BOUES ROUGES : EXPERTISES- ANALYSES- L'INVENTAIRE

Les commentaires sont libres, les faits sont sacrés (Beaumarchais),

 J’ajoute à la condition que tous ce qui concerne un dossier soient révélé.

Le constat des pécheurs du Golfe La Ciotat/Cassis actuellement :

« Pour avoir des traces de boues sur nos engins, il fallait descendre à 250/300 m et on péchait encore  en bordure de la fosse aujourd’hui c’est 125 m. que l’on se trouve dans les boues il y en a de partout et le plateau continental aux abords se stabilise à 105 m sur une étroite bande puis à 100 m. sur une bande plus étendue. La fosse s’est remplie et ne demande qu’à déborder et ça fait quelques années que nous avons une chute vertigineuse des populations d’oursins alors que les calanques en étaient remplies il y a quelques décennies. »

Faut-il être savant pour ne pas comprendre l’impact sur les milieux ?

 

Les réactions de Mme Royal  depuis Lima le 12/12/2014 :

        « Je crois que les riverains ont raison, la vérité n’a pas été dite sur ce sujet. L’usine rejette des déchets de mercure et d’arsenic. « 

Elle dénonce « un système qui n’est plus durable, ce laxisme en direction d’entreprises qui ont le droit de polluer et de s’approprier des profits privés contre une pollution qu’elles ne paient pas et qui sans doute détruisent davantage d’emploi qu’elles n’en créent. Il ne faut plus que le chantage à l’emploi conduise à être laxiste à l’égard d’entreprises qui polluent. »

TOUT EST DIT TOUT RESTE A FAIRE.

 

Notre Président de la République a demandé que soit mené à bien un travail de développement de la démocratie participative appliquée aux décisions importantes de l’environnement.

Les efforts de respectabilité environnementale affichés par l’usine de Gardanne, ne sont que de la communication au profit d’un process industriel basé sur une production à moindre coût tout en obtenant  avantages et aides publiques.

Le greewashing (lavage de cerveau) du pressage des boues, est en fait de l’optimisation technique et fiscale (subventions etc.) des capacités de stockage d’un site terrestre en fin de vie.

Ce n’est qu’un arbitrage du curseur de répartition entre les pollutions maritimes, terrestres et aquifères qui ne préservera aucun de ces milieux naturels.

A ce titre, la réponse à mon courrier, par madame la Ministre de l’Ecologie en date du  20/04/2015 m’a permis de saisir le Préfet M. Michel Cadot en date du 03/05/2015 en lui adressant justifications et questions.

Suite à un dernier rendez-vous nous sommes dans l’attente d’une possibilité d’expertises indépendantes. Il était nécessaire d’effectuer un inventaire afin de préparer nos questions.

La plus ancienne usine d’alumine, 120 ans, ses déchets, des rapports, expertises, enquêtes publiques, démêlé le vrai du faux, les manœuvres de communications, les difficultés de la communauté scientifique à délivrer une information indiscutable l’accès aux documents parfois interdit.

L’objectif, permettre aux lecteurs la découverte des mystères des profondeurs, désolé pour le style « non romantique ».

Laisser à chacun son libre arbitre, tout est factuelle.

1894, L’usine, sa naissance.

1961/1962, l’industriel commence des expériences et campagne de recherches avec cdt. Cousteau à bord de la Calypso à l’été 1961 qui débouchera sur un rapport très favorable « il n’y a aucun risque biologique, aucun risque de remontée des boues rouges. « 

1962, Péchiney présente la solution de déversement à Cassis    «  Cette solution à une préférence très nette de l’Institut Scientifique des Pêches Maritimes (rassemblée en 1982 dans l’actuel IFREMER) en l’absence de zone de chalutage dans cette région « 

1963, le 25 novembre le Comité d’établissement de l’usine déclare « que ces boues rouges ne sont pas radioactives… qu’elles contiennent moins de soude que le meilleur savon… qu’elles sont biologiquement neutres. »   

1963/1964 Edmond Garcin rapporteur de la Loi sur l’eau et des pollutions dénoncera le « projet insensé » et le maire de Cassis dénonce la « monstrueuse prétention « de Pechiney.

