Un cercle vicieux s’est instauré dans les médias : pour faire de l’audience certains médias n’hésitent pas à inviter fréquemment ce sinistre écrivaillon, voire même à lui confier une émission quotidienne (cf. Cnews). Du coup, à chaque dérapage, les autres médias dénoncent cette situation scandaleuse et l’omniprésence du bonhomme ; mais, ce faisant, ils renforcent le phénomène et l’incitation au dérapage, puisque le dérapage renforce la célébrité. Une sorte de syndrome « Kardashian » (famille célèbre parce que …ils sont célèbres), mais dans le « people » c’est plutôt amusant, pas dans le discours politique le plus nauséabond.
Est-on certain qu’on ne peut rien y faire ? Il se trouve que les médias à l’éthique faiblarde pour ne pas dire inexistante qui lui ont accordé un rond de serviette ne s’intéressent qu’à la sacro-sainte audience. Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils vivent de la pub, que le prix de la minute est proportionnel à cette audience. Alors je propose une chose : qu’un collectif de citoyens se coordonne pour regarder systématiquement (mais à tour de rôle, restons humains !) son émission vedette. Non pas pour surveiller ses dérapages (on peut couper le son), mais simplement pour chronométrer les spots de pub dans et autour de son émission. Ensuite, une fois par semaine (ou par mois) on publie les scores : la fromagerie Truc cumule 7 minutes et 20 secondes, la marque de voiture Machin : 5’ 30’’ …… A votre avis, combien de temps faudra-t-il pour que les fromages Truc ou le constructeur automobile Machin décident de ne plus confier de pub dans et autour de l’émission de Zemmour ? Ils feront vite leur calcul : il vaut mieux perdre leur part de marché chez les 130 000 fans de Zemmour que perdre ne serait qu’une minuscule partie de leur part de marché sur 40 millions de citoyens ! D’accord, il restera les pubs pour Valeurs actuelles ou celles de l’éditeur du dernier livre de Marine Le Pen ou Renaud Camus. Mais là, on sait à quoi s’en tenir quand on achète !
Alors on se coordonne ? Mais, par pitié, ne commençons pas en se déchirant : « Avant Zemmour, je pense qu’il faut que ce soit Duschmoll ! Non, moi je veux que ce soit Schmolldu ! … » Si la méthode se révèle efficace pour Zemmour, ça ira très vite pour les autres.