COMMENT DAESH POUSSE AU MEURTRE ?

L’ÉTAT ISLAMIQUE, UNE IDÉOLOGIE DE FAÇADE, SUPPORT DE TOUTES LES PATHOLOGIES

Psychoses, comportements dépressifs ou suicidaires, troubles du comportement, l’État islamique est un support pour certaines personnes ayant des pathologies. Le fonctionnement de L’État islamique est atypique. Ils revendiquent tout attentat même si les personnes ayant commis des actes meurtriers n’ont eu aucun contact avec eux, il suffit pour cela que la personne concérnée ce prévaut de l'Islam ou laisse trace d'une quelconque affiliation à "la cause commune".  Ainsi devient héros de l’État islamique qui le veut, ainsi Daesh donne un support et un prétexte au meurtre. L’État islamique ne fait pas qu’inspirer, il crée à la fois, les moyens, la cause et la justification.

 

Support projectif pour toutes sortes de pathologies, les individus qui cherchent une idéologie pour justifier des actes meurtriers peuvent se retrouver dans les préceptes mis en place par Daesh ou la déshumanisation est centrale. En effet, le meurtre de tout individu est autorisé s’il n’appartient par à l’État islamique puisque pour eux, toute personne musulmane ou non est un mécréant s’il n'adhère pas à leurs causes. Il ne s’agit pas de religion, mais de pathologie. Il y aura encore beaucoup d’attentats, car Daesh passe par des failles psychiques pour devenir le canal d’acte terroriste.  Des actes barbares qui , quand ils sont commis par des personnes francophones, sont revendiqués le plus souvent par des membres de Daesh francophones. Des émetteurs qui connaissent bien leurs cibles. Le journal en ligne Dar-Al-Islam en est le témoin. Une revue de propagande qui utilise les problématiques d’exclusion et de rejet avec précision pour manipuler leurs cibles. C’est dans ce même journal qu’un manuel pour effectuer des actes meurtriers a été mis en ligne aux vues et à la disponibilité de tous.

 

L’erreur de François Hollande


Notre président François Hollande fait une grave erreur en qualifiant d’acte terroriste les agissements de Mohammed Lahouaiej-Bouhlel à Nice le 18 juillet, qu’il soit revendiqué ou non. Ces actes n’ont aucune affiliation directe avec l’État islamique.  Daesh les revendique de façon opportuniste en se basant sur ce que nos médias français en disent. Dans le cas de 
Mohammed Lahouaiej-Bouhlel il n'y a aucune preuve concrète de son affiliation à Daesh pourtant Daesh le considère comme un de leurs soldats. La France influence ce mouvement et participe à la création d’une nouvelle forme de terrorisme. En validant les actes « d’un fou » comme acte terroriste, François Hollande avance dans le sens de l’État islamique.


À Munich, ou le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière ne s'est pas précipité à qualifier les actes d’un fou d’acte terroriste, le message envoyé implicitement est tout autre. N’est pas terroriste qui tue. N’est pas héros qui se prévaut d’un État avec lequel il n’a jamais eu aucun lien ni aucune idéologie religieuse commune. Il serait temps que le gouvernement français réfléchisse à ce qu’il crée jour après jour dans leurs manières de réagir face aux actes meurtriers.

 

Le radicalisme express n’existe pas.

 

À certains qui ont parlé de « radicalisation express ». Ce concept ne reflète pas la réalité et ne permet pas une réelle approche des actes barbares commis par Mohammed Lahouaiej-Bouhlel notamment, et d’autres qui suivront. La radicalisation telle qu’elle soit prend du temps, déjà en premiers lieu celui de la transformation. Comment peut ont qualifier d’extrémistes des personnes qui ne peuvent pas citer une seule sourate du Coran et n’ont aucun savoir religieux. Daesh pousse au meurtre et donne un support aux actes barbares de personnes instables.

Si Al-Qaida peut être qualifié de mouvement extrémiste, Daesh est d’une autre teneur, une teneur pathologique qui pervertit le rapport aux sources scripturaires. Pour lutter contre eux, il faut prendre en compte que le religieux n’est pas uniquement la source de la problématique. Daesh nourrit les failles identitaires par un discours et une communication qui touche à l'identification, la culpabilisation et l'exposition d'un monde fantasmatique ou toute personne peut devenir un "héros". Ceux qui rejoignent Al- Qaida par exemple n’ont pas le même profil que ceux qui rejoignent l’État islamique. Daesh propose à qui veut une idéologie d’apparence. Si nous persistons à confondre les termes et à lier les attentats à l’Islam nous nous éloignons de la source du problème. 

Fanny Bauer-Motti

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