Il faut vendre la SORTIE DU NUCLEAIRE comme on vend une lessive ou une bagnole !

Dans cette guerre de communication contre le nucléaire, les seules armes légales à notre disposition sont les médias. Le lobby nucléaire, lui, utilise largement tous les médias et d'autant plus facilement que la grande majorité des supports est la propriété des grands groupes industriels… Il nous reste à nous militants antinucléaires, les web-médias et toute la puissance des réseaux sociaux,

 

Il faut vendre la SORTIE DU NUCLEAIRE

comme on vend une lessive ou une bagnole !

 

Quand on dit ça, on se fait très vite remettre en place par l'ensemble des militants antinucléaires. En effet, le militant antinucléaire de base doit être écolo, décroissant, anticapitaliste, antipub, antibagnole et antilessive.

Et pourtant ! Je rappelle sans cesse que la lutte contre le nucléaire ne peut être qu'une guerre de communication. Dans une République, on ne peut pas forcer la fermeture des centrales nucléaires avec des kalach', des rockets, des bombes sales ou des prises d'otages…

Dans cette guerre de communication, les seules armes légales à notre disposition sont donc les médias. Le lobby nucléaire, lui, utilise largement tous les médias et d'autant plus facilement que la grande majorité des supports est la propriété des grands groupes industriels…

Il nous reste à nous militants antinucléaires, les web-médias et toute la puissance des réseaux sociaux, à condition de savoir les exploiter au maximum.

La communication est un métier.

Faire un simple tract destiné à être distribué à quelques centaines d'automobilistes interpellés lors d'une action rond-point, exige quelques notions fondamentales de graphisme.

Balancer des billets, mails, communiqués... impactants, efficaces et utiles à la lutte antinucléaire sur les réseaux sociaux, c'est un savoir faire.

Rédiger un article dans Mediapart, c'est pas si facile.

Bref, tant que les entités antinucléaires, les ONG antinucléaires, et notamment la gouvernance actuelle du Réseau Sortir du Nucléaire n'auront pas compris ça, on n'est pas prêt d'en sortir… du nucléaire !

Quoique.

Il est fort probable, et à court terme, que l'on sorte du nucléaire, non pas parce que l'industrie nucléaire est dangereuse (explosion, irradiation, contamination), mais parce qu'elle n'est plus rentable !

J'ai été le premier à parler de ARRET IMMINENT en lieu et place de ARRET IMMEDIAT, qui est mauvais slogan parce que : inopérant, catastrophique, contre productif...

DANGER IMMEDIAT, OUI ! - SORTIE URGENTE, OUI ! - ARRRET IMMEDIAT, NON ! 

Je sais. Les engueulades vont pleuvoir. Et d'autant plus que je cite maintenant l'exemple du FN qui est allé recruter Jean-Lin Lacapelle, directeur commercial chez L'Oréal ! Le FN qui, lui aussi, organise des séminaires pour se former et pour se réformer. Jean-Lin Lacapelle,applique au FN les mêmes méthodes que celles appliquées pour vendre du maquillage glossy glossy.

Dans le portrait que lui consacre le magazine Society du 5 février, Jean-Lin Lacapelle dit : " Moi, j'ai été embauché pour assurer la formation, le recrutement et la motivation des vendeurs." Pour lui les électeurs potentiels sont donc des "consommateurs" qu'il faut convaincre par des méthodes marketing. 

 

Avec le sens de la formule qu'on lui connaît, Jean-Marie LEPEN déclare : "Est-ce que Moët & Chandon accepterait de s'appeler Collard & Ménard pour refaire une carrière commerciale dans le champagne ? Je ne crois pas."

Jean-Lin Lacapelle est, de ce point de vue marketing, sur la même ligne que Louis Aliot qui explique lui-aussi à Society"Un parti politique, aujourd'hui, c'est une entreprise. […] Il y a des hommes, de la communication, du droit social. La vie politique française n'échappe pas non plus à la mainmise de la communication sur la diffusion des idées. C'est une dérive mais c'est comme ça, on n'a pas le choix."

Si un parti politique est une entreprise, une fédération de groupes antinucléaires est-elle aussi une entreprise ?

Bref, que l'on vende une lessive, une bagnole, un maquillage, un parti extrémiste, ou la SORTIE DU NUCLEAIRE, il faut multiplier les opérations de communication pour parler au temps de cerveau disponible des consommateurs.

Oui, nous sommes tous des cons-sommateurs… Mais attention, il faut rappeler ce que Florian Philippot expliquait le 5 février à L'Opinion, "qu'on ne peut pas tromper indéfiniment les gens avec toujours les mêmes techniques de communication"…

Et la roue tourne.

Aujourd'hui AREVA est dans un état qui s'apparente à la faillite, alors que à la belle époque triomphait ce spot. Intéressez vous donc à la création de ce chef d'œuvre de campagne publicitaire, devenu un cas d'école !

Et essayez d'étudier ce qu'une Fédération de groupes et de militants antinucléaires pourraient promouvoir pour SORTIR VITE DU NUCLEAIRE.

Michel GUERITTE

http://www.tcherno23.com

http://www.villesurterre.com

 

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