MIchel Hervé Bertaux-Navoiseau
Chercheur en psychanayse, spécialiste des mutilations sexuelles
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Billet de blog 21 juin 2021

Sexual mutilation, a discriminatory moral order

Perpetrated upon whole generations of children, sexual mutilation of both sexes is the greatest crime against humanity. Committed without the intention of harming and within collective madness, it is not reprehensible. But it is, first, rape aggravated by the use of a sharp instrument, then, discriminatory mutilation, and, finally, barbarous torture.

MIchel Hervé Bertaux-Navoiseau
Chercheur en psychanayse, spécialiste des mutilations sexuelles
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

(French: Mutilations sexuelles et ordre moral (problématique et concepts de base de la lutte contre les mutilations sexuelles))

(English version: Sexual mutilation and the moral order (problematics and basic concepts of the struggle against sexual mutilation))

"Je pense qu'il est juste que je puisse prendre les décisions concernant mon propre corps."

Emma Watson at the UNO

"Le sentiment d’appartenance est une conviction intime qui va de soi.

L’imposer à quelqu’un, c’est nier son aptitude à se définir librement." Fatou Diome

"Quand tu étais petit, souviens-toi de ces marques,

On t'apprenait déjà que jouir, c'était le diable."

"Ce n'est pas la peine de dire

Que les enfants nous ressemblent,

Qu'ils ont les mêmes cicatrices

Et qu'ils naissent avec la violence.

Ca nous arrange bien de dire ça,

Ca nous aide à les éduquer

A notre image, …"

"Ce postulat : parents, savoir, pouvoir,

Et cette dictature sournoise

Qui les éloigne de leur beauté initiale… "

"Si tu t'aimes un peu,

T'aimes les autres." Morice Bénin

Perpétrées sur des générations entières d’enfants,

les mutilations sexuelles sont le plus grand crime contre l’humanité.

Commises sans intention de nuire et dans des folies collectives,

elles ne sont pas répréhensibles.

Mais ce sont d’abord des viols aggravés par l'usage d'un instrument tranchant,

ensuite des mutilations discriminatoires, et enfin des tortures barbares.

I - Qui et pourquoi ?

(l'agent des mutilations sexuelles : l'ordre moral ;

l'affiliation-soumission par le traumatisme)

"… non seulement le corps de l'enfant ne nous appartient pas mais… son sexe nous appartient encore moins." Françoise Dolto1

"Et la circoncision, vous pensez qu’elle est compatible avec le respect de l’intégrité du corps ? Et l’excision des petites filles ? Il faudrait se soumettre puisque c’est culturel ?" Bernard This

"Le sexe de (l'enfant) apparaît bien comme un enjeu de possession, un symbole de soumission." d'après Simone Veil qui avait écrit "la femme"2

"La circoncision uniformise les corps pour communautariser les esprits plus tard et jusqu’à la tombe." Mohamed Louizi (blog mediapart)

"Les violences sexuelles sont, avec la torture, celles qui provoquent le plus de troubles psychotraumatiques." Muriel Salmona

"Sa première phase, la phase du totémisme, comporte déjà l’interdiction du choix incestueux de l’objet, soit la mutilation la plus sanglante peut-être jamais imposée de tous temps à la vie érotique de l'être humain." Sigmund Freud3

"Ce commandement n'a pas été institué pour corriger une déficience congénitale mais une déficience morale." Maïmonide

"Les mutilations sexuelles féminines et masculines sont discriminatoires." Christine Lazerges

L’ordre moral commence par le sexe. Mais c'est à la morale de contrôler la sexualité, non au bistouri. Et c'est la répression de la sexualité, notamment infantile, qui est une déficience morale. Paraissant vouloir sermonner l'humanité entière par une moralité contre nature, l'éminent rabbin et philosophe Maïmonide semble prôner un eugénisme chirurgical au nom d'un ordre moral qui, sous couvert de religion et tradition, ambitionne de fabriquer des surhommes. Pour eux, la sexualité vite dite infantile est objet de réprobation (la circoncision juive, et parfois africaine, est pourtant précédée par la mise en érection de l'enfant). Cette prétention discriminatoire d’une supériorité morale collective dévoyée, puritaine et de droit divin est fâcheusement sexiste, et quasi-raciste puisque fondée sur une différence physique. En interdisant "les pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes"4, l'article 3, 2, b de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (1er décembre 2009) s'y oppose formellement. Quoi qu'il en soit, on ne contrôle pas les pulsions en s'en prenant à leur source par des mutilations qui privent douloureusement la personne humaine, à l'âge où elle est sans défense, de l'organe spécifique de l'autosexualité (terme utilisé par Paul Denis, ex-président de la Société psychanalytique de Paris5) hypocritement décrétée immorale. Un organe ne peut être immoral et l'autosexualité n’a rien d’immoral. Nous sommes en présence d'une aberration puritaine.

