Bavure, dérapage ? depuis trois jours les médias n’osent plus avancer ces mots…

Il aura fallu attendre quatre jours avant que les télévisions parlent de l’agression d’un producteur de musique par des policiers.

Donc, depuis trois jours, ces “médias indépendants“ repassent en boucle le déroulement de cet attentat odieux

Tous ces journalistes qui ont leurs places réservées dans ces télés (le Figaro – valeurs actuelles – l’Express ….) y vont de leurs commentaires en terminant immanquablement par une attaque contre  l’ultra gauche (J.L.Mélenchon) qui met en avant cette “lamentable affaire“ pour “attaquer le pouvoir, la police, les institutions en général et récupérer cet événement pour faire parler d’eux “. Sans penser un seul instant que sans cet attentat , la gauche ou l'ultra gauche n'auraient, bien sûr, pas eu à réagir sur ces faits.

On a vraiment l’impression que cette agression ainsi que le croche pied fait la veille par un voyou portant le grade de commissaire divisionnaire sont les seuls faits répréhensibles infligés par les “forces de l’ordre“.

… Mais avant ?

Combien de “faux en écriture publique " ont-ils été fait qui ont amené à des gardes à vue et des condamnations arbitraires ?

David Dufresne avait signalé 860 cas de violences policières entre décembre 2018 et juin 2019.

Check news/Libération écrivait en janvier 2019 :

A ce jour, nous avons recensé 94 blessés graves, dont 69 par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD 40). Nous avons considéré comme blessures «graves», les membres arrachés, les organes ayant perdu leur fonction principale, les fractures, les pieds et jambes incrustés de bouts de grenades, les brûlures graves, mais aussi toutes plaies ouvertes au niveau de la tête. Nous n’avons pas comptabilisé les hématomes, parfois exceptionnellement vastes, causés par des tirs de lanceur de balles de défense (LBD) ou des coups de matraque.

Amnesty international publiait le 19 novembre 2019

Depuis un an, en France, le nombre et la gravité des blessures lors des manifestations ont atteint des records : vingt-quatre manifestants ont été éborgnées et cinq ont eu une main arrachée. Parmi les victimes, se trouvent des manifestants pacifiques mais aussi de simples passants ainsi que des journalistes et observateurs. Le 2 février dernier, c’est un observateur de la Ligue des droits de l’homme qui a dû être évacué à l’hôpital après avoir été touché en pleine tête par un tir de projectile de la police.

Ces décomptes se sont est bien sûr alourdis depuis.

Sur une question posée à D.Dufresne par France info

Selon vous, les médias ont-ils tiré les leçons de leur déni initial des violences policières, qui a duré plus d'un mois après le début du mouvement des "gilets jaunes" ?

Voici la réponse de celui-ci :

“Non, Mais globalement, la machine médiatique tourne sur elle-même et, de mon point de vue, elle a complètement oublié le rôle de contre-pouvoir qui devrait normalement l'animer“.  

Le dernier mot revient à cette victime qu’est ce producteur de musique :

“S’il n’y avait pas eu de caméra de surveillance, je serai en prison à l’heure qu’il est“ 

On veut nous empêcher de filmer sous peine de sanctions, mais lors d'un différent avec la police sans témoignage vidéo, notre témoignage ne vaut rien face à celui d'un policier qui lui est assermenté.

 Cela fait froid dans le dos et nous rappelle de tristes jours

Michel Trésallet

 

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