Le "problème" Mediapart

Médiapart est un problème pour le pouvoir dévoyé de "gauche". Cela tient en trois éléments ; le contenu, les lecteurs, le support. Le contenu n'est jamais complaisant, les opinions s'expriment, les partis pris s'expliquent, les faits s'exposent.

Médiapart est un problème pour le pouvoir dévoyé de "gauche". Cela tient en trois éléments ; le contenu, les lecteurs, le support. Le contenu n'est jamais complaisant, les opinions s'expriment, les partis pris s'expliquent, les faits s'exposent. Beaucoup de médias semblent faire de même, mais il y a la "ligne éditoriale", les actionnaires, la publicité, les copinages, les dîners en ville : tout ce qui finalement, influe sur le contenu, comme les images dites subliminales, il existe un "subliminal" de l'écrit.

Peu de médias osent retourner le coin du tapis : il y a toujours de la saleté et la remuer rend allergique. L'affaire Cahuzac en est un cas d'école.

Les lecteurs sont forcément sensibles à un contenu différent des tonnes de glutamate dans la soupe en sachets, quotidiennement servis par les médias. Les lecteurs, les contributeurs constituent un agrégat, sans doute assez hétérogène, de reflexion, de proposition, animé par "l' esprit critique".Cet "esprit critique" que le consumérisme, les croyances, les courants, les engouements cherchent à amoindrir. Or, il y a toujours un article, un billet, un commentaire pour le raviver...!

Le support lui est un formidable vecteur de communication, qui s'insinue partout et à l'insu de l'entourage : lire une page sur internet est plus rapide, plus facile que déplier un journal. Et puis on peut  copier, envoyer, imprimer, archiver en un clic. Rajoutons son accessibilité : n'importe où, en temps réel et traduisible en beaucoup de langues ; on comprend très vite que le "média en ligne" est bien plus dérangeant pour le pouvoir en place, quel qu'il soit,  qu'une feuille de chou bien plus périssable.

Aujourd'hui,  le pouvoir a les mêmes réticences qu'il en avait, jadis, lorsque l'imprimerie s'étant généralisée, les pamphlets circulaient sous le manteau.

La question de la TVA, me semble, j'en ai peur, loin d'être réglée,  pour Médiapart. Amputer plus de 15% de revenu à un journal qui vit sans autre ressources que celle des abonnements de ses lecteurs, qui plus est y adjoindre un redressement sur les années précédentes, c'est tout simplement condamner ce journal.

On voit bien au travers des "réponses" formulées en termes feutrés par le pouvoir que rien n'est décidé : c'est du temps gagné. La marque de fabrique favorite de ce gouvernement : envoyer un peu de fumée blanche et poursuivre dans sa ligne en attendant que le soufflé (pensent-ils) retombe : Cahuzac : son ministre de tutelle est toujours là ;  Notre Dame des Landes : les travaux vont commencer ; la grande réforme fiscale : remise à je-ne-sais-quand ; une économie dopée aux emplois aidés mais gangrénée par un chômage de masse sans précédent, sevrée au libéralisme le plus indécent qui se manifeste par le détricotage minutieux du droit du travail...

Oui, Médiapart, pose problème : son modèle fonctionne, dommage messieurs les ordonnateurs du prêt-à-penser. Mais faites attention quand même ; pour vous le mal est fait : votre discrédit est patent parce que justement nous sommes sur cette foutue toile que vous n'avez de cesse de vouloir contrôler mais qui par nature reste incontrôlable.

 

 

 

 

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