En finir avec l'impunité médiatique des hauts fonctionnaires

Pourquoi les médias persistent-ils à ne donner que le titre (ronflant) : préfet de Sambre et Meuse, procureur de Trifouilly, ... des hauts fonctionnaires qui dérapent et jamais leur état-civil ? Ils ne se privent pas de le faire pour toutes les autres citoyens.

En finir avec l’impunité médiatique des « hauts » fonctionnaires

 

Ce billet s’adresse à la rédaction de Mediapart et à ses lecteurs, pour qu’ils exercent une pression forte sur cette dernière.

L’article de ce jour  - fort probant par ailleurs : Pascale Pascariello (*)  y rappelle notamment les décisions systématiques de classement par le procureur, à l’inverse des enquêtes de la police et de l’inspection du travail-  a été « la goutte d’eau ». J’avais écrit, dans deux commentaires successifs il y a plusieurs mois, que j’avais ras-le-bol de l’impunité journalistique des « hauts » fonctionnaires. C’était à propos de deux préfets pratiquant une politique indigne et parfois illégale à l’égard des migrants et des associations qui les aident (Mr  Michel Lalande préfet du Nord puis Mr Georges-François Leclerc préfet des Alpes maritimes) ; leur titre était cité à longueur d’articles critiques mais jamais leur nom.

J’écrivais  « Quand dans 5 ans ce monsieur  pourrait être nommé "secrétaire d'état à la résorption de la grande précarité", parmi les kilomètres d'hommages larmoyants, quelques journalistes sérieux (si, si, il en restera) pourront retrouver rapidement cette vilaine tache sur son CV. » Mais pour ce faire il faut que le nom soit cité et pas seulement la fonction. S’il  (le nom du fonctionnaire) apparaît seulement au fin fond des commentaires, par un lecteur qui a cherché sur Internet,  c’est inutile et surtout inefficace !

Mesdames, messieurs les journalistes, je ne suis pas juriste pointu, mais si l’article est bien fait, factuel (ce qui est la quasi-totalité sur Mediapart) je ne vois pas ce qui  vous interdit de préciser l’état-civil du fonctionnaire dont la pratique sur tel dossier vous paraît indigne. A moins d’un point spécifique du droit de la presse : dans ce cas merci de l’expliquer à vos lecteurs !

Pourquoi une différence de traitement médiatique entre un haut fonctionnaire et tout autre citoyen, qu’il soit politicien,  vedette de cinéma,  dir-com ou DRH d’une entreprise, … ?

 

(*) : Accidents du travail : Arcelor-Mittal pressure ses victimes

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.