Questions de contexte

Chaque fois que les mots sont prononcés, filmés, photocopiés, reproduits par les moyens innombrables de la modernité ils sont, selon leurs serveurs, hors contexte. Compréhensible. Tous ces ministres, porte-parole,  sérigaffeurs de la pensée olympienne, sont eux-mêmes hors contexte sui generis. Le contexte, c’est à dire la réalité, échappant à leur entendement ils sont hors sujet - pour ne pas dire hors objet – inexistants et inaudibles pour la grande majorité des citoyens.

De la sorte, les polémiques dont on a droit portent sur la véracité de leurs dires et surtout pas de leur signification. Cette détérioration du sens même de la parole et de ce qu’elle exprime va de pair avec une simplification qualificative qui n’a d’autre objet que d’arrêter court toute velléité d’échange en primant des mots de non retour permettant ce monologue hors contexte. Les dits populistes, réactionnaires, utopistes, séditieux – contestataires n’ont pas droit à la parole au sein de ce contexte d’extraterritorialité du sens. Avant même d’ouvrir la bouche, ils sont  « incommunicados » tels les tupamaros dont les dictateurs uruguayens avaient interdit de prononcer le nom.

Ainsi, les hors contexte radotent leur vérité, de plus en plus frustrés, puisque plus personne ne les entend, pendant que leurs monologues envahissent leurs lieux de pouvoir factice qu’est devenue la télé. Cultivant le entre - soi jusqu’à l’écœurement, exhibant un dynamisme prométhéen, cache sexe de leur solitude.

Ces reflets croque – mitaines, dépités, déclarent que les autres (tous autres) soufflent des braises haineuses ; ils ne saisissent même plus que les seuls et uniques propagateurs de cette haine sont leurs actes et en aucun cas leur parole dévaluée…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.