Selon Oscar Batres, de l'AFP, « la police du Salvador a arrêté mercredi cinq suspects, dont un policier » dans l'affaire du meurtre de Christian Poveda, photojournaliste et documentariste abattu le 2 septembre dernier dans la banlieue de San Salvador. Pour Michel Peyrard, envoyé spécial de Paris Match, le journaliste a été victime d'un "piège".
C'est la seconde fois, que la Police de San Salvador annonce l'arrestation de suspects. Jeudi dernier, soit peu de temps après l'exécution de Christian Poveda, l'agence Associated Press (AP) avait relayé les propos de la Police avant d'annoncer la remise en liberté du suspect.Cette fois, selon la dépêche de l'AFP (que l'on peut lire en entier en ligne) un policier proche du gang de la « Mara 18 », sujet du film et des photographies du reporter, aurait fait courir le bruit auprès des membres de ce gang, que le journaliste informait la police. Ceci a été démenti par le chef de la Police locale.
Dans cette hypothèse, à ce stade de l'enquête, « l'ordre de tuer Christian Poveda a été donné par un membre du même gang, Nelson Lazo Rivera, depuis sa prison de Cojutepeque »... Selon son ami Alain Mingan, et l'agence VU' qui commercialise ses photos, Christian Poveda disposait des numéros de téléphone des chefs du gang emprisonnés. L'an dernier à « Visa pour l'image » il m'avait déjà fait part de cette information.
Mais, selon Michel Peyrard qui publie ce jeudi 10 septembre, un émouvant article dans Paris Match, Christian Poveda serait tombé dans le piège tendu par "des fous furieux", nouveaux "patrons" du gang de la "Mara 18" qui lui réclamait de l'argent. Les chefs avec lesquels il avait passé des accords pour touner son film "La vida loca" sont en prison. De plus jeunes et plus radicaux seraient aux commandes et aurait réclamé une rente sur la diffusion du film. Ils avaient déja exigé des royalties auprès des revendeurs de CD piratés dont le prix était passé de ce fait de 1 à 5 dollars.
Christian Poveda, est l'auteur d'un documentaire « La vida loca » (La vie folle) qui va sortir le 30 septembre prochain dans 130 salles françaises. Par ailleurs « Envoyé spécial » l'émission de reportage de France 2 annonce la diffusion le jeudi 1er octobre d'une enquête de Frédéric Faux, journaliste correspondant en Amérique centrale depuis de longues années.
Selon l'Agence France Presse, de source proche de la famille, Christian Poveda aurait été incinéré dans la plus stricte intimité, mardi 8 septembre à San Salvador. Hier soir, mercredi 9 septembre, une messe a rassemblé ses amis et des représentants du gouvernement du Salvador. Ses cendres seront partagées entre le Salvador, le pays qu'il aimait tant; et Alicante d'ou est originaire sa famille.
Un hommage devrait avoir lieu, prochainement, à Paris; peut-être lors de la sortie en salle de « La vida loca ».
Paris le 10 septembre 2009 Tous droits réservés pour le texte et les photographies. La reproduction intégrale sur tous supports est formellement interdite
Lire mon précédent billet sur le sujet
Toutes les photograhies de Christian Poveda à Visa pour l'image 2008
Pour aller plus loin:
La page de Christian Poveda sur Facebook
Photographie.com à rencontré Christian Poveda
OC TV.net, une interview vidéo réalisée en 2008 à Perpignan
"Envoyé special" l'émission de France 2 présentera : "Christian Poveda, le chemin de la vérité" jeudi 1er octobre 2009
Paris Match rend hommage sur 6 pages à Christian Poveda dans son numéro 3147 du jeudi 10 septembre avec un très beau "papier" de Michel Peyrard./
Le 30 septembre dans 130 salles de cinéma
"LA VIDA LOCA", 1h30mn. Documentaire
Étude d'un phénomène de violence importé des Etats-Unis. En Amérique Centrale, on les appelle les maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur, entre autres à El Salvador.
Et a propos de "Visa pour l'image":
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