Nicolas Le Pen

Je ne suis pas l'inventeur de ce titre un rien provocateur.

Non c'est le Wall Street Journal qui dans un article très critique daté du 13 Mars, dénonce le cynisme du discours xénophobe de Nicolas Sarkozy.

Le Wall Street Journal est plutôt ultra conservateur, son lectorat habituel étant constitué des milieux d'affaires et des financiers. Un tel article est donc surprenant et reflète l'image désastreuse que la campagne de Nicolas Sarkosy commence à produire.

Comme il est assez court j'en ai tenté une amélioration de la traduction Google:

Nicolas Le Pen

Même selon les normes locales, la récente poussée xénophobe du président français est assez cynique.


Le président français Nicolas Sarkozy a intensifié la rhétorique anti-immigrés dans les derniers jours, disant lors d'une émission de la télévision la semaine dernière que la France a "trop d'étrangers" et proposant de réduire le nombre d'immigrants admis en France de la moitié s'il était réélu à un second mandat. Puis, le dimanche, devant un rassemblement monstre dans un stade près de Paris, il a menacé de suspendre la participation de la France dans Schengen, la zone de l'Europe où l'on voyage sans frontières internes, à moins qu'il (ce traité) ne soit réformé afin de mieux tenir à l'écart les foules crasseuses. (Note de traduction : the great unwashed : terme très péjoratif de l'époque victorienne désignant les masses populaires).

Même en France, il est rare de trouver plus cynique que cela. Les attaques sur l'immigration sont une tentative pour séduire les partisans du xénophobe Front National de Marine Le Pen avant le scrutin du premier tour du 22 Avril. M. Sarkozy est à la traîne de son rival socialiste, François Hollande, 29% à 27%, selon un récent sondage du magazine Paris Match. Mme Le Pen arrive en troisième position à 17%. Il n'est pas étonnant que c'est là où le camp de Sarkozy est désormais à la recherche des votes.

Pourtant, le discours sur l'immigration est principalement une couverture pour l'anxiété française sur leur Etat-providence qui est de plus en plus bancal. La réponse de M. Hollande pour garder le système à flot est de passer à 75% le taux d'imposition marginal supérieur du revenu, ce qui peut faire quelque chose pour l'émigration, mais ne fera rien pour améliorer la santé budgétaire de la France. M. Sarkozy, en revanche, soutient que "à un moment de crise économique, si l'Europe ne contrôle pas qui peut entrer par ses frontières, il ne sera pas en mesure de financer son Etat-providence plus longtemps".

Il s'agit d'une pensée laide, non seulement pour les sentiments horribles sur lesquels elle joue, mais aussi comme un exemple classique de l'analphabétisme économique. Non des moindres parmi les menaces qui pèsent sur l'État-providence de la France sont le vieillissement (durée de vie est de plus en plus longue) de la population et un taux de natalité - bien qu'étant le plus élevé en Europe - , qui est encore en dessous du taux de remplacement. Sauf changements culturels fondamentaux, seule l'immigration peut maintenir une main-d'œuvre active assez nombreuse pour financer les listes croissantes de retraités et personnes à charge.

La véritable tâche pour le gouvernement français est de s'assurer que les immigrants sont bien assimilés, et de créer des conditions économiques dans lesquelles ils peuvent s'épanouir avec le reste de la France. Il ne fait aucun doute que M. Sarkozy le  comprend. Mais nous nous demandons si M. Sarkozy comprend également que les affichages transparents d'un cynisme tel que celui-ci l'ont amené à sa situation politique actuelle.


 

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