Semblablement, à la fin du 19ème siècle, l'excision et la circoncision furent introduites dans le monde anglo-saxon pour prévenir l'autosexualité. Mais en 1950, à la suite de l'article alarmant de Gairdner, la médecine anglaise abandonna la circoncision du jour au lendemain. En 2010, l'Association médicale royale néerlandaise prit une position catégorique contre la circoncision non-thérapeutique au motif que, sans nécessité et au prix de complications physiques et psychologiques parfois sérieuses, elle viole le droit de l'enfant à l'intégrité physique. Elle fut suivie par l'Association médicale Sud-Africaine (2011), la Société pédiatrique suédoise (2012), les associations pédiatriques allemandes (2012), les défenseurs des enfants des cinq pays nordiques (2013), l'Association nordique de sexologie clinique (2013), la Société médicale danoise (2014), et la Canadian urological association (2017). En 2010, le Royal Australasian College of Physicians a déclaré qu'il croit que la fréquence des maladies modifiable par la circoncision, le niveau de protection offert par la circoncision et les taux de complication de la circoncision ne garantissent par la circoncision infantile de routine en Australie et Nouvelle Zélande. Mais elles ne savaient pas encore que le taux d'autisme est beaucoup plus élevé chez les enfants circoncis, tout particulièrement à la naissance, et que le syndrome de mort subite du nourrisson est significativement plus élevé chez les bébés circoncis. L'American academy of paediatricians fait exception, ce qui a valu aux médecins américains la remarque suivante d'un médecin néerlandais :

"En Europe, nous n'utilisons la chirurgie qu'en dernier recours pour traiter la maladie, surtout lorsque le patient ne peut pas consentir. Mais en Amérique, vos médecins commencent par opérer des garçons en bonne santé et disent que grâce à cette chirurgie, il aura un peu moins de risques de contacter des infections traitables qu'il aurait de toute façon pu éviter."

Les justices pénales finlandaise (2006), puis allemande (2012), ont jugé la circoncision illégale. Le 14 juin 2013 à la Sorbonne, ouvrant la réunion fondatrice d' "Excision, parlons-en", Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, a déclaré qu'elle allait mentionner dans son prochain rapport au président de la république que les mutilations sexuelles féminines et masculines sont discriminatoires. Il s'agit en effet d'une auto-exclusion de groupes ethniques sectaires qui discriminent l'enfant, la communauté et le reste de l'humanité. Cependant, 1er octobre 2013, pour la première fois dans l'histoire, une importante assemblée politique : l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a condamné la circoncision en tant que mutilation au même titre que l'excision. Mais, prononcée à une forte majorité, sa décision en faveur du respect du droit de l'enfant à l'intégrité physique a provoqué un tollé des religieux musulmans et juifs, et du chef de l'état israélien. Du coup, l'avis du 2 décembre 2013 de la CNCDH n'a pas tenu la promesse de Madame Lazerges. Mais dès 1989, le premier symposium de NOCIRC6, suivi par Alice Miller7 en 1990, avait qualifié les mutilations sexuelles des deux sexes de "plus grand crime contre l'humanité". Enfin, en 2021, pour la première fois dans l'histoire, une importante personnalité politique, candidate à la présidence de la république, a qualifié la circoncision de discrimination ; dans le chapitre "LUTTER CONTRE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION" de son programme, elle écrivit : "Les enfants continuent d'être victimes de violences. En particulier les MGF, la circoncision des jeunes garçons pour motif religieux, les interventions médicales à un âge précoce pour les enfants intersexués, ainsi que les piercings, tatouages,…".

Cependant, il n'y a pas de crime sans intention de la commettre. Puisque les mutilateurs agissent pour le bien de leurs enfants, ils ne sont pas pénalement répréhensibles. De toute façon, ils agissent dans une folie collective8.

Perçue par l'enfant comme une trahison parentale, et tout particulièrement maternelle, la torture de ce début d'éviration (les eunuques des harems étaient évirés et les Hottentots allaient plus loin en coupant le testicule gauche à l'âge de dix ans) présentifie pour la vie entière une terrible menace9, aggravée par un commencement de réalisation. Par delà l'atteinte à l'intégrité physique, c'est une atteinte à l'intégrité psychique. C'est l'instrument d'un ordre tyrannique qui, par la pédagogie noire du "C'est pour ton bien", tente de normaliser la personne humaine, la dominer et la soumettre à l'ordre établi10.

La répression verbale complète ces atroces tortures. Assimilant le plaisir au vice, elle interdit la sexualité dite – bien à la légère – infantile et la sexualité avant le mariage. Seule présente dans le reste du monde, cette mutilation sexuelle mentale asservit semblablement l'individu au puritanisme hypocrite. Peut-être moins irréversible, la mutilation des esprits par la parole est aussi redoutable que les excisions physiques ; elle a le même but de rendre l'individu docile en le traumatisant par mise sous terreur inconsciente et par l'instauration de la loi aberrante qui culpabilise le plaisir. Sous menace de perte de l'amour, et donc d'exclusion, un décret stupide fait de l’autosexualité le péché originel. Ce mensonge à la fois parental et sociétal est féroce et dangereux. Opérant par imprégnation dès le plus jeune âge, il crée un véritable tabou. Il est d'autant plus difficile à extirper des consciences qu'il est instauré par des violences qui érigent en règle la raison du plus fort.

II – Comment ?

(les mutilations sexuelles : comble de la répression de la sexualité infantile)

"Le soir, avant de se coucher, elles devaient toutes se mas…..r, pour bien savoir ce qu’elles allaient perdre,… " Gérard Zwang. Préface de "Le drame de l'excision" (Dore-Miloch L.)

