Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite

Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite, le maire de Béziers, Ménard vient, dans un discours cracher de pitoyables insultes… il mériterait d’être poursuivi en Justice :

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Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite, le maire de Béziers, Ménard vient, dans un discours cracher de pitoyables insultes… il mériterait d’être poursuivi en Justice :

Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite, le maire de Béziers Ménard vient, dans un discours cracher de pitoyables insultes… il mériterait d’être po

"Nous ne commémorons pas le 19 mars parce que nous ne sommes pas des traîtres". 

 

"Nous ne commémorons pas le 19 mars parce que  nous ne crachons pas sur nos morts". 

 

"Nous ne commémorons pas le 19 mars parce que nous nous voulons des Français dignes de ce nom". 

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Et pourtant si un fait historique restera pour François Hollande c’est qu’il aura été le premier président de la Ve République à commémorer le cessez-le-feu décrété au lendemain des accords d’Évian. 

 Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite, le maire de Béziers Ménard vient, dans un discours cracher de pitoyables insultes… il mériterait d’être po


La commémoration, pour la première fois par François Hollande, du cessez-le-feu en Algérie, le samedi 19 mars 2016, a ravivé à droite des arrière-pensées électoralistes où, pour mobiliser les rapatriés et leurs enfants, Nicolas Sarkozy relance la polémique.

La cérémonie organisée le samedi 19 mars par François Hollande devant le mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie (quai Branly, à Paris), a déclenché la fureur à droite. Nicolas Sarkozy en tête, ravivant une guerre des mémoires, préférant à l’apaisement des années qui passent la polémique clivante. Personne en l’occurrence n’est ici exempt d’arrière-pensées. François Hollande, note à titre personnel Alexis Corbière (PG), trouve ainsi à se faire entendre dans une période politique difficile. Alors que « la guerre est finie ! Combien de fois faudra-t-il le répéter ? » ajoute le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

Une guerre des mémoires

 avec des arrière-pensées électorales

Le prédécesseur de Hollande, Nicolas Sarkozy, qui a durant son quinquennat malmené l’Histoire, est mal placé pour dénoncer que « choisir le 19 mars, c’est en quelque sorte, adopter le point de vue des uns contre les autres (...) C’est qu’il y a désormais un bon et un mauvais côté de l’Histoire, et que la France était du mauvais côté ». Manière pour lui, selon l’historien Nicolas Lebourg à Libération, de « parler aux électeurs de sa primaire » en client élisant les milieux rapatriés. En Languedoc-Roussillon et Paca, relève-t-il, ce milieu rapatrié représenterait autour de 15 % de l’électorat…

C’est ce qui fait que le maire « Les Républicains » de Nice, Christian Estrosi, également président de la région Paca, a fait savoir qu’il n’organiserait aucune cérémonie dans sa ville. Samedi, entre 150 et 200 harkis se sont réunis devant le mémorial du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), pour dénoncer leur « abandon » par la France et « l’insulte » de François Hollande en ce 19 mars. Une centaine d’anciens combattants et rapatriés ont également manifesté à Montpellier, et à peu près le même nombre à Sète et à Toulouse.

Au final, le chef de l’État, samedi, aura voulu construire, en étant le premier président de la Ve République à commémorer ce cessez-le-feu décrété au lendemain des accords d’Évian, une « paix des mémoires ». « Le 19 mars 1962, ce n’était pas encore la paix, a-t-il reconnu, c’était le début de la sortie de la guerre, dont l’Histoire nous apprend qu’elle est bien souvent la source de violence, ce qui fut tragiquement le cas en Algérie avec des représailles, des vengeances, des attentats, des massacres », a déclaré le président de la République.

En 2002, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait proposé une loi pour en faire une « journée nationale du souvenir ». Le texte avait été enterré en raison de l’opposition du Sénat. Jacques Chirac avait alors suggéré celle du 5 décembre, ne correspondant à aucun fait sinon la date de l’inauguration du monument devant lequel s’est rendu François Hollande samedi, sur lequel défilent en continu les trente mille noms et prénoms des soldats et harkis morts en Afrique du Nord. Peu après son arrivée au pouvoir en 2012, la loi de 2002 est revenue au Parlement et a été adoptée le 6 décembre 2012, avec les mêmes débats qu’aujourd’hui.

« Cette décision constitue une victoire

 de la France sur elle-même »

Pourtant, de l’autre côté de la Méditerranée, le ton est tout autre. « Le fait que François Hollande tienne à marquer cette date importante pour les deux pays est un geste positif », commente l’un des derniers négociateurs d’Évian du côté algérien, Redha Malek, au journal El Watan, ajoutant : «Cette décision constitue même une victoire de la France sur elle-même.»

