miha
Abonné·e de Mediapart

19 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 juin 2015

Manipulation, décryptage du langage médiatique et politique - CR de débat

miha
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Débat citoyen du 6 juin 2015, compte-rendu......

"Nous commençons en cherchant à nous souvenir de déclarations de politiques (même pas des promesses électorales) qui se sont avérées être des mensonges.
- Miterrand a dit que le nuage radioactif de Tchernobyl n'avait jamais survolé la France (Les douaniers français sont les meilleurs du monde !!!)
- Sarkozy a dit que GDF ne serait jamais privatisé.
- Sarkozy, encore lui, a dit qu'il se retirerait de la politique s'il n'était pas réélu en 2012.
Le menonge le plus énorme et ayant eu de graves conséquences reste peut-être celui des "armes massives de destruction" que les USA accusaient l'Irak de posséder. Tout le monde garde en mémoire l'image de Collin Powel, secrétaire d'état du gouvernement de G. Bush, président des USA, agitant, au conseil de l'ONU et devant un parterre de journalistes internationaux, une fiole d'un liquide soi-disant mortel (en réalité totalement inoffensif) - la guerre des USA contre l'Irak a pu ainsi débuter sans que "l'opinion internationale" ne s'insurge ["opinion internationale" qui ne représente pratiquement que les USA et l'Union Européenne...et non pas TOUS les pays du monde, il ne faut pas l'oublier]