"Ne jetez pas votre semence parmi les épines. Tâchez de vous circoncire." (Jérémie, 4 : 3-4)

Malgré le traumatisme de sa propre circoncision qui lui fit commettre de graves erreurs cliniques et théoriques11, Freud s'est élevé contre ce tabou universel. La découverte de l'autosexualité du fœtus par l'échographie lui apporte un puissant soutien mais l'autosexualité est toujours méprisée. Imaginez un être qui l'a librement pratiquée dans le ventre de sa mère : vous-même. Voici qu'à la sortie de cet éden, alors que vous prenez votre bain, on vous fait soudainement les gros yeux : "Pourquoi est-ce comme ça ? Tu y as touché ?", comme si cet interdit contre-nature avait été formulé auparavant ? Par-dessus le marché, tout le monde autour de vous condamne la nudité et déprécie votre acte d'amour de vous-même en le désignant par des termes réprobateurs. La racine (stupratio) du plus courant, désigne le trouble (cf. per-turbation) et renvoie à "stupre" et "turpitude". "Autosexualité" doit remplacer ce terme culpabilisant. Il est illusoire de vouloir lutter contre les crimes sexuels sans reconnaître que l’autosexua-lité n'est pas de la débauche mais un comportement naturel et sain.

Les découvertes de la psychanalyse : d'une part la sexualité infantile et l'inconscient, d'autre part les ravages provoqués par les traumatismes infantiles (cf. Freud et Alice Miller), s'élèvent contre ces abus. La violence dans l'éducation, plutôt que les soins tendres, a des résultats catastrophiques ; elle génère maladies psychosomatiques, névrose, psychose et perversion, violence, dépression et addiction. L'enfant perçoit la répression de la sexualité infantile comme une menace de mort par perte de l'amour (abandon). Mettant le plaisir hors la loi de façon aberrante, cette menace s'oppose à la résolution du complexe d'Œdipe : l'adhésion à la loi. Aussi est-elle susceptible de bloquer son développement. Nombre de maladies mentales sont la conséquence directe de l'hypocrite réprobation publique de ce que chacun fait allègrement en privé. Seuls les pervers : séducteurs, violeurs et pédophiles utilisent leurs victimes pour "se masturber", leur accordant le même traitement que celui qu'ils ont subi dans leur sexualité d'enfants. Ce besoin compulsif n'existera plus lorsque l’autosexualité sera socialement acceptée. Des études transculturelles de l'anthropologie américaine12 ont, avec une corrélation statistique absolue, vérifié sur des ethnies entières les observations des psychanalystes. Elles constatent que la douleur est inhibée par le plaisir et réciproquement, et que la violence est conséquence de la carence de tendresse dans l'enfance et de l'interdiction de la sexualité prémaritale.

Blessant la dignité et l'indépendance humaine en violant l'intimité, les rituels obsessionnels perpétrés sur les enfants : mutilations sexuelles, perçage des oreilles, etc., sont un comble de cette répression. Dénuder quelqu'un pour lui mutiler le sexe est une humiliation révoltante.

La flétrissure était jadis (encore que Raniere marquait au fer rouge ses esclaves sexuelles13) une marque de stigmatisation des criminels. Mais voici que toute une frange de la jeunesse s'insurge inconsciemment contre la répression de l’autosexualité par la réalisation sur elle-même de caricatures de ces marquages : tatouages, perçages, etc. Certains initient les plus jeunes en leur faisant des brûlures avec une lame de couteau chauffée à blanc. Des personnes de l'extrême-droite allemande se vantent des cicatrices qu'ils obtiennent à l'escrime. L'ornement symbolisant l'organe sexuel, ces mutilations provocatrices, perverses (fétichisme) et discriminatoires sont symptomatiques d'une expression inconsciente à la fois d'une culpabilité et d'une rébellion contre le tabou de l’autosexualité. Ce nouveau snobisme se qualifie parfois d'"ethnique" sans réaliser que c'est une révolte par l'absurde contre la stigmatisation de l'autosexualité.

III – Quoi ? (une définition)

"Le gland est très sensible. S’il reste caché dans le prépuce, il fortifie le plaisir lors de l’accouplement. Si le prépuce est coupé, le gland se durcit et le plaisir s’affaiblit. C’est ce qui convient le mieux dans notre loi : réduire le plaisir sans le supprimer totalement, un juste milieu entre l’excès et la négligence." Al-Razi

La préservation du clitoris et du prépuce se fonde sur six faits qui illustrent leur caractère essentiel à la vie.

Premier fait : les mineurs. Les mutilations sexuelles visent le plus souvent les mineurs. Mais à lutter de façon sexiste contre les seules mutilations féminines14, 15, les féministes occidentales, à l'avant-garde du combat, en font une affaire de genre et une joute entre les sexes. Elles reprochent aux hommes d'imposer l'excision aux femmes qui la réalisent (!) – et accusent les non sexistes d'amalgamer excision et circoncision, stupidement puisque l'excision n'existe qu'en pays de circoncision. Ce faisant, elles oublient que les papas ont eux-mêmes été circoncis avec la complicité de leur propre mère. Nous allons voir que l’excision n'est que la partie la plus scandaleusement visible de l’iceberg des mutilations sexuelles. Au lieu d'aborder ces dernières dans une optique dynamique, historique et transgénérationnelle, plutôt que statique, elles amalgament violence contre les adultes et violence contre les mineurs. Mais la guerre des sexes est une guerre d'"adultes ignorant l'enfant en eux-mêmes" (Maud Mannoni), et la guerre des générations commence par la guerre aux enfants. Le fait est que pour éviter toute résistance, on pratique maintenant l'excision à la naissance, et à l'hôpital malgré l'interdiction de l'OMS. Avec Madame Albagly (directrice de la DDASS du Rhône) au Colloque MSF des Gynécologues sans frontières du 26.02.2007 à Lyon, nous affirmons : "Le droit au respect de l'intégrité physique de tous les enfants n'est pas négociable."