1964/1965 la commission d’enquête issue de la Loi sur l’eau son président A. Gougeiheim conclu en faveur de Pechiney « Cette affaire des boues rouges de Cassis est l’exemple typique de ce à quoi peut aboutir une information passionnée et insuffisamment documentée … ce sont des rejets non toxiques, inertes.

1968, le rapport de M. André Gougenheim de mars 1965 a été le support aux attendus du Conseil d’Etat n° « 3 11 SSR du 15/03/1968 paru au recueil Lebon. La commune de Cassis a été déboutée de son recours, son opposition  aux rejets en mer via  la canalisation.

1968, exploration du canyon de cassidaigne par M. Bourcier, il est à noter que les rejets ont commencé au printemps 1967, ce n’était que le début :

        La vie benthique ne peut ni se maintenir pour les populations anciennes, ni s’établir pour les nouvelles populations éventuelles.

        Différentes population vivent sur les fonds couverts de « boues rouges » et ingèrent ce sédiment. On le voit par transparence et on vérifie par dissection, que le tube digestif des Siponcles et des Polychètes est coloré par la » boue rouge ».

1991, Ifremer n° DEL/CCM 91-06 auteur Pagano etc. en septembre : « Ce document fait le point sur les résultats d’expérience des spermio et embryo-toxicité induites sur les gamètes d’oursins par des différentes dilutions d’effluents de Pechiney. Ces résultats montrent que cet effluent n’est pas neutre. L’ensemble d’expérience qui ont été conduites aussi bien sur l’effluent total, le surnageant, la fraction lourde et la fraction légère, montrent que c’est cette dernière qui est à l’origine des malformations. »

1992, étude d’impact, rapport DEL/CCM 92/03 Direction de l’environnement et de l’aménagement littoral, effets biologiques induits par les sédiments marins contenant les résidus du traitement de la bauxite. Toxicité sur la fécondation et le développement de trois espèces d’oursins de mer. Conclusions :

« La présente série d’expériences a mis en évidence l’action toxique des boues de bauxite déposées et accumulées sur le fonds marin (échantillon MT 61) ou gardées dans le laboratoire (échantillons A 391, B 692 et C 792). Cette toxicité se manifeste aussi bien sur le développement larvaire que sur la fécondation, avec une bonne relation dose-réponse et ce à partir de la concentration de 0,1g/l (10 3). Le manque d’effets presque général des échantillons prélevés sur le bord du canyon (MT 27 et MT 28) peut indiquer le confinement du phénomène aux fonds soumis aux effets directs du rejet sous-marin. »

1993, expertise CREOCEAN, groupe Ifremer, un rapport tenu secret pendant près de 15 ans qui conclut :

        Un test biologique effectué sur des larves d’oursins fait état d’effets spermio et embryo-toxiques pour les effluents même à très forte dilution.

(Les boues rouges remises en suspension, particules fines s’attaquent aux larves elles aussi en suspension de la même façon que les envolements de poussières autour de l’usine et de Mange Garri).

1996, le 25 Janvier, analyse du rapport de CREOCEAN de 1993 par Y. Lancelot, (directeur de recherches au CNRS) à cause d’une clause de confidentialité, ne paraitra que 10 ans plus tard.

Les  dépôts de boues rouges stabilisés ont un effet direct localisé dans le chenal du Canyon de Cassidaigne sur au moins 60 km le long et plusieurs centaines de mètres de large. Cet effet direct est la destruction totale de la vie benthique et une diminution très nette des ressources en certains poissons et crustacés.

Le caractère « inerte » des rejets ne s’applique qu’à ces dépôts mais se caractère n’empêche pas leur action mécanique destructrice reconnue et généralement admise.

Les parties les plus fines qui composent les boues rouges sont facilement remises en suspension lors de phénomènes de glissement, redépôt, courants de turbidité.

Ces particules fines sont reconnues comme toxiques sur les 5 espèces d’oursins et l’espèce d’huître testées en laboratoires

Leur effet sur l’environnement naturel à court terme et à long terme, et l’extension géographique de cet effet restent une inconnue majeure inquiétante.

L’observation des remontrées occasionnelles des particules fines jusqu’en surface montre que la dispersion de ces particules toxiques dans l’environnement est bien plus étendue que celle du dépôt lui-même et qu’elle peut toucher toutes les profondeurs sur de très grandes distances.

