Evénement, il pleut ! ! !

C'était le 6 Aout dernier...Une averse d'orage arrivait après plus d'un mois sans pluie. Depuis, rien jusqu'à ce mardi 24 Septembre !

Loin de New York, loin de l 'O N U, et si proche de Greta Thunberg figurez-vous qu'ici, ce matin il pleut. Après deux canicules, quasiment trois mois sans pluie, il pleut ! Réchauffement, dérèglement climatique ? Dans les campagnes, nous le vivons concrètement. Ce n'est pas une vue de l'esprit. Les jardins souffrent du manque d'eau...Quasiment du jamais vu, les tomates ont littéralement éclatées sous ce soleil brûlant. Ici, quelques kilomètres au sud de la Loire le thermomètre est grimpé jusqu'à 42° à l'ombre...Et pourtant je me pose des questions. Dans mon enfance, deux grenadiers bien situés, dans une encoignure de murs, se dorant au soleil produisaient des grenades. De beaux fruits que gamins nous allions décortiquer à leurs pieds...Pour du circuit court, c'était du circuit court. Un de nos copains, dans le jardin de ses parents, avait un amandier qui produisait des amandes tout à fait consommables. C'était en 1956 ! Alors, le réchauffement climatique n'est-il pas "en marche", réel lui, depuis  longtemps ? Nous le vivions comme un bel été, comme de beaux étés... Mes parents sortaient la table à l'ombre sous les tilleuls pour déjeuner. Mon père, en maillot de corps, ma mère en sarrau, pas grand chose dessous, plaisantaient. Les tilleuls embaumaient l'air. Ma mère disait: "demain il va falloir que je ramasse du tilleul"... Mon père ajoutait: "Il ne faudra pas aussi oublier la camomille...Michel, tu prendras un panier et tu iras en ramasser"...

Toujours est-il que ce matin de Septembre 2019, il pleut ! L'automne est bien là, avec ce ciel porteur de gros nuages bas, lourds, roulant poussé par un vent soufflant de l'Atlantique tout proche...Une petite centaine de kilomètres, à vol d'oiseau nous sépare seulement de l'Océan. Les arbres, toute la végétation, donnent l'impression de sourire. Je n'allais quand même pas écrire qu'elle chante sous la pluie...  Deux autres   cavalent , ce sont deux écureuils locataires des arbres du jardin. Poil mouillé, ils foncent vers le gros noyer, leur garde-manger personnel.

Sur le coteau, en face, les vendangeurs dans leurs cirés jaunes, verts, courbent un peu plus l'échine pour couper les grappes. Entre l'image d’Épinal, celle du folklore entourant les vendanges et la réalité météorologique il y a un pas que seuls certains urbains franchissent. Quand ce n'est pas la pluie, ce sont quelquefois, les gelées blanches matinales qui pétrifient les doigts sur les sécateurs...

C'était juste une "photographie" prise à l'instant T , comme disent les sondeurs, que je voulais transmettre aux urbains, urbaines abonnés(ées) du journal. Pour nous, au fond de notre monde rural, l'événement est bien, ce matin, la pluie!  Sommes loin, très loin des théoriciens qui disent, qui causent, mais qui font peu! Je pense à un type à la perruque jaunasse, à un second donnant la leçon à la Pologne, à l'autre aux portiques démontés, remplie de "bravitude"... Liste non exhaustive ! En attendant, ici, ce matin, il pleut ! C'est la fête à la grenouille...Mais nous sommes heureux, il pleut !

                    Michel Langevin

 

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