Photographies « De terreur et de larmes » de Michaël Zumstein

Au couvent des Minimes de Perpignan, jusqu’au 15 septembre 2014, il faut voir l’exposition de Michaël Zumstein de l’agence Vu. Des photographies qui privilégient l’ambiance d’un état en décomposition plutôt que le choc du sang en plein écran.

Bangui, 24 January 2014 Romain Fiongaye came at the community hospital with his friend Fionboy © Michael AUmstein / Vu Bangui, 24 January 2014 Romain Fiongaye came at the community hospital with his friend Fionboy © Michael AUmstein / Vu

Au couvent des Minimes de Perpignan, jusqu’au 15 septembre 2014, il faut voir l’exposition de Michaël Zumstein de l’agence Vu. Des photographies qui privilégient l’ambiance d’un état en décomposition plutôt que le choc du sang en plein écran.

Cette année, Visa pour l’image présente pas moins de trois expositions sur les évènements qui bouleversent tragiquement la vie des centrafricains.

Entre les  milices anti-balaka  et les ex-rebelles de la Séléka s’est ouvert un odieux concours aux exactions les plus barbares.  Les raisons du calvaire de la Centrafrique sont complexes et profondes. Michaël Zumstein s’intéresse à tous les aspects de cette histoire. Après ce festival de photojournalisme, il va repartir pour un 7ème séjour en Centrafrique.

Pour cette exposition « J’ai fait un premier choix de 120 photos, que j’ai resserré à 80 avec Patrick Codomier, le directeur de l’agence Vu, pour le présenter à Jean-François Leroy. » raconte le photographe. « On s’est posé ensuite la question de savoir ce que nous allions montrer, surtout que Jean-François souhaitait que je participe à la semaine avec les scolaires… ».

République centrafricaine, 15 décembre 2013. Des hommes du « Mouvement de révolte des forces armées centrafricaines pour le peup © Michaël Zumstein / Agence VU pour Le Monde République centrafricaine, 15 décembre 2013. Des hommes du « Mouvement de révolte des forces armées centrafricaines pour le peup © Michaël Zumstein / Agence VU pour Le Monde

 © Michaël Zumstein / Agence VU pour Le Monde © Michaël Zumstein / Agence VU pour Le Monde

« Finalement on a construit le reportage en donnant une ambiance de violence, de tension, plutôt que d’ultra violence et de sang. On voit quelques cadavres dans l’exposition mais je les montre à quelque distance. » De fait, la violence est bien présente dans les images de Michaël Zumstein mais plus évoquée que montrée frontalement. Elle n’en est pas moins choquante. Les images ne perdent pas de sens, en baignant moins dans le  sang.

Toutes les photographies exposées,  Michael Zumstein les a faites en commande pour le quotidien Le Monde pour lequel il travaille depuis plusieurs années. « J’en suis très fier » précise-t-il.

Une ambiance de violence, de tension, plutôt que d’ultra violence et de sang…

Michael Zumstein à Visa pour l'image 2014 © Geneviève Delalot Michael Zumstein à Visa pour l'image 2014 © Geneviève Delalot

 

Sa mission ? Photographier l’évènement, parfois seul, parfois en compagnie de l’envoyé spécial du journal.  Sur les centaines de photos qu’il lui arrive parfois de prendre  en une journée, il n’en sélectionne, dans un premier temps, que 40 ou 50, puis une quinzaine qu’il expédie par Internet à la rédaction, que ces images  soient ou non en relation avec le propos du journaliste texte. Il a sa propre vision.

Visa pour l’image est, pour partie, à l’origine de la carrière de Michaël Zumstein. A 19 ans,  jeune homme, il fait un stage de voile. Le  vent si particulier dans la région, lui joue des tours… Un peu lassé de la météo,  il assiste à la première édition de Visa pour l’image !

« Ce n’est pas le seul déclencheur mais Visa a beaucoup compté », confie-t-il, dans sa décision de suivre les cours de la prestigieuse école de photographie suisse de Vevey.

« Je sors de l’école à 24 ans, révolté par la pédagogie des années 90. Beaucoup de technique. On apprenait les différentes couches de pellicules, le studio etc. Et j’avais envie de changer le monde avec mes photographies.  La première chose que j’ai faite en sortant de l’école c’est de prendre un billet d’avion et de partir pour un long voyage initiatique à travers l’Afrique. »

L’Afrique déjà ! Il ne va pas cesser par la suite de l’arpenter, d’abord à l’ouest, puis du nord au sud, et ce pendant plus de quinze ans. « Pourtant, quand les évènements de Centrafrique ont commencé, j’ai réalisé que je connaissais tous les pays autour, mais pas la Centrafrique ! »  Il s’est bien rattrapé depuis, et il n’a pas fini d’ausculter cette République en perdition.

Michel Puech

 © Geneviève Delalot © Geneviève Delalot

 

Eccoutez l‘intégralité de l’interview de Michael Zumstein

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Liens
Site personnel de Michael Zumstein
Site de l’agence Vu

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« A l’œil » s'intéresse essentiellement au photojournalisme, à la photographie comme au journalisme, et à la presse en général. Il est tenu par Michel Puech, journaliste honoraire (carte de presse n°29349) avec la collaboration de Geneviève Delalot, et celle de nombreux photographes, journalistes, iconographes et documentalistes. Qu'ils soient ici tous remerciés. Tous les textes et toutes les photographies ou illustrations sont soumis à la législation française, en particulier, pour les droits d'auteur. Aucune reproduction même partielle n'est autorisée hormis le droit de citation.

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