Deuxième fait : sexuelles. Les organes spécifiques de l’autosexualité (clitoris et prépuce) ne sont pas des organes génitaux mais des organes de pur plaisir, sans autre fonction pour le clitoris. A la différence de l'ablation du gland, l'excision interdit le plaisir sexuel mais n'empêche pas la reproduction. Pour soixante dix ou quatre vingt dix neuf pour cent (clitoris) de la population mondiale qui jouissent de ces organes, le plaisir particulier, éventuellement extrême, qu'ils procurent, est indiscutable. L'excision supprime, diminue ou transforme le plaisir en douleur. La destruction du plaisir clitoridien entraînant souvent celle du plaisir vaginal, les deux tiers des excisées sont frigides. Chez l'homme, la perte est le plus souvent limitée à celle du plaisir préputiel, notamment celui des petits orgasmes16, non négligeable. De récentes découvertes anatomiques apportent un fondement scientifique à cette affirmation empirique. En 1996, John Taylor a mis l'accent sur la fonction d'exquise mécanique érogène de l'anneau terminal du prépuce. Cette découverte contribue à mettre fin à la fable selon laquelle la lèvre qui protège l'érogénéité du gland, mini-vagin de l'homme dans l’autosexualité, ne serait pas un organe. N'ayant pas reçu le prix Nobel qu'elle mérite, elle reste ignorée bien qu'expérimentalement confirmée par l'enquête de sensibilité de Sorrells. Enfin, la troisième fonction sexuelle du prépuce, celle de coussinet mobile réducteur de friction dans le coït, a aussi été mise en lumière. Elle explique pourquoi les africaines aux partenaires circoncis sont beaucoup plus touchées par le SIDA que les hommes, ce qui renforce la contestation de l’effarante campagne de circoncision de l'OMS en Afrique. Plusieurs enquêtes ont montré que la circoncision est sans influence significative sur la transmission des IST, sauf, mais à moyen terme seulement, le SIDA. La bioéthique interdit la mutilation préventive et la circoncision ne peut être pratiquée sans motif médical très sérieux, sur les mineurs comme sur les adultes.

Troisième fait : la mutilation physique. La circoncision est une mutilation pour trois raisons : la peau est un organe et le prépuce n'est pas une peau morte, ce n'est pas non plus un repli de peau mais, étant un organe à double-face (peau à l'extérieur, muqueuse à l'intérieur), c'est la lèvre érogène protectrice du gland et donc un organe sexuel en lui-même, pour ne rien dire de son érogénéité.

Quatrième fait : le traumatisme. Mis en lumière par Freud, les traumatismes portant sur la sexualité infantile provoquent la formation de l'inconscient et sont la grande cause des maladies mentales. Portant atteinte à l'image du corps, l’ablation des organes de l’autosexualité a de fortes répercussions émotionnelles et, par sidération et dissociation, crée un grave traumatisme, le plus souvent inconscient, frappé d'amnésie. L’autosexualité, la toute première sexualité, naturelle, inoffensive et innocente, est lourdement culpabilisée, d'autant plus que la circoncision menace le garçon d’éviration. Mais, et même dans les cultures non exciseuses, les filles aussi souffrent inconsciemment de la menace associée à la circoncision. En effet, si l'on détruit le fourreau du gland, que va-t-il alors arriver au tout petit clitoris ? Il suffit d'ailleurs d'une menace symbolique et l'on substitue parfois à l'excision le passage d'un couteau au-dessus du corps de l'enfant. Cette mise en scène criminelle illustre la présence de la menace de mort dans les mutilations sexuelles.

Cinquième fait : la prise de possession de l'individu par le groupe au moyen d'une violence terroriste. Le sacrifice humain d'une partie du corps met en œuvre un puissant mécanisme psychologique d'asservissement. En effet, pour l'inconscient comme pour la pensée fétichiste, primitive ou infantile, la partie vaut pour le tout (cf. les abus du vaudou qui, après l'interdiction des mutilations sexuelles par les esclavagistes, "possède" ses victimes jusqu'à les forcer à la prostitution au moyen d'une simple mèche de cheveux coupée). Fondés sur une pulsion d'emprise perverse, ces abus de pouvoir impliquent une inacceptable possessivité : "Je sais, donc j'ai le droit de disposer de ton corps."

Sixième fait : discrimination et exclusion. Effectuées pour garantir une prétendue supériorité morale, les mutilations sexuelles isolent l'ethnie par un racisme artificiel, dans le but de favoriser l'endogamie et la possession des femmes. Elles sont aussi une mesure d'asservissement par exclusion des opposants.

