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Billet de blog 2 juillet 2025

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De l'horreur de Gaza aux larme de Chems

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je voudrais juste et rapidement parcourir ici la chaîne signifiante qui nous a amené à évoquer durant la fête de la musique 2025 le génocide en cours à Gaza.La maison Mémérou est fille du covid. Durant le premier confinement nous avons éprouvé un besoin quasi irrépressible d'interroger le monde sur ce que nous vivions collectivem:ent. Et, aubaine inconcevable encore deux jours auparavant, nous en avions le temps !Et cela précisément a été le carburant de cette grande révolution dans nos vies : le temps !On avait bien une fibre écologique et on a donc naturellement commencé par ça. On savait pour la 6 ème extinction massive du vivant. Les limites planétaires qui se dépassaient toujours plus vite et l’inaction de nos politiques publiques. On a épuisé les Thinkerview disponibles sur le sujet et dévoré les vidéos de Vincent Mignerot, Claire Nouvian, Camille Étienne ou Laurent Testot…

Mais rapidement force nous a été de constater qu'aborder l'écologie sans le secours des sciences sociales relève du jardinage.Alors on y est allé - franchement - dans une interrogation plus systémique de ce qui nous arrive.

Il faut bien dire que l'actualité nous a vite submergés .

Avec les  Gilets jaunes, on a senti dans notre chair le mépris par la classe bourgeoise dominante pour tous "ceux qui ne sont rien" et qui se permettaient pourtant de risquer de ralentir la seule vraie vertu cardinale que reconnaisse le capitalisme : la croissance .

On a appris :

-  que les yeux crevés, les mains arrachées, les morts… étaient une façon convenable d'endiguer les mouvements sociaux- qu'il était acceptable de nous inviter à rédiger de pleins cahiers de doléances pour les enterrer ensuite dans une cave de sous préfecture sans aucun traitement et d'organiser à grand renfort de mise en scène enfin une  "Convention citoyenne" prometteuse sans lui donner le début d'un commencement d'outil pour aboutir.

- Que le gendarme responsable de la mort du petit Nahel pouvait recevoir un chèque d'encouragement de quelques 1,6 millions euros bien que jugé pour meurtre...

- que la Brav-M pouvait jeter dans le coma des enfants militants écologistes pour défendre la politique délétère de la FNSEA (et son modèle d'agriculture productiviste) qui se moque éhontément de l'écologie et de l'intérêt général.

- qu'outre atlantique Trump, personnage étonnamment méprisable qui se targue publiquement de, je cite : « de tenir les femmes par la chatte » emporte les élections présidentielles et  installe fissa le capital (le plus totalitaire et le plus prédateur) à la tête du pays le plus puissant du monde

- que la corruption généralisée de la classe politique de Fillon, le Pen, à Perdriau ou Alexis Kolher ne pose problème qu’à une justice de gauche… On comprend vite que tout ce petite monde n'est pas corrompu mais est la corruption même.  

- que BHL ait pu se permettre de dire tranquillement " Si Israël bafoue le droit international alors il faut le changer".

- Que dire aussi du mépris du verdict des urnes dans la dernière législative ?

 - De Betharram ?

 - De la banalisation de l’extrême droite dans la droite dite républicaine ?

  - D’un Ciotti et tous ceux qui remercient Benyamin Netanyahu de faire le sale boulot à notre place.

L’inventaire n’est pas ici épuisé...

Alors voilà :

On finit par comprendre l'état du monde et le formuler ainsi :

L'hégémonie bourgeoise, occidentale, blanche, remise en cause par son échec écologique et social, a choisi la fuite en avant impérialiste et ravageuse pour ses contestataires. Elle sape aujourd'hui le droit commun, le droit international, les bases de toute morale et solidarité, convoque l'extrême droite pour l’aider à s’affranchir de toute tentative de remise en cause de sa suprématie. Face à sa propre incurie, son incapacité à endiguer ses pulsions les plus hégémoniques, égoïstes, délétères et nous proposer enfin un avenir désirable, cette fiction politique dominante – le capitalisme rentier, en cours de fascisation, un peu comme dans les années 30, sort à nouveau son joker, comme dans un comique de répétition, elle sort du chapeau le bouc émissaire idoine sensé cristalliser toute notre hargne à son endroit et détourner ainsi nos regards.Dans les années 30 c’était le Juif qui jouait ce rôle à merveille, aujourd’hui c’est « l’arabe » qu’importe le signifiant si grâce à lui la cause unique des effondrements systémiques de cette civilisation néolibérale, pourtant si prévisible, trouve à travers lui une issue de secours ?

Car c'est bien de ça dont il s’agit - trouver une issue de secours face à un effondrement inéluctable.

Alors Gaza dans tout ça :

Gaza n’est rien d’autre que l’épiphanie de cette navrante imposture… Et pour ne rien assumer de ce qui lui est imputable, l’hégémonie ira jusqu’au bout de l’abjection comme l'ont déjà fait les oligarchies occidentales qui ont contribué à la Shoah ; elles ont juste trouvé un nouveau bouc émissaire... Plus l’évidence de son naufrage sera criante, plus elle cherchera à étouffer les critiques dans un bain de sang toujours plus effroyable. L’effroi justement est bien son unique stratégie.Je vais m’arrêter là car c’est un jour de fête de partage et de culture et que nous sommes là ensemble, réunis dans nos différences de classes, de races, de cultures et  de religions pour affirmer encore une fois  que rien ni personne ne nous fera plier genoux devant les passions tristes.

Michel-Marie 21 juin 2025

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