On reste donc incapable aujourd’hui d’évaluer comment se manifestent les effets nocifs des éléments toxiques des boues rouges dans le temps et dans l’espace.

Cette nocivité peut-elle être ressentie par l’homme et à qu’elle niveau ? Aucune étude n’existe.

2001, Etude toxicologique par Giovanni Pagono etc. pour le compte de divers instituts, dossier accepté le 11/12/2001, résidus bauxite de Gardanne pollution et toxicité. Les conclusions en anglais  8 pages :

« Met en évidence la multiple contamination et toxicité des résidus par AI, Fe, Mn, Pb, et Zn (métaux lourds).

2004, le Comité scientifique de suivi de l’usine, complaisant et sous tutelle, son président le professeur Dauvin, précise il est aujourd’hui possible de conclure que les fonds marins touchés par les résidus restent :

        Diversifiés dans leurs peuplements.

        Peu perturbés par les rejets.

        Géographiquement et temporellement structurés sauf le long du chenal de la fosse ou les peuplements sont absents parce que l’écoulement est trop important. Cette structuration des fonds marins reste indépendante de la composition chimique des sédiments… Au vu des éléments disponibles (22 échantillons, 136 tests pratiqués), les experts se sont accordés sur le point de l’innocuité des résidus rejetés »

2005, Analyse de la radio activité à terre à Mange Garri, le rapport Algade est remis en cause par les rapports d’essai de la CRIIRAD de 2014.

2015, rapport d’essai de la CRIIRAD à Mange Garri n° 27990-2 et note 14-57 du 07/11/2014 et 10/12/2014.

Dans le cadre de l’étude des analyses concernant MangeGarri nous y reviendrons en détail, il faut savoir ; qu’il existe des émissions de gaz radioactifs ( radon 222 et thoron produit par la bauxaline lors de la désintégration du thorium, radium 226/224 ;

Les insuffisances méthodiques d’Algade qui se veulent rassurant, la CRIIRAD conteste les conclusions, le seuil du dixième milli Sievert ne reste pas en dessous. (norme du 25/05/2005)

L’évaluation n’intègre pas les risques liés à l’impact chimique de la bauxaline et la synergie entre impacts radiologiques et chimiques.

L’exposition à de faibles doses de radiation augmente les risques de cancers à long terme sans qu’ait pu être établie l’existence d’un seuil d’innocuité.

Des différences et comparaison décrites. (source Altéo, mes contributions sur le site)

2015/2014, Publication par le journal Hexagone des analyses, composition des déchets de Mange Garri  réalisé par le laboratoire de toxicologie de l’hôpital Lariboisière à Paris.

Confirmation de la présence de métaux lourds, annoncé lors de la demande d’autorisation ICPE.

Valeur et interprétation avec l’industriel, des différences. (détail sur le site).

Prélèvement sanguins, urine et cheveux, chez les riverains, les résultats que j’ai eu l’occasion de lire indique la présence de Thorium et Chrome ne dépassant pas les normes mais proche.

Absence d’études épidémiologique de l’ARS, malgré des pathologies avérées des riverains immédiats, résultats 4 cancers avérés.

Reportage France 5, même études par le laboratoire Analytica et CRIIRAD.

Ce que l’on retrouve à terre se confirme en mer, « la radio activité naturelle de la méditerranée est de 12 becquerelles par litre. Celles des boues rouges à la sortie du tuyau dépasse les 750 Bq/l. »

De nombreux rapports commandés par l’industriel figurent dans la bibliographie officiel un certain nombre d’autres sont restés secrets.

Par courrier du 26/01/2015, le Président de l’Ifremer informe Mme Royal de ses démarches avec Anses et évoque les résultats de mesures de contaminant chimique dans l’eau pour la zone concernée à savoir :

08/12/2014 données halieutiques – 09/12/2014 et 19/12/2014 données échantillonneurs passifs – 11/12/2014 données du programme RETROMED – 07/01/2015 de concert avec l’AERMC – 13/01/2015 expertise du modèle numérique de dispersion des rejets en mer.

Participation à la demande de l’ANSES de deux de nos experts, réunion du 10/12/2014 avec la DREAL PACA, de l’ARS et de l’exploitant.

