Quel Web 3.0?

Chronique du 12/06/2009 La première moitié de 2009 a consacré le web social avec le succès mondial de Facebook. Elle a aussi révélé Twitter au grand public, inaugurant ainsi les pratiques associées aux microformats. Cette sociabilité ne doit pas nous faire oublier les nouvelles orientations qui promettent de façonner de nouveaux usages.

Chronique du 12/06/2009

 

La première moitié de 2009 a consacré le web social avec le succès mondial de Facebook. Elle a aussi révélé Twitter au grand public, inaugurant ainsi les pratiques associées aux microformats. Cette sociabilité ne doit pas nous faire oublier les nouvelles orientations qui promettent de façonner de nouveaux usages.


Un exemple suffira pour nous donner une idée de ce Web 3.0: WolframAlpha. Au premier abord, WolframAlpha semble offrir une simple amélioration de la recherche en ligne. Il propose aussi un accès à la fois plus souple et plus structuré aux données disponibles sur le réseau. Enfin, il associe d’une façon simple et élégante, une plus grande liberté de choix des individus et la richesse du web sémantique et de la visualisation.


WolframAlpha, bien qu’il soit actuellement relativement limité, nous présente des résultats “intelligents”, dans la mesure où il lie le mot recherché à de multiples sources d’informations, organisés selon des modes d’accès variables. Si l’internaute cherche par exemple Londres, il trouvera dans une belle page, une carte de la ville, les statistiques concernant sa population, les renseignements relatifs aux transports en commun, la température actuelle avec son historique, et l’histoire de la ville dans la version Wikipedia, etc. Il suffit de comparer cette page aux résultats normalement offerts par Yahoo!, Google, Bing et d’autres, pour apprécier l’évolution et son importance. Mieux encore, la page peut-être rapidement téléchargée en format PDF, permettant ainsi l’archivage et l’usage libre des données.


Il est évident, en tout cas pour le moment, que WolframAlpha est plus puissant et plus riche quand il s’agit de questions scientifiques. Mais cela n’empêche point une harmonisation de l’approche avec les sujets les plus divers.


Cette première mise en évidence de l’évolution de nos rapports avec l’environnement numérique préfigure un Web 3.0 plein de promesses et qui repose sur plusieurs facteurs: la maturité de l’infrastructure du Cloud Computing, l’importance de l’accès ouvert à l’information fiable et finalement de la richesse accumulée de notre savoir numérique. Elle annonce ainsi une mutation significative dans nos rapports avec la complexité du réseau et ses formes de savoir. Des outils intelligents correspondent au besoin de mieux sélectionner et mieux trier, mais aussi de mieux présenter les informations disponibles.


Car WolframAlpha impressionne aussi par son aspect esthétique, surtout par son usage de la visualisation. L’image, dans ce contexte, n’est plus illustration: elle est un outil de savoir qui incarne l’intelligence de la culture numérique.
Le Web 3.0 s’annonce déjà comme une extension érudite de notre urbanisme virtuel et comme une nouvelle invitation au voyage dans ses cités savantes.

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