Il fallait bien que cela arrive un jour. C’est la boulette. La bourde. Le truc ballot. Ce 1er mars au matin, dans l’effervescence suscitée par l’absence de dernière minute du candidat François Fillon au Salon de l’agriculture et l’annonce d’une conférence de presse imprévue, j’ai commis l’erreur de balancer une information non recoupée et qui s’est révélée entièrement fausse sur Twitter. Le « réseau social de microblogage » permet des messages instantanés de 140 signes, et il m’en a fallu un peu moins pour diffuser ce tuyau percé : « Info Mediapart : Penelope Fillon est en garde à vue. Perquisition en cours. Source proche LR ».

Il n’y avait donc ni garde à vue, ni perquisition. J’ai rectifié sur Twitter dans les minutes suivantes, y ai ensuite effacé le tweet annonçant la fausse nouvelle, qui continuait à être partagé, et y ai fait mon mea culpa

Je pourrais prétendre que c’est la faute de ma source (excellente au demeurant!), qui a été elle-même victime de la panique réelle et des rumeurs folles qui circulaient dans l’état-major de François Fillon. Je pourrais aussi me retrancher derrière l’instantanéité et la légèreté inhérentes aux réseaux sociaux. Je ne le ferai pas.

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Cette faute journalistique là est bien de ma responsabilité. Une information doit toujours être vérifiée et recoupée avant d’être éventuellement diffusée. Tous les journalistes (avec ou sans moustaches) le savent. Ma boulette a été reprise par des agences de presse et plusieurs medias, avant d’être démentie dans la demi-heure. Certes, ladite boulette a ensuite été balayée par la conférence de presse de François Fillon, l’annonce de sa future mise en examen et le maintien de sa candidature, et les dommages peuvent sembler minimes. Mais je n’aurais pas dû la commettre. J’en conclus que l’on continue à apprendre tous les jours, même après 31 ans de métier sur des sujets sensibles, et qu’il faut se méfier des emballements collectifs. Je vais donc entamer une petite cure d’austérité sur les réseaux sociaux. Et présente mes regrets à la famille Fillon.

 

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Cet assaut d'excuses sur un sujet certes sensible du récit politicien de la présidentielle, mais somme toute très secondaire, tranche avec le fait que Mediapart est capable de publier des articles dignes du Gorafi en politique internationale avec l'immense bonne conscience qui est celle du camp du Bien.