dans la sphère politico-médiatique états-unienne, qui se répercutera tôt ou tard sur les systèmes politiques de nombreux autres pays. En effet, depuis la gouvernance néo-libérale de Ronald Reagan, les alternatives économiques semblaient désuètes, voire dangereuses (spectre du communisme), et semblaient vouées à n'être jamais appliquées au sein de la société américaine. Néanmoins, la montée fulgurante de Bernie Sanders (qui se retrouve, par comparaison, bien plus haut dans les estimations de votes que Donald Trump), démontre une volonté des citoyens américains de ne plus se soumettre face au monde la finance.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela signifie simplement que les États-Unis vont faire, à terme, marche arrière concernant leur politique économique.

Pourtant, simultanément, le gouvernement français, jusqu'au-boutiste, tente d'imposer la loi travail, relevant – selon de nombreux économistes et chefs d'entreprises, sans compter les salariés/lycéens/chômeurs/étudiants/intermittents – d'une absurdité sociale et d'une imposture économique, qui est inspirée du modèle économique que les américains vont quitter...

Simultanément, la situation politique évolue dans de nombreux pays d'Europe :

En Autriche, face au repli xénophobe promu par un candidat d'extrème-droite, et contre toute attente, un candidat écologiste vient d'être élu.

En Islande, la Constitution écrite par et pour le peuple (via la convocation d'une assemblée Constituante composée de volontaires tirés au sort) va ainsi être mise en place.

En Suisse, une « votation »¹ est en cours pour décider de la mise en place d'un Revenu Universel de Base², permettant de lutter durablement contre la pauvreté et le chômage.

En Finlande, le gouvernement est d'ores et déjà en train de mettre en place un Revenu de Base.

Cette liste est loin d'être exhaustive, tout s'accélère, partout dans le monde. Ces quelques exemples peuvent sembler anodins, mais c'est en réalité un signe que les mouvances dites « alternatives » autant écologistes que sociales, sont loin d'être marginales. Celles-ci pourraient même apporter un souffle salvateur dans une Europe qui semble se replier sur elle-même.

C'est pour cela que nous devons tout faire pour faire émerger durablement ces alternatives.

En France, le retrait de la loi travail devient une nécessité pour préserver notre stabilité économique et ne pas s'engouffrer dans le piège du néo-libéralisme. Pour relancer l'économie en luttant réellement contre la pauvreté et le chômage, nous devrions mettre en place un Revenu Universel de Base. Nous pourrions mettre en place des énergies renouvelables, nous permettant de devenir indépendant en énergie et diminuer notre impact carbone global, sans pour autant augmenter nos factures d'électricité³. Et il existe d'autres travaux à mettre en place...

Certes, la tâche ardue, mais nous devons la réussir si nous souhaitons réellement stopper les crises actuelles.

Puisque nous ne pouvons pas prévoir l'avenir, tâchons de le créer à notre convenance !

 

Notes :

1 : une « votation » est un procédé démocratique présent en Suisse, permettant à 300 000 électeurs suisses de demander un référendum sur une proposition de loi qu'ils ont écrite eux-mêmes. Il est aussi appelé « Référendum d'Initiative Populaire ».

2 : pour plus d'infos sur le Revenu de Base, aller voir le site du « Mouvement Français pour un Revenu de Base ».

3 : conformément à un rapport de l'ADEME, qui affirme que passer à 100 % d'énergies vertes d'ici à 2050 ne coûtera rien de plus qu'entretenir notre parc de centrales nucléaire vieillissant et dangereux.

 

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