© 

 Ces mensonges font partie de la manipulation des populations. Souvenons-nous également des reportages en continu lors des attentants de janvier. [voir "la stratégie du choc" de Naomi Klein]. Observons comment les chaînes d'info diffusent du vide chaque jour. Et, lorsque nous sommes directement concernés par un évènement, nous constatons bien le fossé entre les faits et ce qui est rapporté par le ou les journalistes... comment ne pas douter ensuite de tout ce que les médias rapportent ?
Mais il y a bien d'autres formes de manipulations ; il en est une en particulier, c'est le langage employé et les mots choisis par les politiques ET les médias. La nov'langue, les fausses infos, l'histoire revisitée dont parle Orwell dans son livre "1984" existent bel et bien.
Exemple récent de nov'langue (dans le genre "l'esclavage, c'est la liberté" ou "la guerre, c'est la paix"), le président MEDEF déclarait récemment que pour embaucher, il faut pouvoir licencier plus facilement (!!!)... et hop ! "vive le licenciement, car, c'est la lutte contre le chômage" ? ...
"Mal nommer les choses, c'est ajouter aux malheurs du monde" - Albert Camus
Chaque participant prend au hasard un petit papier sur lequel est inscrit un mot que nous allons analyser.
"grogne" - c'est le mot utilisé par les médias quand une catégorie de la population exprime son mécontentement. Pourquoi ce mot ? Les animaux grognent, les Hommes, eux, revendiquent ou protestent car ils ont un langage articulé. Ce mot péjoratif vise certaines personnes se sentant, à tort ou à raison (très souvent à raison), victimes d'injustice. Pensons-y.
"débat" - ce que les médias nomment "débat" n'est bien souvent qu'un spectacle où tout est fait pour alimenter la polèmique plutôt que la réflexion. Nos débats citoyens sont plus enrichissants ; même si nos opinions peuvent parfois être différents; ils nous font réfléchir et mûrir.
"modernisation" - c'est le mot employé par les politiques quand on veut nous faire accepter une réforme qui, en réalité, et souvent, est une récession.
 Il n'y a que les archaïques qui sont contre la modernisation, n'est-ce-pas ? Pourtant, beaucoup des réformes présentées comme une modernisation nous font petit à petit revenir au temps de Zola, sans protection sociale, sans code du travail protégeant les salariés des abus de certains patrons. Est-cela le progrès ?
"troubles sociaux" - cette expression rejoint le mot "grogne" vu précédemment ; "troubles" fait penser à "troubles publics" donc à une forme d'insécurité. Ceux qui revendiquent sont encore une fois présentés comme des trublions dérangeants, alors que leurs revendications sont très souvent fondées et légitimes. À bien y réfléchir, pourtant, n'est-ce-pas les mesures d'austérité prises par le gouvernement qui sont responsables de "troubles" et non les victimes qui protestent ? Actuellement, nous avons un gouvernement censé être "socialiste" et qui ne brille que dans le sociétal, le désigner comme étant un gouvernement "sociétaliste" serait plus près de la réalité.
"opinion publique" - fourre-tout qui permet d'influencer la population. Il suffit de voir et d'entendre, par exemple, les fameux "micro-trottoirs" : il est évident que ne sont diffusées pratiquement que les interviews abondant dans le sens voulu. Ainsi, les usagers sont toujours pris en otage lors d'une grêve, n'est-ce-pas ? Quant aux sondages, nous savons tous combien il faut nous en méfier. Tout dépend de la façon dont la question est posée et comment les résultats sont présentés. Ainsi, dernièrement, le journal "Le Monde" titrait "un sondage montre que plus de 23 % des Français se désintéressent de l'écologie"... pourquoi ne pas annoncer plutôt "près de 77% des Français s'intéressent à l'écologie ?" [L'écologie, la vraie, dérange trop souvent le "business". Il faut donc décourager, voire stigmatiser les personnes soucieuses d'écologie.]
"crispation" - fait penser à quelqu'un de coincé (mal baisé, dit quelqu'un) ; ce mot est dans la même catégorie que "grogne" ou "troubles sociaux", il est utilisé pour présenter une situation de conflit de façon défavorable aux protestataires, mais jamais aux grandes entreprises. Élise Lucet a lancé récemment une pétition pour protester contre une loi préservant "le secret des affaires" et qui empêcherait les journalistes d'investigation de faire leur travail.. encore une loi favorable au business !!!
"corporatisme" - mot qui ramène au Moyen-Âge, les personnes faisant partie d'un corporatisme seraient donc des sectaires archaïques ? Il existe pourtant une corporation digne de respect "les compagnons du devoir".
"anti-américanisme" - ce mot suscite beaucoup de réactions. Il semblerait que l'on ne puisse critiquer les USA sans être traité d'anti-américanisme (primaire, évidemment) et cela empêche toute réflexion d'aller plus loin. Les élites sont pro-USA, les gros patrons, les politiques de tous bords (ou presque), les médias dans leur grande majorité. Quelqu'un cite une phrase d'un journaliste (?) : "les USA sont plus près du futur que nous" !!!!
Ceux qui osent aller à contre-courant sont marginalisés, considérés comme des ringards. La culture des USA envahit tout (cinéma, séries télévisées, concepts d'émission de télé,...).  Il existe notamment, déclare quelqu'un, une émission sur France Culture intitulée "soft-power", une chaîne publique française n'a donc rien trouvé de mieux ? Les mots anglophones colonisent notre vocabulaire. Or, l'anglais américain est la langue des affaires, de la finance, la langue du "maître", donc. Difficile de lutter contre cet état de fait tellement il est prégnant. En être conscient est déjà important, car la langue influence l'esprit et vice-versa.
Goebbels, maître en matière de propagande,  a dit : "nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu'ils ne puissent exprimer QUE nos idées"
Anti-américanisme, complotisme, anti-sémitisme sont bien souvent des prétextes pour faire taire critiques et contestations dérangeantes pour l'oligarchie.
Que faire pour lutter contre la manipulation ?
Voir des complots partout ou n'en voir nulle part sont deux façons équivalentes de se laisser manipuler et influencer.
Nous avons internet pour nous informer autrement. Il faut bien entendu être prudent selon les sources d'information ; les recouper ; les contextualiser ; vérifier sur un site signalant les "hoax" (fausses infos) ; cherche un juste équilibre entre "anti" et "pro". Cela prend du temps, c'est vrai.
Il existe également des médias citoyens et alternatifs (sites internet, journaux, JT, ...). Tâchons de les privilégier.
Voici un lien vers un de ces médias : http://www.revue21.fr/
Et un JT alternatif : http://www.alterjt.tv/
Faire l'info nous-même. L'info la plus utile vient du peuple vers le peuple. Nous avons chacun des connaissances, dans des domaines très variés, partageons-les du mieux possible."