La pire des violences éducatives ordinaires, les rituels de mutilation sexuel-le renforcent l'adultisme, la raison du plus fort et l'interdit du plaisir en terrorisant la personne humaine à l'âge où elle est le plus vulnérable. Ces amputations possessoires sont des méthodes barbares d'interdiction de la sexualité infantile et de culpabilisation du plaisir. Elles exercent une emprise perverse du groupe sur l'individu encore mineur pour le forcer au travail, à la reproduction et à la guerre. Vexatoires, elles condamnent le plaisir personnel par la éviration de ses organes spécifiques. Elles rendent fréquemment la sexualité inexistante et douloureuse pour les femmes et appauvrissent la sexualité et l’autosexualité masculine. La douleur atroce, la terreur de l'opération et le rappel permanent des menaces d'éviration, d'exclusion et de mort associées traumatisent profondément, le plus souvent inconsciemment. Elles sont ainsi l'une des plus odieuses techniques d'asservissement de l'individu, responsable de fanatisme virulent, de violence guerrière et de terrorisme suicidaire. Socialisant en garantissant une prétendue valeur morale parfois cautionnée par la divinité mais détruisant l'identité humaine dans sa partie la plus intime, leur illusoire supériorité discrimine étrangers et opposants par un racisme artificiel.

IV - Les conséquences : ségrégation, exclusion,

discrimination, racisme et violence

"Si la haine crée l'objet, elle est aussi ce qui menace le plus violemment son existence. Parce qu'elle fait de l'identité de soi à soi un concept exclusif, voire fétichisé, la haine porte en elle le rejet de toute altérité. Quand elle se fait l'alliée d'un narcissisme des petites différences, elle devient le vecteur d'une pureté qui ne tolère plus aucune bigarrure, aucun mélange. Pureté de la race, purge, épuration ethnique, le pur et la haine habitent les mêmes contrées."

Jacques André et Isée Bernateau

"Un incirconcis n'est pas un homme." (dicton africain)

1) L'exclusion des opposants

Les mutilations sexuelles sont un comportement sadique et dangereux. Comme toutes les perversions, elles prétendent à faire autorité en s'appuyant sur le grand nombre, lorsque ce n'est pas sur une divinité qui n'en peut mais. Le dicton africain implique le rejet des opposants, considérés comme mineurs, débauchés et lâches, et la sanction systématique de l'absence de mutilation est l'exclusion de la communauté. Ce châtiment révèle les caractères profonds de la pratique : sélection, élitisme et sentiment de supériorité (permettant à l'handicapé sexuel de lutter contre la dépression), exclusion, barrière au mariage hors du groupe (grand souci des racistes), et enfin interdiction d'enterrer les intacts dans les cimetières communautaires, voire sur le territoire national (Arabie Saoudite), sauf circoncision posthume (Juifs).

2) Un eugénisme d'auto-exclusion et d'exclusion des autres groupes ethniques

"Le sentiment d'appartenance est une conviction intime qui va de soi. L'imposer à quelqu'un, c'est nier son aptitude à se définir librement." Fatou Diome

Maïmonide a souligné ironiquement que la circoncision est eugénique dans une intention religieuse et pas seulement dans sa matérialité :

"La circoncision a, selon moi, un autre motif très important : elle fait que ceux qui professent cette idée de l'unité de Dieu se distinguent par un même signe corporel qui leur est imprimé à tous, de sorte que celui qui n'en fait pas partie ne peut pas, étant étranger, prétendre leur appartenir."17

Cependant, si un signe particulier collectif crée un lien social, ce lien ne dénote qu’une appartenance (une altération de l'identité n'est pas une identité mais un signe particulier) et une mutilation collective est une auto-exclusion collective. Censées procurer une supériorité morale, physique et même sexuelle, les mutilations sectaires séparent le groupe de l'humanité. Anti-sexuelles, antidémocratiques et xénophobes, elles discriminent les groupes voisins.

