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Billet de blog 20 mai 2012

Francfort : les policiers défilent avec les manifestants ?

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19 mai 2012 : à l'appel de plusieurs organisations, dont ATTAC et OCCUPY, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Francfort pour protester contre les politiques d'austérité imposées aux peuples européens.

Depuis déjà deux jours, des milliers de personnes occupent les lieux et la police ne s'est pas montrée tendre avec eux... 400 arrestations dans la journée de vendredi.

Il faut dire que la municipalité de Francfort a interdit ces rassemblements, fait très rare en Allemagne. Cette interdiction a été annulée pour la manifestation de samedi, après un recours juridique des organisateurs.

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Le départ de la manifestation est prévu à 12 h. Nous arrivons avec une petite dizaine de minutes de retard. C'est encore le moment des discours.

On nous a averti d'une forte présence policière : nous ne sommes pas déçus !!!

Combien sommes-nous ? Impossible de le savoir. La foule est très dense. Nous n'avons JAMAIS réussi à remonter jusqu'en tête de cortège pour avoir une idée de sa longueur et de son ampleur.

(Nous étions entre 30 000 et 40 000 nous dira-t-on plus tard... mais... rien dans nos médias, n'est-ce-pas ?) 

En cours de parcours, on apprend que nous ne pourrons pas nous rendre jusque devant le siège de la BCE, lieu d'arrivée prévu.

Sifflets, protestations... rien n'y fait... Nous sommes pourtant à l'évidence des pacifistes, nous n'avons aucune intention de mettre le feu à la BCE... bon, d'accord, comme un orage est annoncé, nous espérons que la foudre lui tombe dessus et la réduise en cendres... mais c'est tout... cela fait-il de nous des méchants terroristes ?

Cela justifie-t-il que tous les commerces soient fermés le long du parcours et aux alentours ?

C'est une volonté manifeste des autorités de donner l'impression à la population que nous sommes dangereux. 

Nous marchons pendant plus de quatre heures ; la chaleur est étouffante mais l'orage attendu n'éclatera pas (tant pis pour la foudre vengeresse) ; par contre, la chaleur humaine entre manifestants est bienfaisante. On entend plusieurs langues différentes. On se parle sans se comprendre, tout en nous souriant et en fraternisant.

« Internationale solidarité ! » tout le monde reprend ce slogan à plusieurs reprises.

Un autre slogan repris en cœur par tous : « Aha ! Anti, anticapitaliste ! ».

Un groupe entonne un chant en l'honneur des Grecs sur l'air de « les enfants du Pirée » et, comme on ne comprend pas les paroles, on les accompagne en faisant lalalala. 

Le petit groupe de trois clowns que nous formons va rencontrer d'autres clowns venus d'ailleurs ; nous improvisons ensemble des petits sketchs improbables. Nous déclenchons parfois la complicité de manifestants qui participent à nos jeux quasi enfantins, nous attirons l'attention de moult photographes et cameramans, nous faisons même sourire quelques policiers.

Partout, partout, des policiers ; à chaque coin de rue, dans chaque espace longeant le parcours.

Presque à chaque fois : séances clownesques de jeux et de câlins que nous leur adressons. Cela les déride parfois, cela fait rire les autres manifestants, cela provoque des attroupements de photographes qui mitraillent la scène avec leurs appareils.

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Puis, sans que l'on comprenne pourquoi, après environ trois heures de marche, nous voyons des policiers, encore et encore, remontant la manifestation, se mêlant quasiment à la foule.

Les clowns crient, «Yeah ! Polizei, mit uns ! » ce que peut faire croire cette photo :

© 

 Une autre photo qui peut faire croire que des policiers défilent avec nous : ;-)

© 

Cette image est plus près de la réalité : (cette photo-là n'est pas de moi)

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Les manifestants ont été sages... pas les policiers : ils ont obéi aux ordres qui étaient d'empêcher la foule de s'approcher de la précieuse BCE.

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"Ici finit la démocratie"

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