Un futur du livre numérique ?

Le livre numérique n’a pas encore réussi à séduire le grand public. Plusieurs raisons expliquent ce retard: formats souvent encombrants, des éditeurs toujours en quête de modèles économiques acceptables et des gestions de droits numériques draconiennes. La prolifération des liseuses, et ce malgré des progrès importants, n’a pas non plus fait avancer les choses.

Le livre numérique n’a pas encore réussi à séduire le grand public. Plusieurs raisons expliquent ce retard: formats souvent encombrants, des éditeurs toujours en quête de modèles économiques acceptables et des gestions de droits numériques draconiennes. La prolifération des liseuses, et ce malgré des progrès importants, n’a pas non plus fait avancer les choses.

Il se peut que le changement viendra du côté du mobile. Adobe vient d’annoncer sa participation avec Lexcycle et l’Internet Archive, à l’élaboration d’un nouveau standard: l’Open Publication Distribution System. Quels sont les avantages de cette nouvelle architecture?

 

En premier lieu, c’est une technologie déjà en partie en usage grâce au succès de stanza, une des applications les plus populaires sur l’iPhone et disponibles sur tous les autres supports. Mieux encore, il s’agit de créer un système ouvert qui permet l’accès au catalogue de livres disponibles, à leurs descriptions, mais aussi à toute autre publication en ligne. La technologie utilisée est une modification d’Atom, l’un des 2 protocoles pour les flux RSS. Les documents seront en format ePub.

 

Ensuite, comme le modèle de stanza le démontre, cette nouvelle architecture est conçue pour fonctionner sous un régime mixte. Elle rassemble sous un accès unifié des services gratuits et des services payants. En d’autres mots, l’utilisateur pourra consulter le catalogue des éditeurs, ceux de Feedbooks ou du Projet Gutenberg, ou de la presse quotidienne. Plus encore, le format ouvert permet aux individus comme au groupes autonomes de publier et d’avoir accès à un grand public.

 

La culture numérique a bien fragilisé tous les secteurs des métiers du livre. Mais des nouveaux développements, comme celui représenté par stanza, promettent de nouvelles occasions. Pour les libraires par exemple, ils peuvent maintenant être présents dans ce secteur sans être obligés de passer par les grands distributeurs du réseau (Amazon et la Fnac). Car en un sens le projet représenté par cette nouvelle architecture est en opposition directe avec Amazon et son Kindle qui essaie de contrôler à la fois les standards comme la distribution des livres numériques. Pour les éditeurs aussi, cette nouvelle présence va leur donner l’occasion de développer des offres numériques souples et variées tout en respectant les contraintes imposées par les droits d’auteur.

 

En fin de compte, stanza comme le nouveau standard, incarnent ce qui est le mieux et le plus puissant dans la culture du libre: la disponibilité d’une multiplicité de ressources (auteurs, éditeurs et libraires), la cohabitation harmonieuse du gratuit et du payant, une liberté dans la gestion de l’offre (en opposition avec le modèle d’une boutique unique) et la simplicité des interfaces. Les standards ouverts restent les meilleurs moyens pour le futur de la culture dans le numérique.


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