Michel Puech
Journaliste honoraire
Abonné·e de Mediapart

433 Billets

0 Édition

Billet de blog 15 juin 2016

Le conflit entre Marie-Laure de Decker et Gamma est terminé

A quelques mois du 50ème anniversaire de la création de l’agence photo Gamma, le conflit qui opposait depuis 2012, deux personnalités historiques de l’agence a pris fin, mais la réconciliation n’est pas en vue.

Michel Puech
Journaliste honoraire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Maître Thierry Levy, avocat de la célèbre photographe de l’agence GammaMarie-Laure de Decker, avait jusqu’au 4 mai 2016 pour se pourvoir en cassation contre l’arrêt du 19 février 2016 condamnant sa cliente à payer1000 € à l’agence Gamma-Rapho qui en demandait 60 000 !

Le 10 juin dernier, le directeur du greffe a signé le certificat de non pourvoi en cassation. Fin de la « guéguerre » entre les deux photographes de l’agence.

L’affaire avait débuté le 5 juin 2012. Marie-Laure de Decker attaquait Gamma-Rapho en référé pour obtenir, entre autres, la restitution de toutes ses photographies, quel qu’en soit le support, et en particulier 770 scans mentionnés par François Lochon dans un courriel. Le patron de Gamma-Rapho espérait la faire revenir à l’agence qu’elle avait quitté peu avant la faillite du Groupe Eyedea, dernier propriétaire de Gamma. (Lire nos différents articles sur le sujet)

Furieux d’être attaqué en justice par son ex-consoeur, François Lochon avait immédiatement contre-attaqué en portant plainte contre Marie-Laure de Decker pour la publication sur Facebook de scans appartenant à l’agenceGamma-Rapho.


En effet, si les photos scannées sont bien celles de la photographe, les scans ont été réalisés par le personnel de l’agence sur le matériel de l’agence. Droit de propriété oblige.

Sur le fond et en particulier sur la propriété de ces 770 scans, le tribunal s’était déclaré incompétent et avait, dans la première affaire, condamné le 4 septembre 2012 Marie-Laure de Decker à payer 5000 € de frais de justice à François Lochon.

Dans le second procès, le 19 mars 2013, le tribunal avait également condamné la photographe à payer à Gamma-Rapho 5000 €, en plus des 5000 du premier procès, puis à 1000 euros en appel….

Il paraît donc raisonnable que Marie-Laure de Decker et son conseil n’aient pas poussé le bouchon plus loin. Le droit de propriété étant solidement ancré dans le droit français, la bataille était perdue d’avance.

Tous les professionnels qui connaissent les us et coutumes, régissant les relations entre les photographes et les agences diffusant leurs images, ne comprenaient pas cette « guéguerre » qui a pourtant émotionnellement agité le microcosme du photojournalisme français.

Une pétition de soutien à la photographe a même recueilli 9000 signatures dont celles de quelques personnalités qui n’ont sans doute pas pris la peine de lire le dossier.  Il faut dire qu’autant Marie-Laure de Decker bénéficie d’une incontestable aura dans le milieu, et ce malgré son indulgence pour Hissène Habré (Lire les commentaires); autant François Lochon a le don de se faire des ennemis !

Pour autant, à l’aube du 50ème anniversaire de la création de l,agence Gamma (novembre 1966), la réconciliation n’est pas à l’ordre du jour. François Lochon a espéré trouver un accord jusqu’au moment du bouclage de l’ouvrage qui sera publié à cette occasion le 3 octobre prochain par les Editions de La Martinière.

« Elle voulait bien être dans le livre si je lui remboursais tout ce à quoi elle a été condamnée…. Ce n’est légalement pas possible ! » précise François Lochon. « Je lui ai donc proposé de diffuser ses photos sans commission d’agence jusqu’à concurrence de la somme. Mais elle a refusé… »

« J’aime beaucoup l’œuvre de Marie-Laure, mais il ne faut quand même pas se foutre de ma gueule. » conclut-il dans un grand éclat de rire.


Michel Puech

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
A Hong Kong, Pékin met les médias au pas
En moins de vingt ans, l’ancienne colonie britannique est passée de la 18e à la 80e place dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF). De nombreux journalistes partent ou s’apprêtent à le faire, tandis que d’autres ont décidé de résister.
par Alice Herait
Journal — Asie
« Une grande purge est en cours »
Le militant hongkongais Au Loong-Yu réside temporairement à Londres, alors que sa ville, région semi-autonome de la Chine, subit une vaste répression. Auteur de « Hong Kong en révolte », un ouvrage sur les mobilisations démocratiques de 2019, cet auteur marxiste est sévère avec ceux qui célèbrent le régime totalitaire de Pékin. 
par François Bougon
Journal — France
Covid long : ces patientes en quête de solutions extrêmes à l’étranger
Le désespoir des oubliées du Covid-19, ces Françaises souffrant de symptômes prolongés, les pousse à franchir la frontière pour tester des thérapies très coûteuses et hasardeuses. Dans l’impasse, Frédérique, 46 ans, a même opté pour le suicide assisté en Suisse, selon les informations de Mediapart.
par Rozenn Le Saint
Journal
Face à Mediapart : Fabien Roussel, candidat du PCF à la présidentielle
Ce soir, un invité face à la rédaction de Mediapart : Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français à la présidentielle. Et le reportage de Sarah Brethes et Nassim Gomri auprès de proches des personnes disparues lors du naufrage au large de Calais.
par à l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Ne nous trompons pas de combat
À quelques jours du scrutin du 12 décembre, il importe de rappeler quel est le véritable objet du combat indépendantiste dans notre Pays. Ce n’est pas le combat du FLNKS et des autres partis indépendantistes contre les partis loyalistes. Ce n’est même pas un combat contre la France. Non, c’est le combat d’un peuple colonisé, le peuple kanak, contre la domination coloniale de la République française qui dure depuis plus d’un siècle et demi.
par John Passa
Billet de blog
1er décembre 1984 -1er décembre 2021 : un retour en arrière
Il y a 37 ans, le drapeau Kanaky, symbole du peuple kanak et de sa lutte, était levé par Jean-Marie Tjibaou pour la première fois avec la constitution du gouvernement provisoire du FLNKS. Aujourd'hui, par l'entêtement du gouvernement français, un référendum sans le peuple premier et les indépendantistes va se tenir le 12 décembre…
par Aisdpk Kanaky
Billet de blog
Lettre ouverte du peuple kanak au peuple de France
Signé par tous les partis indépendantistes, le comité stratégique indépendantiste de non-participation, l’USTKE et le sénat coutumier, le document publié hier soir fustige le gouvernement français pour son choix de maintenir la troisième consultation au 12 décembre.
par Jean-Marc B
Billet de blog
Pourquoi ne veulent-ils pas lâcher la Kanaky - Nouvelle Calédonie ?
Dans quelques jours aura lieu, malgré la non-participation du peuple kanak, de la plupart des membres des autres communautés océaniennes et même d'une partie des caldoches. le référendum de sortie des accords de Nouméa. Autant dire que ce référendum n'a aucun sens et qu'il sera nul et non avenu.
par alaincastan