***************************************

Alors qu'on se dit au revoir, une question fuse :
Pourquoi les élites nous trahissent-elles ainsi ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Extrême droite
Marine Le Pen et la presse : les coulisses d’une opération de séduction
La candidate du RN, qui présentait mercredi ses vœux à la presse, a radicalement changé de stratégie vis-à-vis des journalistes. Après des années de rapports houleux, Marine Le Pen tente de normaliser les relations, avec d’indéniables succès au regard de sa banalisation dans certains médias.
par Lucie Delaporte
Journal
Le logement menacé par la financiarisation
Un rapport commandé par le groupe écologiste au Parlement européen et publié jeudi dresse un tableau inquiétant de la financiarisation du logement sur le Vieux Continent. Avec, souvent, l’appui des pouvoirs publics.
par Romaric Godin
Journal — Santé
Maltraitance en Ehpad : une indignation feinte et insuffisante
Les pouvoirs publics font mine de découvrir que le puissant groupe Orpea se joue des règles dans ses Ehpad. Mais la maltraitance, les conditions de travail dégradées et la répression syndicale sont sur la table depuis des années,  sans que jamais le système de financement ne soit remis en cause.
par Mathilde Goanec et Leïla Miñano
Journal
La grande colère des salariés d’EDF face à l’État
Ulcérés par la décision du gouvernement de faire payer à EDF la flambée des prix de l’électricité, plus de 42 % des salariés du groupe public ont suivi la grève de ce 26 janvier lancée par l’intersyndicale. Beaucoup redoutent que cette nouvelle attaque ne soit que les prémices d’un démantèlement du groupe, après l’élection présidentielle.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Un filicide
Au Rond-Point à Paris, Bénédicte Cerutti conte le bonheur et l'effroi dans le monologue d’une tragédie contemporaine qu’elle porte à bout de bras. Dans un décor minimaliste et froid, Chloé Dabert s'empare pour la troisième fois du théâtre du dramaturge britannique Dennis Kelly. « Girls & boys » narre l’histoire d'une femme qui, confrontée à l’indicible, tente de sortir de la nuit.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Traverser la ville à pieds, être une femme. 2022
Je rentrais vendredi soir après avoir passé la soirée dehors, j'étais loin de chez moi mais j'ai eu envie de marcher, profiter de Paris et de ces quartiers où je me trouvais et dans lesquels je n'ai pas souvent l'occasion de passer. Heureusement qu'on m'a rappelé, tout le trajet, que j'étais une femme. Ce serait dommage que je l'oublie.
par Corentine Tutin
Billet de blog
« Je ne vois pas les sexes » ou la fausse naïveté bien-pensante
Grand défenseur de la division sexuée dans son livre, Emmanuel Todd affirme pourtant sur le plateau de France 5, « ne pas voir les sexes ». Après nous avoir assuré que nous devions rester à notre place de femelle Sapiens durant 400 (longues) pages, celui-ci affirme tout à coup être aveugle à la distinction des sexes lorsque des féministes le confrontent à sa misogynie…
par Léane Alestra
Billet de blog
Les crimes masculinistes (12-12)
Depuis une dizaine d'années, les crimes masculinistes augmentent de manière considérable. Cette évolution est principalement provoquée par une meilleure diffusion - et une meilleure réception - des théories MGTOW, mais surtout à l'émergence de la communauté des incels, ces deux courants radicalisant le discours misogyne de la manosphère.
par Marcuss