Réflexions au sujet de Didier Tauzin, de Jean-Luc Mélenchon et de "Rebâtir la France"

Loin des clivages politique, la réunion des Français pour une remise en marche de leur évolution.

Homme de gauche depuis toujours, encarté au PG durant plus de deux ans, puis au Parti communiste durant neuf mois, mais consterné par le manque d’ouverture intellectuelle de mes camarades, j’ai quitté ces deux partis (alliés en apparence mais en réalité rivaux) pour ne plus militer qu’au Front de Gauche et me rendre compte que ce mouvement, d’apparence unitaire, courait hélas à son implosion. Si bien que j’ai applaudi Jean-Luc Mélenchon lorsque, passant outre aux trois organisations politiques pour lesquelles il avait œuvré, il décida de se présenter en son seul nom aux élections présidentielles de 2017. Geste d’un courage politique que ne reniera pas le général Tauzin, qui accomplit de son côté une démarche semblable : sans plus avoir de comptes à rendre à quiconque, Mélenchon allait enfin pouvoir s’exprimer librement — comme le fait le Général.

En attendant, désencarté, je m’apprêtais à ne plus me vouer qu’à ma passion, l’écriture, lorsque j’ai fait la connaissance à la fin du mois de mai, au salon du livre de Cosne-sur-Loire, de ce putain de Général.

Après avoir lu ses ouvrages, avoir été conquis par un humanisme et des idées qui pour la plupart correspondaient aux miennes, j’ai aussitôt adhéré à Rebâtir la France (à ce sujet, voyez la vidéo mise en ligne sur la page Facebook de RLF, et reprise ici

 http://chroniquevirgule.canalblog.com/archives/2016/08/21/34211627.html

Sur ce, arrive le séminaire RLF des 24/25 septembre, auquel je me suis rendu non sans appréhension : qu’allais-je y trouver ? Qui étaient ceux que j’allais  rencontrer ?… Je m’attendais à côtoyer bon nombre de gens de droite, dans mon esprit aussi bornés, si ce n’est plus, que mes anciens camarades… Erreur : je n’y ai vu qu’une majorité de gens souriants, auxquels le Général me présentait non sans humour comme “son“ bolchevique — qualificatif qui me permit d’engager la conversation et de sympathiser avec nombre d’entre eux. Une jeune femme (ex-LR et membre du staff de Didier Tauzin)  m’a même avoué que mon interview vidéo l’avait à ce point séduite qu’elle avait aussitôt adhéré à RLF. Deux autres, du même avis qu’elle, ont même exprimé leur admiration pour les dernières interventions télévisées de J-L Mélenchon. Un dialogue d’autant plus enrichissant qu’il était hors dogmes s’avérait donc possible au sein de RLF.

Pour moi, commençait ainsi à se matérialiser un objectif auquel m’avaient récemment conduit mes écrits politiques : l’union, en marge de partis sclérosés, de tous les Français décidés à remettre en route l’évolution naturelle de l’homme, évolution actuellement bloquée par une oligarchie politico-financière renforçant chaque jour son emprise mortifère sur la société.

Rentré chez moi le 25 en fin d’après-midi, la tête encore dans les étoiles, j’ai visionné les interventions mélenchoniennes citées, si bien que ma “machine à penser“ m’a suggéré ce rapprochement inouï autant qu’inattendu : celui de Didier Tauzin et de Jean-Luc Mélenchon. Autrement dit la réconciliation de Français jusqu’à présent antagonistes pour des raisons d’appartenance à des organisations politiques oubliant le bien commun pour ne viser que leur survie.

Car l’union de ces deux hommes, Tauzin et Mélenchon, tous deux opiniâtres, tous deux porteur d’un message d’espoir et détenteurs d’une morale qui nous fait cruellement défaut, et tous deux décidés (en plus de la sortie de l'OTAN, de l'arrêt des négociations sur le TAFTA, de la révision des traités européens, etc.) à remettre l’Homme au cœur des préoccupations gouvernementales, me semblent correspondre à ce que souhaite la majorité des Français.

Car cette entente porterait en elle, en plus d’une réponse magnifique du peuple français à qui cherche à l’abattre, l’assurance d’une victoire de la démocratie et sur le totalitarisme, de la volonté générale sur l'égoïsme des lobbies, donc celle d’un nouveau rayonnement de notre pays, celle également d’un espoir pour les nations en livrées aux multinationales.

Sorti de mon enthousiasme, j’aurais bien sûr quelques critiques à formuler. Mais qu’importe le grain de sable devant le rocher à soulever. Et puis, je n’ai rien d’un stratège. Alors oublions le grain, ne voyons que ce qui nous rapproche, visons en premier lieu le sommet de la montagne.

 

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