Jean-Michel Blanquer doit s'expliquer devant la représentation nationale

Le syndicat Avenir Lycéen a fait l'objet de deux enquêtes menées par le journal Médiapart et le journal Libération. Ils pointent la nature des dépenses du syndicat, le contrat qui le lie au Ministère, son contrôle, et les liens de proximité politique entre le pouvoir exécutif et les lycéens. Jean-Michel Blanquer doit s'expliquer devant la représentation nationale. Je réclame donc la création d'une commission d'enquête dans les plus brefs délais. 

Le syndicat Avenir Lycéen a fait l'objet de deux enquêtes menées par le journal Médiapart et le journal Libération. Ils pointent la nature des dépenses du syndicat Avenir Lycéen, le contrat qui le lie au Ministère, son contrôle, et les liens de proximité politique entre le pouvoir exécutif et les lycéens.

Sont révélées des dépenses astronomiques réalisées par des responsables du syndicat Avenir Lycéen sous forme de retraits DAB, notes de restaurants et d'hôtels, achat de matériel informatique...

Le contrat signé entre le Ministère et le syndicat dispose d’un contrôle strict des dépenses par le Ministère. Il semble même n’y avoir aucune trace du “contrôle financier” qu'évoque le Ministère, en défense des accusations qui lui sont faites.

Le service chargé dudit contrôle n’est d’autre que la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire, dont le Directeur de l’époque, nommé selon les affinités du Ministre, serait, selon Libération, à l’origine même de la création du syndicat Avenir Lycéen.

Le Ministre de l’Éducation aurait lui-même sollicité le DGESCO ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires qui auraient piloté la création de l'association, de l'écriture des statuts à la nomination des responsables associatifs. Certains lycéens qui ont témoigné décrivent « une emprise [...] sur leur engagement ».

Les enquêtes révèlent que le Ministère aurait été alerté par un écrit rédigé par un ancien responsable associatif, adressé directement au Ministre, relatant ces dépenses exorbitantes réalisées par les responsables du syndicat. Le Ministère ne serait pas intervenu.

Si la mainmise du Ministre sur cette association était confirmée, il pourrait alors s’agir d’un abus d’autorité (au sens de l’article 432-1 du Code Pénal) et d’une mise en péril de mineurs (au sens de l’article 227-22 du Code Pénal). Aussi ces faits pourraient confirmer l’hypothèse d’un trafic d'influence (au sens de l’article 432-11 du Code Pénal).

Si l'instrumentalisation syndicale de lycéens à des fins politiciennes se confirme, alors Jean-Michel BLANQUER devra en tirer les conséquences et démissionner.

Pour l'heure, il doit s'expliquer devant la représentation nationale. Je réclame donc la création d'une commission d'enquête dans les plus brefs délais.

Michel LARIVE.

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