Skype pour iPhone: divorce ou convergence

Skype vient de lancer son application gratuite pour le iPhone. Utilisable uniquement sur une connexion WiFi, elle modifie radicalement le statut du gadget d’Apple. Comment expliquer l’arrivée de la téléphonie gratuite sur le iPhone et quelles sont les conséquences de cette nouveauté?

Skype vient de lancer son application gratuite pour le iPhone. Utilisable uniquement sur une connexion WiFi, elle modifie radicalement le statut du gadget d’Apple. Comment expliquer l’arrivée de la téléphonie gratuite sur le iPhone et quelles sont les conséquences de cette nouveauté? S’agit-il d’un divorce entre Apple et les fournisseurs mobiles?

L’iPhone comme la grande majorité de ses rivaux ne sont pas de simples téléphones: ils sont, au contraire une nouvelle génération d’ordinateurs, à la fois portables et puissants, adaptés aux usages mobiles. Comme tels, ils ont été appauvris par les choix des fournisseurs mobiles, soucieux de préserver leurs avantages et leurs profits. L’arrivée de Skype ne fait qu’annoncer une évolution naturelle. Car l’outil invite des usages différents et qui dépassent de loin les contraintes imposées par les fournisseurs mobiles. Mieux encore, ces véritables portables accentuent la convergence entre réseaux sociaux, gestion de données et de présence dans le “nuage” et la globalisation des échanges entre utilisateurs.

 

Mais la téléphonie internet peut aussi susciter plusieurs difficultés. Une demande croissante pour un accès libre et généralisé au WiFi. Une volonté de déverouiller le iPhone afin d’éviter les prix et le blocages imposés par les fournisseurs mobiles. Et un usage encore plus important de l’iPhone et de ses équivalents pour accéder au net.

Ces trois difficultés exigeront de multiples négociations: négociations entre les fabricants des gadgets et des fournisseurs mobiles; négociations entre les utilisateurs et les forunisseurs d’accès WiFi, y inclus les autorités locales; et négociations entre les utilisateurs et les constructeurs de sites web.

 

Ces trois difficultés ont des conséquences économiques et culturelles importantes. D’une part, nous verrons probablement de nouveaux modèles de ventes des téléphones portables. Et, d’autre part, nous assisterons à une modification probablement lente mais à mon avis certaine, des sites web. La popularité de ces ordinateurs portables va entraîner des changements dans la conception comme dans le support des grands sites. Il va falloir penser aux utilisateurs mobiles, à leurs exigences d’un accès rapide et simple au contenu. Plus encore, il va falloir au financement de ces sites dédiés au mobile.

 

Dans ce sens, l’arrivée de Skype n’est qu’un premier signe d’une éventuelle convergence entre le réseau et le mobile. Mais au-delà de la téléphonie, cette convergence annonce une mutation importante: l’unicité et la simplicité d’accès, l’interopérabilité ouverte entre les plateformes et les services, l’harmonisation de l’expérience des utilisateurs à travers les multiples supports et, finalement, la maîtrise des coûts de cet accès universel.

S’il y a un divorce entre les fabricants et les fournisseurs d’accès mobile, c’est qu’il y a aussi un besoin de continuité dans l’expérience des utilisateurs à travers le réseau et ses nuages.

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