Mais une exclusion aussi radicale appelle le fanatisme et la haine. Spinoza et Freud ont dénoncé la circoncision comme source de haine de la part des peuples voisins. Cette haine est réciproque. Le mépris des "in"-circoncis s'accompagne d'un véritable racisme source de guerres tribales permanentes : Hutus contre Tutsis, Zoulous contre Xhosas, Kikuyus contre Luos. Gravissime pathologie collective (syndrome de Stockholm aggravé, syndrome de Münchhausen par procuration transgénérationnel et collectif), la circoncision génère une violence particulièrement élevée. Il n'y a pratiquement jamais de génocides entre intacts mais sur les vingt-sept génocides des temps modernes (les massacres de masse au Cambodge ne sont pas des génocides parce que leur intention était purement politique) : Circassiens (musulmans) (1860), Congolais (1870), Héréros (1904-07), Grecs (1921-23), Assyriens (1914-25), Arméniens (1915), Serbes (1941-45), Juifs (1942-45), Roms (1942-45), Tchétchènes (1944-48), Indiens (Inde-Pakistan, 1947-49), musulmans (Inde-Pakistan, 1947-49), communistes indonésiens (1965), Biafrais (1966-68), Guinéens (1968-79), Bengalis (1971), Hutus (1972), habitants de Borneo-Est (1975-79), Kurdes (1988-89), Bengalis (1990-2000), Bosniens (1991-95), Tutsis (1994), habitants du Darfour (2003), Kurdes d'Irak (2005), Rohingyas (2012-15), Yazidis (2015), chrétiens du Nigeria (2011-2019), vingt-six (96%) ont impliqué des circoncis d'un côté au moins et six des deux côtés. Et l'exception tzigane est discutable puisque certains d'entre eux sont circoncis. Les circoncis en ont perpétré quinze, plus de la moitié, dont huit contre des intacts. Cette forte corrélation est logique ; une atteinte collective volontaire au corps humain crée un sentiment de supériorité vantarde chez ceux qui la pratiquent et le sentiment inverse chez les autres. L'holocauste des prépuces est responsable de tous les autres. Entre 1996 et 2002, toutes les guerres sans exception ont impliqué au moins un pays circonciseur. Elles furent plus de trois fois plus nombreuses dans les pays circonciseurs. La peine de mort y était deux fois plus répandue. Ils sont les seuls à pratiquer l'excision. En Norvège, entre 2006 et 2010, deux pour cent de la population qui sont circoncis ont commis cent pour cent des viols sur quatre vingt dix pour cent de norvégiennes de souche (merci aux statistiques ethniques antiracistes). Le Congo circoncis détient le record du monde du viol : 400,000 en un an. Les mutilations sexuelles séparent l'enfant de la mère par la violence à l'âge de l'attachement. C'est monstrueux, le résultat est catastrophique ; la circoncision est le terreau du sexisme, de la paranoïa (réciproque), du fanatisme et du terrorisme de groupe ou d'état. Elle fait l'équilibre de la terreur et la fortune des marchands de canon. Cause d'un racisme systémique mondialement répandu, les mutilations sexuelles, la circoncision tout particulièrement, sont un cancer qui ronge la planète.

Plus fascistes que le fascisme parce qu'elles visent les enfants, les mutilations sexuelles sont insupportables aux fascistes. Mais les démocrates ne peuvent les tolérer. Prenant pour alibi les festivités du folklore, ces ordalies sont imposées par des élites militaires et religieuses au comportement adolescent. Les sociétés qui les préconisent sont affectées d'une forte propension au patriarcat, à la tyrannie, au communautarisme, au fondamentalisme et à la domination des femmes. Elles ont un caractère sexiste. Elles considèrent femmes et enfants comme les objets d'un droit de propriété. Elles n'accueillent pas l'enfant dans une société régulée par la différence des sexes et des âges mais socialisent ou affilient par le traumatisme d'une initiation militaire barbare qui enrôle pour la guerre. Elles sont ainsi encouragées par les régimes tyranniques qui s'en servent d'incitation à la violence et de signe de ralliement. Le signe communautaire est toujours un appel au nationalisme, un signe de guerre, de possession de l'individu et d'exclusion des étrangers. Les mutilations sexuelles font, au sens propre, porter au peuple le chapeau d'une culpabilité inexistante : écharpe, voile, burka, kippa, tatouages, obésité forcée, repassage des seins, lèvres buccales ou vulvaires étirées, scarifications, dents limées ou cassées, pieds bandés, luettes, clitoris et prépuces coupés, peine de mort, aux armes et cetera…, l'escalade des techniques de manipulation des esprits par le marquage et la mutilation des corps, le pire instrument de la guerre des générations, canalise les besoins humains au service des intérêts des classes et générations dominantes. Les mutilations sexuelles sont la plus monstrueuse technique de soumission des peuples jamais imaginée.

3) L'atteinte à l'espèce humaine et la discrimination des autres ethnies

"Mais une personne privée ne peut pratiquer une telle ablation (mutilation d'un membre), même avec le consentement du patient ; ce serait commettre une injustice envers la société, à laquelle l'homme appartient avec tous ses membres." Saint Thomas d'Aquin

La motivation du père de l'Eglise est identique à celle du dixième principe de la Déclaration universelle des droits de l'enfant des Nations Unies :

"L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination."

Le racisme est plus arrogant lorsqu'il s'appuie sur des mutilations qui visent à s'assurer la possession des femmes. Ainsi, les trois grands mythes de la circoncision : supériorité morale (vertu, chasteté, fidélité, pureté, spiritualité), supériorité hygiénique et supériorité sexuelle, visent à convaincre les jeunes femmes pour favoriser l'endogamie. La chose est plus évidente encore pour l'excision.

Les mutilations sexuelles ne sont pas à proprement parler racistes mais fonder une identité collective sur une atteinte à celle de l'espèce humaine n'est pas seulement dégradant en soi, c'est aussi discriminatoire. On cherche à fabriquer des surhommes par une prétendue supériorité culturelle par différenciation chirurgicalement imposée. C'est un racisme artificiel, plus raciste que le racisme, un racisme à la puissance dix, du néo-Gobineau mis en acte par Mengele. Les peuples qui se taillent une identité au couteau sur le corps de leurs enfants offensent le reste de l'humanité. Un comble est atteint dans le chapitre 17 de la Genèse où ce racisme prend la dimension d'une obligation divine promettant l'hégémonie à Abraham et son peuple :

"… tu seras le père d'une multitude de nations… " (Genèse 17 : 4)

Cette hégémonie est confirmée par la supériorité ethnique absolue du mythe18 de l'élection divine :

"… si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples… " Exode 19 : 5

Comme les mutilations sexuelles reposent sur d'antiques coutumes et sont commises pour le bien de l'enfant, en amour et sans intention de nuire, le seul moyen de les pénaliser est d'inscrire dans la loi que ce crime contre l'humanité est une discrimination.

