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Billet de blog 11 juil. 2015

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Contre les politiques d’inhumanité, retrouver les mots et les visages

le réseau migreurop participe à #OpenEurope. Tout l’été, les dirigeants européens vont nous imposer leurs médiocres marchandages pour se répartir 40.000 Syriens et Érythréens débarqués sur les côtes européennes. Tout l'été, ils déploreront les morts de migrants en Méditerranée (près de 2.000 personnes décédées depuis le début de l'année 2015), tout en demandant un renforcement des frontières Schengen.

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le réseau migreurop participe à #OpenEurope. Tout l’été, les dirigeants européens vont nous imposer leurs médiocres marchandages pour se répartir 40.000 Syriens et Érythréens débarqués sur les côtes européennes. Tout l'été, ils déploreront les morts de migrants en Méditerranée (près de 2.000 personnes décédées depuis le début de l'année 2015), tout en demandant un renforcement des frontières Schengen. Une nouvelle illustration de cet égoïsme tenant lieu de politique a été donnée lors du sommet européen des 25 et 26 juin 2015, quand les dirigeants ont parlé expulsions plutôt que procédures d'accueil, réaffirmant leur vision d'une Europe-forteresse et marquant leur préférence pour un monde de camps et de nasses entravant les droit à émigrer et à demander l’asile.

L'Union européenne, première puissance économique mondiale, 500 millions d'habitants, ne pourrait donc accueillir quelques dizaines de milliers de migrants, assurent ces responsables, faisant fi de nos valeurs d'accueil, d'asile et de solidarité. Depuis le début de l’année 2015, environ 137.000 personnes ont débarqué sur le vieux continent (dont 54.000 en Italie et 48.000 en Grèce), selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), contre 219.000 pour l’ensemble de l’année 2014. Il ne s'agit donc nullement de «hordes» de migrants, encore moins de «déferlement», comme veulent le laisser croire certains responsables politiques. Faut-il rappeler que la Turquie accueille à elle seule 1,7 million de Syriens ; que le Liban en reçoit 1,1 million, soit près d’un tiers de sa population?

Face à la tragédie vécue par ces femmes, ces hommes, ces familles entières fuyant les guerres, nous, Européens, ne voulons pas être les spectateurs de nos égoïsmes nationaux. Nous ne pouvons plus accepter de laisser mourir aux portes de l’Europe les milliers d’exilés venus de la Corne de l’Afrique, de l’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient dans l’espoir d’atteindre nos rivages. Nous devons refuser la honte que les États membres nous infligent en promettant de « sauver les migrants » tout en construisant des murs et en bloquant des frontières.

Nous ne voulons pas de cette « solidarité » là. Celle qui est en train de naître, en Europe, partout sur les routes migratoires, est d’une autre nature. Elle mobilise une foule de citoyens qui apportent leur aide avec les moyens du bord.

Durant tout l'été, ce sont ces gestes que le projet «Ouvrez l'Europe #OpenEurope» veut raconter et valoriser. Migreurop s’est associé à cette cette opération lancée par le journal Médiapart en partenariat avec des ONG, des associations et des médias tunisien et européens pour mieux témoigner du drame qui se déroule et mieux relayer les nombreuses initiatives d’entraide qui se font jour.

Dans le cadre de « Ouvrez l'Europe #OpenEurope » - voir la page spéciale de Mediapart -, le réseau Migreurop mettra à disposition ses analyses, décryptera les faux-semblants, les euphémismes et les opacités volontaires des discours institutionnels. Nous relaierons aussi les initiatives de nos plus de 40 associations membres, en Europe, en Afrique et au Liban qui œuvrent au quotidien à défendre les droits et la dignité de celles et de ceux que les politiques de fermeture des frontières obligent à des odyssées marquées par des dangers et des deuils multiples. Contre les politiques d’inhumanité, il s’agit de retrouver les mots et les visages qui permettent de rendre compte tant des dénis de droits que des voies à emprunter pour les défendre.

Nous espérons que cette mobilisation citoyenne est à même de s’imposer aux États membres. De les contraindre à enfin réagir. Des solutions politiques doivent être trouvées. Plus de 20.000 personnes ont péri en Méditerranée en quinze ans. Les migrants ne prennent pas tous ces risques sans raison. Ils le font – en dépensant beaucoup plus d’argent qu’en voyageant en avion – car les voies d’asile et d’immigration légales leur sont fermées. C’est ce consensus de toutes les analyses documentées qu’il s’agit de transformer en un projet politique qui mette fin à un monde d’apartheid dans lequel la libre-circulation des uns a pour pendant l’enfermement, la mise en danger et l’errance des autres.

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  • Un appel à témoignages a été lancé dans Le Club de Mediapart. Racontez nous sur votre blog ou dans cette édition participative des initiatives, des situations particulières, des solidarités concrètes.
  • Vous voulez témoigner, alerter, signaler une information, un communiqué : vous pouvez utiliser le mail openeurope@mediapart.fr
  • Retrouvez l'opération sur Facebook et Twitter l'opération « Ouvrez l'Europe #OpenEurope »

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