Marie Dorigny, Prix AFD Polka du meilleur projet de reportage photo

Marie Dorigny en baie de St B rieuc © Geneviève Delalot Marie Dorigny en baie de St B rieuc © Geneviève Delalot

A l’heure où les photographes rencontrent d’énormes difficultés pour produire, Benjamin Neumann, directeur de la communication de l’Agence Française de Développement (AFD) a eu deux bonnes idées : d’abord celle de vouloir lier la communication de l’AFD à la photographie, puis celle de faire appel à Alain Mingam pour mettre en forme son intuition.


La généreuse dotation de ce prix a permis, l’an dernier, à Alain Buu de réaliser, en deux voyages d’un mois chacun, un magnifique reportage sur la thématique de l’eau en Inde. Reportage que l’on peut voir jusqu’au 5 janvier 2014 à Paris à la Maison Européenne de la Photographie.

Cette année, le jury avait à faire avec de remarquables projets proposés par des photojournalistes de grande qualité. Le choix fut difficile mais du vote à bulletin secret est sorti le nom de Marie Dorigny. La photographe est connue pour ses reportages difficiles. Elle a été lauréate du Festival Photoreporter en baie de Saint-Brieuc, qui lui a attribué en 2013 une bourse pour documenter l’exode rural et les violences contre les femmes au Népal. Ce travail a été primé également au Press’tival de Château-Gontier le mois dernier.

Son projet pour le prix AFD-Polka intitulé « Main basse sur la terre » est à la hauteur de ses ambitions tant photographiques que journalistiques. « C’est une partie de Monopoly d’un nouveau genre, qui se joue à l’échelle du globe, à grands frais et à bas bruit : l’accaparement des terres arables par des investisseurs internationaux. » explique la photographe. « Depuis l’an 2000, plus de 200 millions d’hectares de terres arables dans le monde ont fait l’objet de transactions au profit de gouvernements, de consortiums ou de fonds d’investissement étrangers et ce principalement dans les pays en voie de développement. » Marie Dorigny compte réaliser son reportage en Afrique, mais ne cache pas que la problématique dépasse le cadre de ce seul  continent".

« Brésil, Chine, Inde, Corée du Sud, Japon, Europe, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite... les acteurs de cette acquisition de terre à grande échelle sont multiples, mais leurs modes opératoires, similaires , acquisition via des sociétés prête-nom ou des contrats obscurs, conclus la plupart du temps à l’insu des populations avec des élites locales plus soucieuses de l’afflux de devises étrangères que d’intérêt général. » écrit-elle dans son projet.

Michel Puech

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