Samedi-sciences (158): découverte des exoplanètes les plus semblables à la Terre jamais observées

Vue artistique du télescope spatial Kepler © Nasa/Wendy Stenzel Vue artistique du télescope spatial Kepler © Nasa/Wendy Stenzel

Grâce au télescope spatial Kepler, une équipe d’astronomes vient de découvrir un système de trois planètes un peu plus grandes que la Terre, en orbite autour d’une étoile relativement proche du Soleil. L’une des planètes se trouve dans la « zone habitable » de l’étoile, correspondant à une distance où il pourrait exister de l’eau liquide et où la vie telle que nous la connaissons serait possible.

Ce qui fait de cette découverte, publiée le 16 janvier sur le serveur scientifique arXiv, l’une des plus prometteuses dues au vaisseau Kepler, qui a permis d’identifier plus de 1000 planètes extrasolaires.

Le 6 janvier, on a appris que Kepler avait détecté une série d’exoplanètes dont huit se trouvant dans des zones habitables, et deux très similaires à la Terre. La nouvelle découverte est distincte de cette série. « C’est certainement le système (planétaire) le plus excitant révélé jusqu’ici (par la mission) », déclare dans la revue Nature Ian Crossfield, astronome à l’université d’Arizona (Tucson), et premier auteur de la publication. L’enthousiasme de Crossfield vient de ce que l’ensemble des données sur les trois planètes nouvellement découvertes apparaît particulièrement intéressant : toutes trois sont en orbite autour d’une naine rouge, étoile dite de type M, plus petite et plus froide que le Soleil ; elles sont aussi plus proches de l’étoile que Mercure ne l’est de notre Soleil ; Mercure est trop chaude pour abriter de l’eau liquide, mais du fait que la naine rouge est plus froide, l’une des trois planètes se trouve dans les limites de la zone habitable.

« La planète la plus extérieure à une température entre celle de la Terre et celle de Vénus, la deuxième est plutôt comme Mercure et la plus intérieure est encore plus chaude », résume Crossfield. Les trois planètes mettent entre 10 et 45 jours pour accomplir une révolution autour de leur étoile.Leur taille est entre une fois et demie et deux fois celle de notre planète, ce qui suggère qu’il s’agit de planètes rocheuses comme la Terre et non gazeuses comme Jupiter.

Bien que pas très éloignée, l’étoile, appelée Epic 201367075, n’est pas non plus notre voisine immédiate. Elle est située à environ 150 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Lion.

La découverte de Crossfield et ses collègues s’ajoute à celle, annoncée le 6 janvier, de huit exoplanètes ayant une forte probabilité de se trouver dans des zones habitables. Parmi celles-ci, les deux qui ressemblent le plus à la Terre, Kepler-438b et Kepler-442b, sont légèrement plus grandes que notre planète, sans doute également rocheuses, mais nettement plus éloignées que le système identifié par Crossfield (respectivement à 470 et 1100 années-lumière de nous). Selon l’équipe de Guillermo Torres (Cambridge, Massachussets), la probabilité que Kepler 442-b soit dans la zone habitable est de 97% (et de 70% pour Kepler-438b).

Cette floraison de découvertes d’exoplanètes est d’autant plus inattendue que la mission Kepler a été interrompue en mai 2013, après que l’une des quatre roues de réaction servant à orienter le satellite est tombée en panne (après quatre années de données recueilles par Kepler, de 2009 à 2013). La mission a cependant été réactivée en 2014. Ce sont les données recueillies pendant les 80 premiers jours de la nouvelle mission qui ont permis à Crossfield et ses collègues d’identifier le nouveau système planétaire. Sauf nouvel accident, Kepler doit continuer sa chasse aux planètes extrasolaires pendant encore plusieurs années.

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