Samedi-sciences (210): à la recherche des premiers Américains et du Big Bang

Des archéologues-plongeurs ont retrouvé au fond d’une rivière en Floride des outils de pierre datés de 14.550 ans qui auraient pu être utilisés par les anciens habitants de l’Amérique pour dépecer des mastodonte.

Recherche archéologique dans le fleuve Aucilla en Floride © Brendan Fenerty Recherche archéologique dans le fleuve Aucilla en Floride © Brendan Fenerty

Du nouveau sur les premiers Américains

Des archéologues-plongeurs ont retrouvé au fond d’une rivière en Floride des outils de pierre datés de 14.550 ans qui auraient pu être utilisés par les anciens habitants de l’Amérique pour dépecer des mastodontes, sorte d’éléphants préhistoriques. Le site, appelé Page-Larson, était au départ un gouffre avec une source au centre, mais il a été recouvert par le fleuve Aucilla. En fouillant méticuleusement sous l’eau, l’équipe de Jessi Halligan et Michael Waters (au nom prédestiné) a découvert un biface entouré de matériaux organiques, notamment des restes de crottes de mastodonte, qui ont permis de le dater précisément.

Cette datation fait remonter les occupants de l’Amérique plus de 1000 ans avant les représentants de la culture Clovis, longtemps considérée comme la plus ancienne du continent américain, mais qui n’a pas plus de 13.000 ans. Une longue controverse a divisé les anthropologues sur le point de savoir s’il y avait eu une présence humaine antérieure à la culture Clovis. La découverte de Halligan et Waters, publiée dans Science Advances le 13 mai, apporte un argument décisif à l’appui de l’hypothèse pré-Clovis, car la datation obtenue est très fiable.

Les chercheurs ont aussi retrouvé des os de mastodontes contemporains du biface. À l ‘époque pré-Clovis, le site de Page-Larson devait ressembler à un petit canyon avec une source et un fond marécageux. « Pour les anciens occupants humains, ce devait être l’endroit idéal pour attaquer et tuer des animaux avant de les découper, ou bien pour récupérer des carcasses d’animaux morts au fond du gouffre », explique à Science  Michael Waters, archéologue à l’université A&M du Texas.

Selon la revue Nature, la découverte de Floride devrait conduire à réexaminer les sites archéologiques américains, car les datations précédentes étaient influencées par le préjugé que la culture Clovis avait été la première culture humaine sur le continent.

 

Un projet à 40 millions de dollars pour chercher les traces du Big Bang

Un organisme à but non-lucratif, la Fondation Simons, a entrepris de financer à hauteur de 40 millions de dollars (35 millions d’euros) la construction d’un télescope dans le désert d’Atacama au Chili, afin de rechercher la trace des ondes gravitationnelles produites juste après le Big Bang, rapporte la revue Nature. Le télescope sera équipé de 50.000 détecteurs de lumière afin de repérer des signaux particuliers appelés « b-modes », liés à la polarisation du « rayonnement fossile » issu du Big Bang. Selon la théorie, ces « b-modes » ont été produits par une onde gravitationnelle juste après la formation de l’univers. Une équipe a cru les avoir détectés en 2014, mais il s’est avéré que c’était une fausse découverte et que le signal était dû à des poussières cosmiques et non aux ondes gravitationnelles primordiales (voir notre article). Les scientifiques espèrent faire mieux avec l’Observatoire Simons, mais il se peut qu’il ne soit pas encore puissant pour capter la trace des premiers mouvements de l’univers.

 

De nouvelles expériences prouvent que le Zika cause des microcéphalies

Trois nouvelles études réalisées sur des souris confirment la toxicité du Zika pour le fœtus. Elles montrent comment le virus ralentit la croissance du fœtus, endommage le cerveau et conduit à des fausses couches. Deux de ces études

démontrent pour la première fois que sur un modèle animal que le Zika peut causer une microcéphalie chez un fœtus, sans qu’il soit nécessaire que d’autres facteurs interviennent. Ces recherches prouvent donc une fois de plus, si c’était encore nécessaire, que la vague récente de microcéphalies au Brésil peut s’expliquer par l’épidémie de Zika sans qu’il faille invoquer d’autre raison. 

L’équipe de l’immunologue Michael Diamond, de l’université Washington à Saint Louis, Missouri a injecté à des souris femelles enceintes une souche du Zika isolée sur un patient de Polynésie française (similaire à 99% à celle qui circule au Brésil et en Amérique latine). Les chercheurs ont retrouvé 1000 fois plus de virus dans le placenta que dans le sang des mères, et la plupart des fœtus ont été tués.

« Certains croient qu’il y a de nombreux cofacteurs comme les insecticides, explique Diamond dans la revue Science. Notre étude fait apparaître qu’il n’est pas nécessaire de chercher d’autres causes. »

 

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