"C'est cinquante euros"

Chronique d’une petite saloperie sans conséquences.

Chronique d’une petite saloperie sans conséquences.

Le gros monsieur a travaillé quoi, deux minutes à tout casser ? Tremblotant, en nage, il a farfouillé pour poser un pansement sur la dent cassée. Les rendez-vous s’enchaînent toutes les cinq minutes. Il n’a pas nettoyé la dent. N’a pas testé sa sensibilité. N’a pas fait de radio. Hop. Voilà, le pansement est posé. « C’est cinquante euros ». Honoraires libres.

Dans la salle d’attente, des pauvres gens qui visiblement n’ont pas de dentiste. Et puis les autres, ceux dont le praticien est en vacances. Prospère, le cabinet du gros monsieur et de ses associés reçoit non-stop. En urgence. C'est sa spécialité. Le téléphone n'arrête pas. On repart de là un peu mal à l’aise. Et quelques heures plus tard, on perd le pansement posé à la hâte par le gros monsieur.

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