 (Ces documents n’aurait pas été rendus publics, 4 mois avant l’industriel avait connaissance du contenu)

L’enquête publique qui devait commencer le 20/04/2015 a été retiré le 07/04/2015 pour analyses complémentaires.

Les expertises du BRGM, de l’ANSES et de l’IFREMER ont apporté pour la première fois un démenti cinglant à tous les signataires facilitateurs.

        Le BRGM, http://www.brgm.fr/sites/default/files/rp-64161-fr.pdf

Un rapport de 140 pages, aborde des solutions différentes que l’usine n’est pas en mesure de réaliser faute de temps et d’argent.

 Il est reconnu au même titre que d’autres que la technique disponible au 31/12/2015 est celle proposé par Altéo, la bonne technique pour mettre les autorités devant la politique du fait accompli faute d’alternatives.

 Depuis 20 ans on connait la date butoir, avec les filtres presse on a entretenu l’illusion de zéro rejet pour en arriver à la demande de dérogation de 2014 qui ne respecte pas la signature de l’industriel.

L’industriel n’a jamais été contraint par l’Etat, si aides publiques obligation de respecter les engagements de la Convention de Barcelone  pris par Pechiney faute de quoi aucune subvention directe ou indirecte ne serait accordée par l’Etat, ses services, les collectivités.

D’autres solutions techniques existent, renoncement au procédé Bayer, lagunage nécessitant de vaste terrain, le procédé Orbite ( dans le dossier d’enquête deux pages sont consacrés à ce sujet et classé confidentiel) est abordé, des investissements  élevés que l’entreprise ne pourrait pas supporter etc.

 

        ANSES, https://www.anses.fr/fr/search/site/boues%20rouges?iso1=fr&iso2=en

Souligne l’impact potentiel sur la santé humaine et un manque de précisions dans les études remises par Altéo.

(Cet organisme est chargé de la campagne d’analyses complémentaires après le retrait de l’enquête.)

 

 

IFREMER.

      http://archimer.ifremer.fr/doc/00260/37099/35615.pdf

Cet institut ne possède pas les connaissances précises du milieu.

L’étude se borne au mercure et l’arsenic, elle conclue :

Mercure, les effluents participent indirectement à la contamination de la chaine trophique en proportion de leurs apports de mercure organique dans la zone de rejet, puisque ce mercure est le PRECURSEUR du mercure organique.

Arsenic, une valeur guide environnemental est en cours et devrait paraitre en 2015. La toxicité de l’arsenic à sa forme chimique, entraine des effets sur la production primaire.

L’arsenic n’étant pas considéré comme une substance particulièrement toxique, celle-ci ne fait l’objet de surveillance au niveau (ROCCH).

 Reste à souligner que peu de données de mesures de contaminants sont disponibles sur la zone de rejet d’Altéo, aussi nous recommandons l’acquisition de connaissances ou données complémentaires.

Consulter, les contributions détaillées pour chacune des expertises ainsi que les rapports officiels.

 

Le phénomène d’UPWELLING. (source Cassis, vert et bleu)

La courantologie de cette zone est bien connu et sera décrite par le député Garcin, remonté des mines immergées en 1946 à La Ciotat.

Les études de M. Bourcier en 1973 et 1976 confirment, il s’agit :

En plus des mouvements de la mer, le courant Ligure et le vent violent venant de la terre vers le large par mistral soit plus 140 jours par an, on constate que très rapidement la température de l’eau peut chuter de 10 °.

Les eaux chaudes de surface sont chassées vers le large tandis que les eaux profondes plus froides de l’ordre de 10 à 13 degrés remontent sur le plateau continental.

Du point de vue biologique et écologique, ce phénomène a une importance capitale pour toute la vie sous-marine proche des côtes.

Ces remontées d’eau profonde apportent vers la surface des sels minéraux et donc des éléments nutritifs indispensables à la chaine alimentaire allant du phytoplancton au poisson et finalement à l’homme.

Dans le cas des boues rouges de la fosse sous-marine de Cassidaigne ce ne sont plus des éléments nutritifs qui remontent mais des boues rouges que l’on peut même observer en surface dans certaines conditions météo.

 

 

 

UNE ZONE DE SISMICITE AVEREE.