Un «geste positif» apprécié en Algérie

 

Le 19 mars, cette date qui ne passe toujours pas à droite et à l’extrême droite, le maire de Béziers Ménard vient, dans un discours cracher de pitoyables insultes… il mériterait d’être po

Un geste positif» et «un acte courageux». La décision du président français de rendre hommage aux victimes de la Guerre d’Algérie à l’occasion du 19 Mars, qui correspond à la Fête de la victoire, est fortement saluée en Algérie.

«Le fait que François Hollande tienne à marquer cette date importante pour les deux pays est un geste positif», commente l’un des derniers négociateurs d’Evian du côté algérien, Redha Malek. Selon lui, cette décision constitue même «une victoire de la France sur elle-même, d’autant plus qu’il y a toujours une résistance et des polémiques concernant cette date dans ce pays». «La génération de la Guerre d’Algérie en France, notamment les nostalgiques de l’Algérie française considèrent que Hollande a commis une faute politique.

Pour nous, c’est une bonne chose. Nous, nous avons gagné la guerre et nous avons atteint notre objectif, l’indépendance de l’Algérie», explique-t-il en rappelant l’attitude des négociateurs français à l’occasion de la signature des Accords d’Evian. «A la signature de la convention du cessez-le-feu, nous avons eu une pensée pour ceux qui se sont sacrifiés et ceux qui sont tombés au champ d’honneur juste avant la conclusion des Accords. Du côté français, on a refusé de fêter cette date.

Un des négociateurs nous a dit : ‘‘On ne fête pas Waterloo.’’ C’était pour eux synonyme de reconnaissance et d’excuses.» Redha Malek refuse également de s’engager dans le débat sur la repentance : «Pour nous, la véritable repentance est la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de son intégrité territoriale.»

Selon l’historien Mohamed El Korso, ce geste du président français s’inscrit dans son programme depuis 2012. «Il avait déjà rendu hommage aux victimes du 17 Octobre 1961. La date du 19 Mars a toujours fait l’objet de réticences chez ses prédécesseurs. François Mitterrand avait carrément refusé de la reconnaître. Jacques Chirac a choisi un subterfuge en décrétant la date du 5 décembre Journée en hommage aux morts, alors que Nicolas Sarkozy a refusé complètement de parler de cette date», indique-t-il. «C’est un acte courageux que vient de faire François Hollande», déclare-t-il.

«La page est tournée» 

Pour Mohamed El Korso, la polémique suscitée par la décision du chef d’Etat français relève plutôt du débat franco-français : «La Guerre d’Algérie a divisé et divisera encore en France. Cette division ne sera, peut-être, dépassée ou oubliée qu’après la présidentielle de 2017. Actuellement, la chasse aux voix des harkis et des pieds-noirs, qui constituent un important réservoir d’électeurs, continuera d’accentuer cette division. La droite française chassera encore sur ce terrain.»

Dans une déclaration à l’APS, le chercheur en histoire au Crasc d’Oran, Amar Mohand-Amer, relève, pour sa part, la symbolique «politique et diplomatique» du geste de François Hollande, affirmant toutefois que ce geste est «une simple affaire franco-française». Interrogé sur cette difficulté à tourner cette page douloureuse de l’histoire entre les deux pays, Redha Malek estime «qu’en principe, cela est déjà fait». «En principe, on a tourné la page par les faits.

De notre côté, on parle des sacrifices aux jeunes générations pour faire de l’Algérie un pays sérieux, démocratique et prospère. Quant à la polémique en France, je pense que c’est leur affaire. En tout cas, les Français ont intérêt à avoir de bons rapports avec l’Algérie et c’est ce que tente de faire François Hollande», précise-t-il.

Pour rappel, l’annonce de la décision de François Hollande de célébrer officiellement cette date a suscité une levée de boucliers en France, où les associations de pieds-noirs et de harkis ainsi que la droite et l’extrême droite ont crié au scandale. L’ancien président français et actuel chef des Républicains (ex-UMP), Nicolas Sarkozy, pense que «c’est en quelque sorte adopter le point de vue des uns contre les autres». «C’est considérer qu’il y a désormais un bon et un mauvais côté de l’histoire et la France était du mauvais côté», soutient-il.

Pour sa part, la présidente du Front national, Marine Le Pen, accuse François Hollande «de violer la mémoire des anciens combattants». «Le 19 Mars (1962) signe la fin d’un projet politique, celui de tous ceux qui croyaient à l’Algérie française. Le 8 janvier 1961, par référendum, les Français se prononcent à 75% pour le droit à l’autodétermination de l’Algérie. C’est aussi cela, le sens du 19 Mars, la mort d’un projet politique né 132 ans avant», leur rétorque Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants et de la Mémoire.
 

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