Témoignage sur la vie des harkis

La Ville de La Londe-les-Maures, en collaboration avec Michel Puech, propose une exposition exceptionnelle sur le hameau forestier de La Londe-les-Maures. A travers de nombreuses photos et témoignages, cette exposition propose un retour sur l'histoire de ce camp de Harkis où vécurent pendant de longues années les familles harkis rapatriées d'Algérie en 1962.

Hameau forestier de La Londe-les-Maures © Jean Puech / Fotolib Hameau forestier de La Londe-les-Maures © Jean Puech / Fotolib

La Ville de La Londe-les-Maures, en collaboration avec Michel Puech, propose une exposition exceptionnelle sur le hameau forestier de La Londe-les-Maures. A travers de nombreuses photos et témoignages, cette exposition propose un retour sur l'histoire de ce camp de Harkis où vécurent pendant de longues années les familles harkis rapatriées d'Algérie en 1962.



A la suite du décès de mon père, Jean Puech, en juin 2007, je décidais de diffuser, sur Internet quelques unes de ses photographies. Plus particulièrement celles réalisées lors de reportages effectués pour le compte de l’agence de presse Fotolib, dont j’étais directeur général et l’un des co-fondateurs.

 

L’agence Fotolib, une coopérative ouvrière de production (1973-1978) fut la première agence en partenariat étroit avec le quotidien Libération représenté au conseil d’administration par Serge July.

L’un de ces reportages concernait le camp de harkis (hameau forestier) de La Londe-les-Maures (Var) où il eut l’opportunité d’entrer, grâce à une autorisation de la mairie, car l’accès du camp était fermé au public. Mon père, à l’époque, était grossiste en confiserie et vendait des bonbons à un point d’alimentation situé dans le camp.

 

 © Jean Puech © Jean Puech

Je me souviens parfaitement qu’il était absolument scandalisé par le sort fait aux harkis par les autorités françaises. Il fit d’ailleurs d’autres  photographies près du camp de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Peu avant sa mort, alors qu’il me confiait que cette période de reportages pour Libération avait été l’un des meilleurs moments de sa vie, il me dit encore sa honte de citoyen français face à l’injustice faite à ces familles.

Quelque temps plus tard, quel ne fut pas mon étonnement de recevoir plusieurs appels téléphoniques ou courriels témoignant de l’émotion de personnes figurant sur les photographies, ou  de parents ou d’amis.

« Les réactions de joie et parfois de nostalgie, même douloureuse, il faut l'avouer, ont été nombreuses et certains comme moi ont pu en témoigner, sans une certaine émotion » m’écrit Boukmis Brahim Bounab, frère de Salah Brahim Bounab, conseiller municipal à La Londe-Les- Maures.

Il précise : « Nous travaillons, avec un collectif de filles et fils de Harkis (pour certains ayant vécu dans des camps, de tout bord et bénévoles) à une exposition retraçant la vie et le passage de la communauté Harkie à La Londe-Les-Maures. Nous serions honorer et intéresser par votre collaboration, dans le cadre de cette semaine de mémoire, en vous confiant le conseil et la charge de l’exposition de cette collection photos consacrée à la vie dans le camp.

Cette manifestation proposera, outre cette exposition photos que nous souhaitons de tout cœur, des interventions de personnalités expertes ou spécialistes (universitaires, historiens, psychologues, autorités militaires et d’autres acteurs de la vie civile).  Je précise tout de même que nous nous attacherons à ce que cette semaine de mémoire n'ait aucune connotation politique ou partisane afin d'en assurer son succès et d'attirer le plus grand nombre. »

L'exposition sera ouverte ce samedi 10 mars jusqu'au mardi 13 mars 2012.

Michel Puech

Voir également sur le camps de l'Ardoise et la lutte des jeunes harkis sur Mediapart le billet de Pascal Convert


Infos pratiques :
Exposition : entrée libre du samedi 10 au mardi 13 mars,
de 9h à 13h et de 14h à 17h et le samedi de 11h à 17h, à la Salle “Le Chêne et l’Olivier 2”.

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« A l’œil » s'intéresse essentiellement au photojournalisme, à la photographie comme au journalisme, et à la presse en général. Il est tenu par Michel Puech, journaliste honoraire (carte de presse n°29349) avec la collaboration de Geneviève Delalot, et celle de nombreux photographes, journalistes, iconographes et documentalistes. Qu'ils soient ici tous remerciés. Tous les textes et toutes les photographies ou illustrations sont soumis à la législation française, en particulier, pour les droits d'auteur. Aucune reproduction même partielle n'est autorisée hormis le droit de citation.

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