Les études menées pour la demande de forage en mer au large de Marseille et le projet Abyssea,  décrivent de fort mouvement potentiel de terrain pouvant mettre en mouvement et en suspension la masse des résidus immergés soit 30 millions de tonnes, le risque serait un tsunami.

 

LE CONSEIL SCIENTIFIQUE PARC DES CALANQUES.

Avis du 07/07/2014. Le groupe de travail a été invité par le Préfet à participer aux réunions du groupe de pilotage mis en place en 2011.

Mission, effectuer une analyse critique et constructive des études réalisées par Altéo. Evaluer les données et les simulations fournies par Altéo :

        1/L’analyse prospective des solutions au rejet en mer.

        2/Le respect des conditions de rejet fixées par le décret de création du Parc, de la charte.

        3/Les impacts potentiels sur le milieu marin du cœur du Parc de la nouvelle composition du rejet, telle qu’elle est prévue par l’industriel.

Le groupe de travail a relevé des incohérences et insuffisances dans certaines données ou modalités concrètes de mise en œuvre du protocole d’étude. Les dossiers sont suffisants pour émettre un avis.

 Il s’agit d’une position par défaut, qui prend en compte la seule option présentée par l’exploitant.

Il aurait dû être centré sur les enjeux environnementaux et sanitaires plutôt que sur le coût d’investissement et de fonctionnement plus élevé qui résulterait d’un choix alternatif au rejet direct en mer.

La composition de cet éventuel rejet futur reste hypothétique, elle ne peut être connue et mesurée précisément, toutes les informations inhérentes au rejet futur provenant d’échantillons reconstitués artificiellement à partir de l’effluent actuel.

Leur supposée « stabilité » chimique avancée par Altéo n’est donc pas démontrée et demande des études complémentaires, en vue de quantifier l’effet piège.

Tableau des paramètres, au-delà des demandes de dérogations pour 5 paramètres, il existe 4 autres paramètres à effet cancérigène, poissons.

On passe d’un apport solide, lourd et rouge sous l’effet duquel le compartiment benthique subit l’impact majeur, à un apport à faible charge en particules, léger et incolore, qui va essentiellement au niveau du compartiment pélagique (colonne d’eau).

Le rejet futur risque, par l’ensemble de ses propriétés phyco chimiques (moindre densité) et de ses composantes dissoutes, d’impacter à plus grande échelle l’écosystème pélagique et éventuellement, sous certaines conditions météo-marines, la bande litorale.

Il est important de vérifier ce point par le biais d’observations in situ et d’une modélisation robuste prenant en compte des scénarios météo marins caractérisant le secteur.

Manque d’éléments qui permettent de mettre en exergue l’influence des dépôts des résidus de bauxite.

Les dépôts freineraient ou bloqueraient le recrutement de jeunes pousses ou le renouvellement des populations (perturbation de la nutrition et nécroses possibles, altérations du recrutement de jeunes colonies).

Une forte amélioration de la situation est attendue avec la réduction drastique des apports solides. (Marc de café)

Altéo conclu au final le futur rejet ne remettra pas en cause le maintien du bon état chimique de la masse d’eau.

Sauf que les mécanismes de piégeage, formation de précités sont tirés de la littérature (cf usines d’alumine australiennes) et d’expérience en laboratoire (ECOMERS) sur des échantillons reconstitués (40 à 100 ml), ce qui parait excessivement faible.

Les difficultés rencontrées et reconnues par Altéo dans les analyses physico-chimiques.

La stabilité des précités ne sont pas suffisamment démontrés et nécessitent des études complémentaires.

Les résultats fournis montrent que des éléments comme l’aluminium, le molybdène, le vanadium, le chrome total et l’arsenic restent dans la phase dissoute du futur effluent.

Insuffisance de la modélisation, des conclusions théoriques, les tests ne permettent pas de se prononcer sur une toxicité chronique à long terme.

L’avis favorable aux rejets en mer a été accordé par le Conseil d’administration du Parc en Septembre 2014.

UN PEU D’HISTOIRE.

La mobilisation des populations de La Ciotat/Cassis de 1963/1966.

Edmond Garcin, maire d’Aubagne et rapporteur de la première Loi « Régime des eaux et protection contre la pollution »  date du 16/12/1964 ce qui permettra la création des agences de l’eau il qualifiera à juste titre     le projet de Pechiney d’insensé.

