Véhicules polluants, centre ville : fumisterie

Interdire les véhicules polluants dans les centres-villes : on est tous d’accord, n’est-ce-pas ?Mais que dire de trente années d’incitation à rouler au mazout, le roi diesel : économique, fiable.Bien sûr on objectera que les véhicules sont équipés du fameux « filtrapartikule », le « FAP » mais avec le temps chacun sait qu’il perd de son efficacité, voire devient plus polluant.D’autre part, les particules les plus fines ne sont pas retenues, or ce sont les plus cancérigènes !Il n’y a pas si longtemps, seuls les véhicules dits « haut de gamme » en étaient pourvus. Les autres, nada.L’économie elle aussi est très discutable : la plupart des véhicules un tant soit peu spacieux, histoire d’emmener sa petite famille consomment entre 8 et 13 litres (voire plus) aux cents dans les parcours urbains, saturés…Sans parler de l’entretien d’un véhicule diesel qui est plus onéreux : on ne compte plus les fumées noirâtres qui trahissent des filtres à gasoil encrassés.Seulement voilà, la bagnole : tabou, pas touche ! Depuis plusieurs décennies le parti pris de l’industrie automobile française et de la fiscalité ont été de privilégier le mazout. Fallait bien rentabiliser les études et recherches engagées sur le sujet. Un peu comme les centrales nucléaires, si j’osais ce parallèle audacieux : tous les sous et toutes les professions de foi lénifiantes et irresponsables qui ont été dans l’air du temps dans un passé révolu, ben faut bien les assumer.Surtout ne remettons rien en cause : imaginez tout cet argent perdu, ce profit évaporé.Cerise sur le gâteau : des politiques marketings, exemple : couloir de bus piste d’atterrissage qui n’ont rien résolu, mis à part accentuer la stagnation des véhicules et, réponse du berger à la bergère l’essor des deux-roues…Rendre les centres-villes interdits aux véhicules, sauf cas dérogatoires, améliorer les transports en commun avec des bus sans motorisation thermique, des métros, disons… plus viables, çà non. Trop cher, trop radical.Aujourd’hui, va-t’on financer pour les plus modestes des véhicules flambants neufs hybrides et/ou électriques dont les prix tournent autour de 30 000 euros ?Va-t’on expliquer à ces gens qu’ils subissent une triple peine : s’être faits avoir en achetant naguère leur source à cancer, en respirer l’air et être mis à l’index « parce que maintenant ce n’est pas bien » de rouler avec leur tas de ferraille ? L’air "pur" des centres villes à ceux qui les habitent…n’est-ce pas ?

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