4) Mutilations sexuelles et racisme

Freud a montré que le racisme anti-Juifs trouve sa source dans des motivations inconscientes extrêmement puissantes :

"L'hypothèse selon laquelle nous pouvons aussi chercher ici une racine de ces haines des Juifs (judenhasses) qui émergent de façon si primaire et génèrent des comportements si irrationnels chez les occidentaux, me paraît incontournable. La circoncision est inconsciemment assimilée à la castration."19

Sa pensée la plus élaborée sur la circoncision affirme qu'en tant que menace de castration (Freud fait erreur ; il s'agit d'éviration, portant sur l'organe du plaisir et pas seulement de la reproduction), elle est particulièrement déstructurante :

"Les résultats de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d'un garçon avec ses pères et mères et par la suite avec les hommes et les femmes en général."20

La note de bas de page suggère discrètement, de façon biaisée par la fumeuse théorie de la soumission – qui n'est pas soumission au père mais soumission des parents à la société, notamment aux grands-parents – que la circoncision est une de ces déstructurantes menaces :

"(1) …La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l'expression d'une soumission à la volonté paternelle… "

Si cette déstructuration concerne les circoncis dont le traumatisme est accompagné de sidération et amnésie traumatique, elle concerne aussi, à un moindre degré bien sûr, leurs voisins intacts. La circoncision crée entre une paranoïa systémique et réciproque les circoncis et leurs voisins.

Le racisme envers les peuples mutilateurs et celui de ces peuples envers les intacts est dissymétrique. Le premier est fondé sur le respect de l'enfant et du corps humain dont nous venons de voir que la violation provoque immanquablement le racisme sans, bien sûr, le justifier, le second repose sur une barbarie culturelle.

La question est complexe et Freud eut raison de justifier le racisme des enfants intacts :

"... les petits garçons entendent dire que les Juifs ont quelque chose de coupé au pénis – un morceau du pénis, pensent-ils – et cela leur donne un droit de mépriser les Juifs."

Les mutilations sexuelles étant une folie collective, nous préfèrerions dire "une raison". Les adultes intacts ont la même raison mais sont censés y adjoindre de l'empathie pour les victimes.

Conclusion

S'agissant du corps humain, inviolable et sacré, la culture doit respecter la nature. Les mutilations sexuelles sont des discriminations barbares, adultistes, sexistes et racistes par prétention de supériorité morale puritaine. Elles sont le comble de la violence éducative ordinaire qui enseigne la raison du plus fort. Pour le tiers de l'humanité à qui infantilisation, manque de respect, humiliations, claques, fessées et coups ne suffisent pas, la répression chirurgicale de la sexualité première est l'arme absolue. Il n'existe pas de signe biologique de passage à l'âge adulte, c'est folie d'en instaurer comme témoin la destruction des organes spécifiques de l’autosexualité. Stigmatiser cette dernière est le contraire de l'initiation naturelle à la sexualité. Les mutilations sexuelles donnent droit au mariage en certifiant un passage à l'âge adulte accompli dans la soumission à l'ordre établi, c'est un faux certificat que Mandela a dénoncé. On peut craindre au contraire que nombre de mutilés ne parviennent pas à la véritable maturité, caractérisée par la reconnaissance profonde de la différence des sexes. Cette dernière permet aussi bien un désir vrai de l'autre sexe que l'égalité des sexes et donc la démocratie. Tant que prévaudront la répression puritaine de l'autosexualité et le sexisme qui dresse un genre contre l'autre au lieu de les rassembler dans la défense des tout-petits, elles ne pourront pas être éradiquées.

Si la lutte contre la circoncision est en bonne voie aux Etats-Unis où le taux de circoncision est tombé de 90 à 55% grâce à NOCIRC, celle contre l'excision meurtrière (5 à 15% de décès immédiats, 20% à l'accouchement) ne progresse qu'au compte-gouttes et, dans un paradoxe scandaleux, sa médicalisation au sud de la Méditerranée est suivie de sa restauration au nord. Cela parce qu'on soigne les symptômes sans prendre le mal à la racine : le traitement de l'enfant comme un objet, la négation du droit au plaisir et la culpabilisation de l’autosexualité, si bien qu'on ne s'en prend pas à la circoncision, ce qui apporterait au combat un réel efficace. L'emploi du terme "abstinence" dans les recommandations officielles pour la prévention du SIDA montre que l’auto-sexualité est toujours considérée comme une conduite honteuse, infantile ou débauchée. On semble ignorer que tout être humain est un enfant qui prend de l'âge et que celui qui est incapable de régresser ne peut pas non plus progresser. Les mutilations sexuelles ruinent le droit fondamental de plus d'un milliard de personnes. Ne s'attaquer qu'à l'excision néglige la grande majorité des victimes.

