De manière générale, les réactions à l’étranger ont été moins rapides pour cet horrible massacre de Juifs que lorsqu’il fut question de dénoncer l’annonce de la construction de quelques logements dans un quartier de Jérusalem. C’est aussi ce que le Premier ministre a voulu dire dans sa conférence de presse, quand il a dit « qu’il était déçu de la lenteur de la réaction de certains pays qui ont par contre couru au Conseil de Sécurité pour condamner Israël lorsque il s’agissait de planifier la construction de quelques maisons ».
Alain Juppé, nouveau ministre français des Affaires Etrangères, a condamné « avec la plus grande vigueur l’attentat d’Itamar et adressé ses condoléances à la famille ainsi qu’au gouvernement israélien ». Mais au lieu de s’arrêter là, le communiqué du Quai d’Orsay, bien droit dans sa tradition, « condamne tout acte de violence dans les territoires occupés et appelle (les Israéliens) à faire preuve de la plus grande retenue afin d’éviter une escalade de la violence ». « Le chemin vers la paix par la négociation soit l’emporter », conclut le communiqué.
Les Etats-Unis ont condamné « l’acte terroriste commis à Itamar », indiquant « qu’il n’y avait aucune justification à l’assassinat froid de femmes et d’enfants ». Le communiqué de la Maison Blanche espère « que les auteurs seront pris et jugés » et appelle l’Autorité Palestinienne « à condamner l’attentat avec la plus grande fermeté » !!!
Le Secrétaire au Foreing Office, William Haig a condamné l’attentat au nom de la Grande-Bretagne : « Il s’agit d’un acte de brutalité et de cruauté qui dépasse l’entendement ».
Samedi soir, un jour après l’attentat, ce sont les seules réactions officielles qui ont suivi l’attentat. Egorger un bébé juif, pardon, un « bébé colon » comme l’écrit le Nouvel Observateur, est de l’ordre du naturel.
Aucune revendication n'a été formulée, mais le Hamas qui contrôle la bande de Gaza avait auparavant apporté son "plein soutien" à tout acte hostile aux israéliens vivant en Judée-Samarie.
L'agression de ce samedi 12 mars est la plus meurtrière depuis plusieurs mois. Celle-ci a été commise en plein shabbat, jour du repos hebdomadaire dans le Judaïsme.
Depuis plusieurs semaines, les restrictions de déplacements avaient auparavant été allégées pour les biens et les citoyens palestiniens de Judée-Samarie, où l'armée israélienne s'était faite plus discrète au profit des forces de l'ordre palestiniennes.
Le mode opératoire du terroriste rappelle de tristes souvenirs dans la conscience collective israélienne. Une agression similaire s'était en effet produite en 2002 lorsqu'un homme muni d'une arme à feu avait fait irruption dans une maison et avait abattu les quatre membres d'une famille et un voisin.
Ce drame intervient alors même qu’une source israélienne fait état d'une nouvelle approche graduelle de l'Etat juif pour sortir le processus de paix de l'impasse.
Dans une interview publiée par le Wall Street Journal, Ehud Barak avait évoqué un plan visant à accorder aux Palestiniens un Etat aux frontières provisoires, hypothèse que les intéressés rejettent.