Le photojournaliste Rémi Ochlik tué à Homs (Syrie)

Rémi Ochlik de l’agence photo  IP3 et Marie Colvin du Sunday Times, deux journalistes sont morts dans la nuit du mercredi 22 février à Baba Amro, quartier de Homs, dans l’exercice de leur métier.  Il y a de nombreux autres morts et blessés dans cette attaque du centre de presse dont William Daniels (Panos) et Edith Bouvier (Figaro).

Remi Ochlick à la remise du Prix Jean-Louis Calderon © Genevieve Delalot / Bureau 233 Remi Ochlick à la remise du Prix Jean-Louis Calderon © Genevieve Delalot / Bureau 233
Rémi Ochlik de l’agence photo  IP3 et Marie Colvin du Sunday Times, deux journalistes sont morts dans la nuit du mercredi 22 février à Baba Amro, quartier de Homs, dans l’exercice de leur métier.  Il y a de nombreux autres morts et blessés dans cette attaque du centre de presse dont William Daniels (Panos) et Edith Bouvier (Figaro).

 

Lybie © Remi Ochlik / IP3 Lybie © Remi Ochlik / IP3

 

Rémi Ochlik n’avait pas trente ans, il était né en 1983 à Thionville dans cette Lorraine qui elle aussi n’en finit pas de souffrir.
J’ai connu Rémi à la suite du meurtre par la police tunisienne de cet autre jeune photographe qu’était Lucas Dolega. C’était au Père-Lachaise, il y avait une bande de jeunes photojournalistes que je découvrais. 

 

A l’époque je m’intéressais  particulièrement aux photojournalistes,  « héros de l’âge d’or » des agences Gamma, Sygma, Sipa. Tout à coup, j’ai réalisé qu’il y avait une vraie relève que j’ai baptisée dans un article de La lettre de la photographie : la génération Dolega.
Rémi Ochlik m’est apparu comme un des plus prometteurs et je l’ai invité chez moi pour une longue interview. J’ai tout de suite été séduit par son regard clair, sa modestie et naturellement son talent. 

 

 © Remi Ochlik / IP3 © Remi Ochlik / IP3

 

Nous avions un ami en commun : Mark Grosset, ancien directeur de l’agence Rapho, qui fut, en tant que directeur de l’école de photo Icart, son professeur de photojournalisme. Mark avait beaucoup encouragé Rémi dont il avait tout de suite perçu le potentiel.  Il l’a envoyé à l’agence Wostok où il a « couvert » d’abord des évènements parisiens, avant de s’envoler pour Haïti.

 

 © Remi Ochlik / IP3 © Remi Ochlik / IP3

 

Jean-François Leroy, comme Mark Grosset, avait repéré ce jeune garçon et il a projeté tout de suite ses photos à Visa pour l’image. « C’est l’euphorie. Je crois que tous les magazines vont m’appeler pour me passer des commandes… » m’avait alors confié Rémi avant d’éclater de rire, car ensuite il avait eu un grand trou… Plus de publication. Alors il était reparti au Congo.

 

 © Remi Ochlik / IP3 © Remi Ochlik / IP3

 

En 2006, avec quelques amis, il crée l’agence IP3 et couvre la campagne présidentielle de 2007 quand arrive la crise de 2008. Dur, dur pour le photojournalisme. Ce n’est qu’avec le tremblement de terre d’Haïti que Rémi Ochlik retrouvera des publications dignes de son talent.
L’an dernier, de la Tunisie à l’Egypte en passant par la guerre de Libye, il avait - si j’ose dire - explosé. Sa couverture des combats libyens lui a valu de superbes doubles pages dans Paris Match et un prix au World Press Photo. Egalement un reportage vendu à l’hebdomadaire par Tony Rubichon du Bureau 233. Dès lors, Rémi avait eu ses entrées à Paris Match, pour lequel il était parti. Rappelé par le journal qui jugeait la situation trop dangereuse, il était néanmoins reparti pour son agence.

 

Remise du prix au Scoop Grand Lille dec. 2011 © Genevieve Delalot / Bureau 233 Remise du prix au Scoop Grand Lille dec. 2011 © Genevieve Delalot / Bureau 233

 

En décembre dernier, au « Scoop Grand Lille », le jury avait été unanime : les trois reportages présentés par Rémi Ochlick : « La chute de Tripoli », « Egypte Tahir Square » et « La révolution du Jasmin » lui avaient fait obtenir le grand prix Jean-Louis Calderon, cet autre journaliste tué en « couvrant » la révolution roumaine en 1989.

 

Dire que Rémi va nous manquer c’est ne rien dire. La vérité c’est que c’est une immense douleur pour sa compagne, pour ses parents, pour sa famille et une énorme perte pour le photojournalisme français.

 

Michel Puech

 

Pour en savoir plus

Portrait de Remi Ochlik par Michel Puech in La lettre de la photographie

Site web de Remi Ochlik

Agence IP3

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"Mon ami Rémi" par Alfred de Montesquiou in Paris Match
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Communiqué de presse reçu mercredi 22 février 19h30

 

Il était jeune (28ans), le photojournalisme était sa passion. Il possédait l’intelligence du regard, « l’œil » qui fait les grands photographes. Rémy Ochlik  est mort ce matin à Homs (Syrie)  victime du pilonnage du quartier de Baba Amr où il se trouvait avec ses confrères de la presse internationale.

 

Depuis deux ans il confiait à Bureau 233 la diffusion de ses images. Reporter exigeant avec son travail, il était rarement satisfait. Le choix du cadrage, du graphisme et de l’atmosphère d’une image , lui donnait son efficacité  journalistique. 

 

            Il avait consacré l’année 2011 aux révoltes des pays arabes. La Tunisie était le premier reportage qu’il nous avait confié. Ses photos ont fait le tour du monde : Paris Match, Le Monde, Time, Stern etc. Fier d’une telle reconnaissance il ne pouvait pas oublier la mort de son « pote » , le photographe Luca Dolega tué à ses côtés dans une ruelle de Tunis. Il enchaîna ensuite l ‘Egypte, et la Lybie. Son travail avait été couronné par un prix au festival du scoop de Lille et il y a un mois par le World Press photo dans la catégorie General News , pour sa série « Battle for Lybia ».

 

Depuis plusieurs mois il cherchait comment se rendre à Homs pour témoigner du martyr d’un peuple sans s’imaginer que sa route allait s’arrêter là sous un bombardement aveugle.

 

            A sa famille, à ses amis, à tous les professionnels qui pensent que cette mort est un peu la leur, Tony Rubichon, Michel Huescar et l’équipe de Bureau 233 partagent leur tristesse.

 

Michel Huescar , Tony Rubichon et Xavier Périssé,  Bureau233 (agence de presse)

 


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