André Glucksmann, de Mao à Sarko

André Glucksmann, né à Boulogne Billancourt le 19 juin 1937, est décédé dans la nuit du 9 au 10 novembre 2015 à Paris. Souvenirs des années 70′.

Paris, 27 nov. 1971- Manifestation après la réunion du Comité Djellali et du Secours rouge à la Goutte- d’Or (Paris) © Gérard-Aimé / Gamma-Rapho Paris, 27 nov. 1971- Manifestation après la réunion du Comité Djellali et du Secours rouge à la Goutte- d’Or (Paris) © Gérard-Aimé / Gamma-Rapho

André Glucksmann, né à Boulogne Billancourt le 19 juin 1937, est décédé dans la nuit du 9 au 10 novembre 2015 à Paris. Souvenirs des années 70′.

« Maoïste », le qualificatif m’amuse toujours aujourd’hui dans la bouche de mes jeunes confrères.

« Maoïste » André Glucksmann l’a été. Il a été l’un des éminents membres du comité de grosses têtes qui dirigeait la Gauche Prolétarienne. La « GP » dirigée par Benny Levy (alias Pierre Victor) fut un groupuscule d’extrême gauche qui de 1968 à 1974 a agité la société française.

« On a raison de séquestrer les patrons ! » fut un des slogans à la mode à l’époque et qui donna lieu à de nombreuses grèves, occupations d’usines et agitations diverses jusqu’à ce qu’un vigile de l’usine Renault tue Pierre Overney, un militant d « maoïste  ». (voir notre article)

C’est en 1971 que j’ai rencontré André Glucksmann, Glucks comme nous l’appelions. Il n’était pas encore un nom de l’intelligentsia française, mais il siégeait au comité de rédaction d’un nouveau journal baptisé pompeusement « J’accuse ».

Cette éphémère publication (6 numéros) avait un comité de rédaction étonnant. Outre Jean-Paul Sartre, Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Barou, Blandine Jeanson, Christian Jambet, Eliane et Michel Le Bris, Michelle Manceaux, Katia D. Kaupp et d’autres « camarades »  que j’oublie, qu’ils me le pardonnent.

Une belle brochette de beaux cerveaux totalement hypnotisés par un dirigeant « stalinien » mythique, Pierre Victor, qui devait mourir à Jérusalem en expert d’écrits religieux !

« On a raison de se révolter ! »

Un souvenir que je garde de cette période ? Entre cent « manifs », la plus étonnante : André Glucksmann devant les portes des prisons de Toul, de Nancy clamant son (notre) soutien aux prisonniers de droit commun en révolte !

Les mêmes, ou presque, auxquels s’étaient joints Michel Foucault, Daniel Deferre et Claude Mauriac, passèrent même le 24 décembre 1972, une partie du réveillon à hurler des slogans de soutien aux prisonniers de la Santé à Paris !

Une époque, où je n’aurais jamais imaginé, un jour de campagne éléctorale, découvrir  le camarade Glucks venu soutenir Sarkozy dénonçant les méfaits de mai 68 !

MP

PS: ce billet pour attirer votre attention sur la collection de photographies de Gérard-Aimé, brillant chroniqueur de ces années.

Site de Gérard-Aimé : http://gerard-aime.com/blog/

Photothèque de consultation : http://www.gerard-aime.com/phototheque/

Diffusion agence Gamma-Rapho : http://www.gamma-rapho.com

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