Lanceur d’alertes, connaissances et anticipation, l’actualité. Le concept de l’économie dite circulaire était né ou tout simplement la sagesse.

http://archives.assemblee-nationale.fr/2/cri/1963-1964-ordinaire1/010.pdf

 J.O. du 17/10/1963. Débats Assemblée Nationale séance du 16/10/1963.

  • Les décrets et Lois réglementant la pollution n’ont presque jamais été appliqués et les Préfets ont autorisés les établissements industriels dangereux et insalubres à déverser leur poison.

  • Au stade actuel il est permis à d’importantes sociétés telles que Pechiney d’orienter leurs études vers la pollution des eaux de mer alors que la solution doit être au contraire, sauvegarder ces eaux, protéger l’intérêt national et créer d’autres richesses grâce à la naissance de nouvelles industries sidérurgiques et de sous-produits provenant du traitement des boues résiduaires au lieu de jeter simplement ces dernières à la mer. (il y a 52 ans)

  • J’ai traité cette question à la page 8 de mon rapport écrit à propos des « boues rouges » résidu industriel du traitement chimique de la bauxite, que Pechiney veut déverser en Méditerranée mer traversée par des courants très violents.

  • Nous ne devons pas permettre que la mer avec toutes ses activités professionnelles qu’elle a fait naître, pêche et industries annexes, tourisme, hôtellerie, avec des sites remarquables pour le loisir des travailleurs, considérant la réserve alimentaire qu’elle contient, le milieu de protection qu’elle constitue.

  • Que la mer ne devienne pas un réceptacle, un grand lieu de déversement de déchets industriels.

Enfin, comme il est malheureusement impossible d’interdire brutalement tout déversement nocif sans freiner considérablement le développement industriel en cours, il faut impérativement soumettre à redevance les déversements d’eaux usées afin que soit couvert par chaque pollueur le préjudice qu’il cause à l’économie générale.

http://archives.assemblee-nationale.fr/2/cri/1964-1965-ordinaire1/008.pdf

J.O du 14/10/1964. Débat Assemblée Nationale séance du 13/10/1964 :

        - Rappel présentation étude du 16/10/1963, relatif à l’important problème de la lutte contre la pollution.

        - Je vous rappelle que l’opposition de nos populations est unanime. J’ai déjà justifié cette opposition.

        - J’ajouterai un argument, au mois de mai 1946 on a procédé au déminage de la plage de La Ciotat. Les mines ont été immergées dans la fameuse fosse de Cassidaigne ou la société Pechiney veut déverser ses boues. Ces mines apparurent de nouveaux sur la plage de La Ciotat quelques temps après. Ainsi que le conclu le rapport que j’ai sous les yeux « après le mauvais temps, les mines ont été rejetés à la côte en dépit de leur immersion profonde »

Le ministre des travaux publics et des transports précise :

  • Nous sommes tellement conscients de sa gravité que nous avons tous mis en œuvre pour obtenir une information aussi exacte que possible. D’ailleurs nous avons posé un problème à la société intéressée qui comptait sur les installations projetées pour son expansion industrielle dans la région provençale car nous avons fait différer l’exécution de ses projets qui sont toujours en suspens.

  • Nous avons tenue jusqu’au bout la promesse  que nous vous avions faite. Nous avons créé une commission dont personne ne pourra suspecter la totale honnêteté intellectuelle et la totale impartialité.

  • Je précise pour l’information de l’Assemblée et pour que ces indications figurent au compte rendu, que cette commission est composée de M Gougenheim, membre de l’institut et ingénieur hydrographe du cadre de réserve et qui assumera la présidence, de M. Chedin, etc..

  • Une enquête publique « commodo incommodo » est prévue.

  • Il précise, les objectifs de la mission, aucune décision ne sera prise avant de connaître les résultats très précis de son enquête.

     

LES SCIENTIFIQUES :

L’utilisation des élites scientifiques, fâchées avec la gestion au quotidien et pour certain avec l’éthique, déclarerons les déchets « inertes » !!!

Ce sont d’abord des cerveaux qui méprisent le risque, privilégie la réussite de leur carrière y compris financière, des serviteurs zélés et efficaces d’entreprises dont ils ignorent ou ne veulent pas connaitre les finalités.

