Le peuple est seul

Le peuple seul devra trouver la force de construire une alternative

 

 

 

 

J'ai eu le plaisir de partager une soirée fraternelle à Pau sur le site d'Emmaus . Soirée qui permettait d'accueillir le film « J'veux du soleil » sur les gilets jaunes et François Ruffin.

 

La soirée à été l'occasion de rappeler la particularité de la démarche d'Emmaus de Pau-Lescar en particulier le lien établi avec les gilets jaunes du coin.

 

Soirée chargée de nombreuses émotions, par exemple celles des témoignages des gilets jaunes du film de G. Perret et de F. Ruffin. Ces personnes silencieuses qui tout à coup sont capables de prendre la parole et de se rendre compte qu'elles, ils, ont de nombreuses choses à dire sur la situation sociale et politique de notre pays.

 

Mais, témoignages aussi des personnes présentes, gilets jaunes, compagnons ou non, adultes et jeunes (un récit d'une jeune garçon de 14 ans fût particulièrement percutant).

 

C'est une de ces interventions qui motive en partie ce billet, une personne a dénoncé l'absence de solidarité des « grandes fédérations et associations caritatives ou ONG ». Emmaus national, Amnesty international, Secours populaire et Secours catholique, Croix rouge, enfin toutes ces institutions sensées lutter auprès de pauvres et délaissés.

 

L'analyse (évoquée dans les débats) de ces attitudes et d'absence de soutien du mouvement des gilets jaunes peut se comprendre comme une confirmation de la rupture entre les «  élites » et le peuple, les dirigeant(e)s de ces structures basées à Paris, enfermé(e)s dans le monde des décideurs, malgré eux, peut être.

 

Ce constat m’entraîne à faire le parallèle avec des moments particulièrement déroutants sur le rapport au mouvement social des gilets jaunes.

 

  • Le premier c'est le débat au Sénat devant des ministres, juste après l'acte 18 des gilets jaunes ou des dégâts matériels importants ont eu lieu mais aussi des violences entraînant des blessés, certains graves dans les forces de polices comme chez les manifestants. Les prises de paroles des sénateurs et sénatrices se concentrant presque uniquement sur les dégâts subis par les commerçants sur les Champs Élysée.

  • Le second sur l'attitude de plus de 60 profs ou universitaires «invité-e-s » à l 'Élysée pour débattre avec Macron  acceptant ,avec complaisance et quelques endormissements, de rester à l'écouter pérorer jusqu'à 2h du matin.

  • Un troisième point peut être ajouté, la quasi absence ou les hésitations du mouvement syndical

 

Dans tous ces cas, absences de solidarité des associations caritatives, négation des violences policières, hésitations des syndicats, collusion de certains « intellectuels » avec le régime autoritaire et incohérent de Macron, nous assistons à d'autres formes de l'effondrement du système, dans la lâcheté, l'égoïsme et l'orgueil d'une oligarchie.

Enfin, contrairement aux gilets jaunes accédant à la parole et prenant conscience de leur propre pouvoir, les institutions et les intellectuels renoncent à prendre parti ou bien se rangent au coté du pouvoir.

 

Ces constats , indiquent ,de mon point de vue, que le peuple est seul, il devra donc trouver la force en lui même et construire donc une alternative au système en inventant de nouvelles alliances et pratiques dans la durée.

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