Les mutilations sexuelles sont, vu l'âge des victimes incapables de crier : "ME TOO", seul crime contre l'humanité dont personne ne se plaint. Elles émanent d'un ordre moral puritain qui se croit supérieur. Caractérisées par la discrimination et l'exclusion, elles sont l'expression du pire des racismes, celui d’une grave déficience morale qui consiste à se bercer de l'illusion d'une supériorité morale. L'une des causes du fanatisme, du terrorisme suicidaire et de redoutables tyrannies, elles sont incompatibles avec la démocratie. Les cultures et régimes (toute la planète) qui les tolèrent ne méritent pas le nom de civilisation ou démocratie. Irréversibles, elles nuisent à toute la population : enfants, adolescents, couples momentanément séparés, divorcés ou à besoins sexuels différents, célibataires et veufs. Perpétrées sous divers alibis : religion, tradition, hygiène, folklore, elles imposent à l'enfant le mode de vie des adultes par une odieuse torture. Fondées sur une perversion de l'éthique détournée en moralité moralisante, elles prétendent donner des leçons au peuple mais créent la névrose en son sein pour donner une base sociale à celle des dominants. C'est à leur profit. Elles sont la pire expression d'un matriarco-patriarcat qui présentifie à vie sa domination par une menace de mort gravée dans la chair même de l'individu. Elles sont le paradigme de la père-sécution de l'individu par la société. Leur abolition est une étape dans la lutte contre la répression de la sexualité et pour le droit de la personne humaine à la libre disposition de son corps et au respect de son intégrité, de son autonomie et de sa dignité physiques, sentimentales et mentales. La médecine ne peut servir de prétexte à la barbarie ; en l'absence de "motif médical très sérieux" (article 41 du code de déontologie médicale), mutiler est contraire à la bioéthique. Dans une société civilisée, on ne doit pas toucher à un seul cheveu d'un enfant. L'abolition des châtiments corporels doit être étendue aux enfants. Le droit au corps doit figurer dans l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de la personne humaine :

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, en premier lieu les droits au corps et au plaisir, dans leurs trois dimensions d'intégrité, dignité et autonomie."

"L'acier qui nous mutile du satin,

"Nos blessures inutiles au lointain,

"Nous ferons de nos grilles des chemins,

"Nous changerons nos villes en jardins."

Jean-Jacques Goldman (Il suffira d'un signe)

Donné en conférence le 4 septembre 2008 au 10ème symposium de NOCIRC à l'Université de Keele (R-U), ce texte a été publié par AgoraVox et CaféBabel. Il a été salué par Madame Najaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement français, et cité par Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny et membre du Bureau international des droits de l'enfant, dans son article du 7 septembre 2012 contre l'excision et la circoncision.

ARTICLES LIES :

Entre discrimination barbare et exclusion, la circoncision, un racisme artificiel masqué derrière religion, tradition, culture et folklore, le plus grand crime contre l'humanité, catalyseur de fanatisme, terrorisme, guerre, génocide et féminicide

- Génocide et circoncision, causalité et corrélation quasi absolue

- Terrorisme et circoncision, circoncis d'abord fanatisés ensuite ; la circoncision fait des hommes des armes de guerre

1 Les jeux sexuels de vos enfants. Interview par Pierre Bénichou. Planning familial, octobre 1969 (3), 9.

2 Veil S. Préface du supplément au Bull. Acad. Natle. Méd 2004, 188, n° 6. 7-8.

3 Freud S. Malaise dans la civilisation. Ch. IV.

4 http://fra.europa.eu/fr/charterpedia/article/3-droit-lintegrite-de-la-personne

5 Denis P. Le narcissisme. Paris : PUF ; 2012.

6 Prescott J. http://montagunocircpetition.org/

7 Miller A. Introduction aux considérations sur les mutilations sexuelles, in La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance dans la thérapie. Paris : Aubier ; 1990. p. 164.

8 Bertaux-Navoiseau M. Les mutilations sexuelles (excision, circoncision), une dangereuse aliénation culturelle : un syndrome de Münchhausen par procuration et un syndrome de Stockholm aggravé.

9 Freud S. Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

10 Immerman R., Mackey W. A biocultural analysis of circumcision: a kinder gentler tumescence. Soc Biol 1997; 44(3-4), 265-75. http://www.cirp.org/library/psych/immerman2/

11 Bertaux-Navoiseau M. Psychanalyse des mutilations sexuelles, mutilation sexuelle de la psychanalyse (Freud entre Abraham et Alice Miller).

12 Prescott J. Body pleasure and the origins of violence. The bulletin of the atomic scientists, 1975, 10-20. violence.de.

13 https://exoportail.com/lactrice-allison-mack-plaide-coupable-dans-laffaire-du-culte-sexuel-nxivm/

14 Earp B. Female genital mutilation (FGM) and male circumcision: Should there be a separate ethical discourse? https://www.academia.edu/8817976/Female_genital_mutilation_FGM_and_male_circumcision_Should_there_be_a_separate_ethical_discourse

15 Carmack A. Female genital mutilation,” “circumcision,” “gender-conforming surgery”: why the double standard?

http://adriennecarmack.com/female-genital-mutilation-circumcision-gender-conforming-surgery-why-the-double-standard/

16 Bertaux-Navoiseau M. Un sondage préliminaire : 82% des circoncis ignorent les mini-orgasmes anéjaculatoires en série, 91% des intacts en jouissent.

17 Maïmonide M. Le guide des égarés. 1160. Paris : Verdier ; 2012. p. 1175-77.

18 Bertaux-Navoiseau M. La naissance du judaïsme, entre exégèse et égyptologie. Paris : autoédité grâce à KDP ; 2019. https://www.amazon.fr/dp/1070493945

19 L'homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 184.

20 Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62.

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