Pour la première fois, les  analyses de fin 2014 et 2015 du BRGM – ANSES – IFREMER apportent un démenti cinglant à leurs prétentions.

 Une masse énorme de documentation, rapports, expertises traite du phénomène « Boues Rouges » mais aucun ne se prononce  sur les conséquences toxiques des métaux lourds sur la santé humaine.

Eléments  que l’on retrouve chez les riverains près de la décharge de Mangegarri, exposition chronique, même à faible dose, métaux lourds, radioactivité.

Malgré des demandes d’études, le lien entre pathologies et toxicité des déchets n’est toujours pas mis en œuvre après un siècle de dépôt.

De plus, aucune étude épidémiologique n’a été mise en œuvre afin de recenser les conséquences sur l’humain dans l’ensemble du secteur.

 

« La science asservie » de Annie Thébaud – Mony, :

« Les politiques convoquent la science afin d’énoncer des vérités indiscutables.

Un climat de suspicion s’est installé suite à de nombreux scandales, qui croire ? Que nous cache-t-on ? A qui profite la science ?

De nombreux chercheurs ont participé à un processus de confiscation de la science au service des intérêts privés de grands groupes industriels, souvent avec la complicité active de l’Etat.

Contribution à instaurer l’hégémonie d’une « stratégie du doute » quant aux risques industriels et à leurs conséquences

Elle dénonce avec force le cynisme et l’impunité de ceux qui délibérément ont choisi la mort des autres pour leur plus grand profit.

Réquisitoire implacable, qui invite à résister ç l’imposture scientifique et à mettre en synergie, en matière de santé publique, savoirs scientifiques et savoirs citoyens. »      

Le microcosme scientifique de la station d’Endoume ne doit pas être le support à des études nouvelles on les retrouve dans toutes les décisions en faveur d’Altéo, le manque d’indépendance semble patent.

Exemple, l’inventaire ZNIEFF :

Sèche de Cassidaigne. Rubrique facteurs anthropiques et naturel influençant l’évolution de la zone. « Matériaux inertes »

Tête canyon de la Cassidaigne. Rubrique facteurs influençant l’évolution de la zone. Rejets de substances polluantes dans les eaux REEL.

Rédactrice, la même scientifique intervenant au Comité du Parc celle qui a plaidé pour un vote favorable « par défaut faute d’éléments ».

La lecture de l’un avis ci-dessus qui est très critique sur le dossier présenté d’Altéo laisse pour le moins perplexe.

Le site « délits d’images « n’ira pas par quatre chemin dans son titre.

http://www.delitdimages.org/combien-paye-alteo-polluer-mediterrannee/

On peut comprendre que la recherche de budgets soit une priorité mais pas au prix de renoncement intellectuel, ne pas déplaire à l’industriel, des relations de proximité avérées empoisonnent les parties.

Après 50 ans de rejets en mer, un siècle de stockage à terre encore rudimentaire et dangereux, face à l’urgence écologique il est impératif de prendre des décisions.

Le lobbying de l’industriel est intense, une communication permanente sans limite refusant la vérité, les relais dans l’appareil d’Etat aux ordres et réciproquement. Les collectivités locales, les élus en panne d’une véritable mobilisation pour la réalisation d’études indépendantes sur leur territoire. 

La défense de l’emploi certes, la délocalisation de l’usine en France un moindre mal mais probablement en Asie (réseau commercial Altéo) ou tourné vers les pays à bas coût comme la Guinée, les concurrents chinois ou russes, mondialisation aidant y sont déjà très présent.

 Pourrons-nous y échapper ?

Pour être exemplaire, la France, se doit de prendre une décision avant la Conférence de Paris du 21 décembre 2015 à savoir :

En l’état des connaissances, interdire tous rejets en mer aussi bien liquides que solides, Pechiney s’y était engagé en 1995.

Procéder à des analyses indépendantes lors du stockage des résidus à terre, pathologie des riverains, établir le lien potentiel toxicologique, les particules fines et ultra fines, la radioactivité, les conséquences sur la santé humaine, des éléments indiscutables qui devront s’imposer à tous.

 

 

Michel Mazzoleni                                   Simiane le 25/05/2015.

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