L’ECLATEMENT DU PS - RECOMPOSITION ACTE 2 : UNE NOUVELLE ALLIANCE ?

Avec le discrédit et la marginalisation des « républicains » et du PS, les lignes de force politiques ne peuvent se réduire à la fausse alternative du face à face entre Macron et Marine le Pen. Malgré les tentatives infructueuses d'appel au rassemblement pour une candidature commune, une dernière opportunité vient de s'ouvrir avec l'appel de Manuel Valls à voter PS.

La marginalisation des « républicains » et du PS est aujourd’hui effective.  Mais si ces partis sont discrédités, les lignes de force politiques qui traversent le pays ne peuvent se réduire à la fausse alternative que serait un face à face entre Macron et Marine le Pen.

A gauche, rester dans ce contexte sur des positions fixes purement idéologiques est non seulement catastrophique, mais ne peut conduire qu’à élargir le champ de ruines et à laisser libre cours aux différentes droites en présence.

Nous sommes à l’aube de nouvelles recompositions ; plutôt que de les subir, pourquoi ne pas les anticiper ? Plutôt que de cultiver le fatalisme, pourquoi ne pas conjuguer les efforts pour ré-impulser une dynamique ? Plutôt que de désespérer pourquoi ne pas retrouver la passion de faire évoluer cette société vers plus de justice sociale ?

 

Mais avant, pour la gauche, il reste encore des illusions à dissiper.

Il est triste de voir Benoit Hamon se crisper sur le maintien de sa candidature, alors qu’il est aujourd’hui acté (indépendamment des sondages) qu’il n’y a plus de place pour un PS miné par les incapacités et dérives de Hollande et Valls. Faute d’en garder les commandes, ils sont partis en minant littéralement leur parti, car leur projet était d’engager ce regroupement au centre sur des bases social-libérales. Leurs calculs ont été en partie devancés par le départ de Macron, qui avait compris le projet et ne voulait pas être à la remorque, et par l’échec des primaires où Hamon a été élu grâce aux voix de la gauche non socialiste, dont une bonne partie de sympathisants de JL Mélenchon (dont je fais partie).

Le plus incompréhensible, c’est que l’ex-gauche du PS (la droite ayant déserté) n’ait pas compris qu’il fallait changer de vision et de stratégie et que l’enjeu était de s’inscrire dans une gauche recomposée, sauf .. que celle-ci avait été anticipée par JL Mélenchon. Ce n’est pas la personne Hamon qui est en cause, mais l’incapacité de ce « parti » comme organisation à analyser la conjoncture et à définir des objectifs pouvant mobiliser des électeurs désireux de changements politiques et sociaux, aptes à porter un coup d’arrêt à la droite, à l’extrême droite et aux libéraux.

Nous sommes dans un moment charnière dans l’histoire politique de notre pays qui suppose de la part de ceux qui se considèrent comme des acteurs de la vie politique,  une révision de leurs certitudes partisanes.

Les passions pouvant créer l’envie de redonner une chance à la gauche (entendue comme rassemblement de progrès associant insoumis, communistes, écologistes et socialistes n’ayant pas abandonné leurs idéaux), dans la conjoncture actuelle, ne peuvent se cristalliser qu’autour de la candidature de JLM. Les consignes contre-nature et destructrices données aux militants d’attaquer JLM, en particulier autour de l’Europe, de l’immigration, de la Syrie et de Poutine, contribuent à la destruction de ce qu’il reste de considération pour le PS. Nous avons plus que jamais besoin de clarté et d’honnêteté en politique.

Seul un nouvel événement fort permettrait de prévenir le désastre annoncé. Pourquoi pas une coalition entre ces forces qui partagent la volonté de réduire les inégalités et de développer les solidarités sous la bannière de JL Mélenchon ?

Si La France Insoumise a beaucoup travaillé dans le cadre de l’élaboration du programme, sans rien renier, elle peut proposer de construire une base commune de combat pour cette élection (il y a plus de convergences que de divergences qui doivent être privilégiées) en lien avec les autres forces politiques. Si l’expérience a montré qu’il fallait garder une identification distante des partis, il existe aussi un attachement à l’idée du socialisme qu’il ne faut pas injurier. Benoit Hamon se grandirait en engageant, avec ceux qui sont restés fidèles aux idéaux du PS, une concertation sur la possibilité de dégager cette base de combat que JLM pourrait porter. Il ne trahirait en rien ses électeurs de primaire (dont une partie sont déjà sur cette position) et pourrait retrouver un cadre et une place dignes pour engager le combat des présidentielles. Le départ de Valls a libéré l’hypothèque qui pesait à cet égard. Tout plutôt que la régression et la marginalisation ! Nous (je ne parle qu’en mon nom et à celui de nombreux proches) avons besoin que les « bon côtés » des organisations que sont le PS, le PC et EELV, soient présents avec la France Insoumise dans cette campagne. Car c’est avec la force d’un mouvement d’ensemble qu’une victoire est envisageable.

Faute de quoi, la France est mal partie et aux désaffections et abstentions, succéderont des lendemains qui déchantent.

Mais les français n’ont pas dit leur dernier mot.

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