Critique au tract "Bonjour monsieur Orwell" - éditions Gallimard.

Traité des devoirs, Cicéron 44 av. J.-C. : « Quand les circonstances et la nécessité l’exigent, nous devons entrer dans la mêlée et préférer la mort à la servitude », parole d'un maître soutenu par une armée d'esclaves.

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« Le projet Stopcovid est difficilement attaquable sur le fond puisque conçu pour notre bien commun » (Tracts de Crise (N°45) - Bonjour, monsieur Orwell de Patrice Franceschi

Etrange formulation qui renvoie la question du fond non à la nature du projet, à sa consistance pratique, à sa rationalité fonctionnelle, mais à l'intention qui le justifie...

Ni même au fond de cette intention, à sa consistance incarnée et à sa rationalité calculée par des acteurs, des institutions... mais à sa simple expression.

Fini le fond, place à la forme.

Fini le texte éclairé par le contexte : on éteint les Lumières.

Mais sans verser dans l'obscurantisme pour autant.

Ce n'est pas parce que la forme dit que c'est bien, le bien commun qui plus est, qu'on est condamné à se conformer à son injonction totalitaire. A défaut de passer par le fond, on peut s'en sortir par le haut, l'invocation du bien supérieur, absolu : la Liberté «  un principe intellectuel et spirituel (qui) surplombe tous les autres et même leur donne sens ; qui stipule qu'il n'est rien qui ne puisse se placer au dessus de la liberté. Pas même la sécurité ». Ainsi soit-il !

Fini Liberté-Egalité-Fraternité , place à Liberté, un point c'est tout: on remballe la République.

Et qu'est-ce qu'on fait de la démocratie ?

La monarchie libérale absolue fera l'affaire.

Et avec elle l'interdiction de penser avec des traits d'union.

Et avec elle l'impossibilité de formuler l'hypothèse qu'il est des situations où liberté et sécurité ne s'opposent pas, ne s'excluent pas; où nos libertés sont même la condition première de notre sécurité.

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