Miroir 2017 Pour travailler autrement : les initiatives de la société civile

« Que veulent les gens ? Du travail, rien d’autre ! » lançait Emmanuel Macron à Lille le 14 janvier. Du travail, peut-être, mais pas n’importe lequel et n’importe comment. Les modèles traditionnels du travail sont en crise ? Tant pis, tant mieux : c’est l’opportunité d’innover pour aller vers des formes de travail solidaires, sources de bien-être et respectueuses des aspirations de chacun.e.

 « Que veulent les gens ? Du travail, rien d’autre ! » Emmanuel Macron, le candidat à l'élection présidentielle répète à l'envie qu'il veut être le candidat du « travail ». Mais l'ancien banquier de Rothschild semble ne pas s'être rendu compte que les modèles traditionnels du travail sont en crise. En réponse à cette crise, de nombreuses entreprises et autres acteurs·trices de l'économie innovent pour aller vers des formes d'emploi plus solidaires, sources de bien-être et respectueuses des aspirations de chacun·e·s. Voici quelques exemples qui prouvent qu'il est possible de travailler autrement, dès maintenant.

ambiancebois
Dans le Limousin, la société Ambiance Bois expérimente depuis 25 ans une structure particulière : la Société anonyme à participation ouvrière ou SAPO. Imaginée au tout début du XXe siècle, à une époque où il n'existait aucun mode de représentation du personnel, ce statut permet aux salarié·e·s de partager le capital de l'entreprise à part égale avec les actionnaires. Ils possèdent ainsi les mêmes droits et pouvoirs. Les employés ont choisi d'être tous rémunérés au même salaire et le PDG est renouvelé tous les 2 ans par tirage au sort parmi les volontaires. Toutes les décisions sont prises au consensus ou à une majorité de 70 %. Ce modèle très original est le sujet d'un documentaire dédié : Ambiance Bois, le travail autrement.

Coopaname, Oxalis, Grands Ensemble, SMartfr et Secteur Activités. Vous ne les connaissez peut-être pas, mais ces 4 coopératives ont décidé de s'unir dans une nouvelle entité commune, une mutuelle de travail associé baptisée Bigre !.  Il s'agit d'inventer une nouvelle forme d’organisation économique et sociale. Cette communauté, qui rassemble 25 entreprises, permet de démultiplier l'entraide, de mutualiser certaines fonctions support pour réduire les coûts en matière de gestion, recherche, protection sociale, finance, gestion des statuts juridiques des personnes, etc. Un regroupement qui espère porter un projet politique fort pour refondre des solidarités interprofessionnelles et des coopérations, tout en refusant de marchandiser les aspirations à travailler différemment.

onpurpose
De plus en plus de jeunes professionnel·le·s veulent aujourd'hui donner du sens à leur travail et se réorienter vers des entreprises « sociales ». Le programme On Purpose propose à sa communauté de cadres de les accompagner vers cette transition pendant un an. Il entend faire le lien entre le monde du business et les entreprises engagées.

En Picardie, le fabriquant de matériel automobile Favi est une « entreprise libérée » de première génération. Son modèle, développé dans les années 80, veut responsabiliser les salariés en les rendant libre et responsables de leurs actions. Favi part du postulat que le contrôle des employé·.e·s est à la fois coûteux et démotivant alors qu'ils aiment travailler et sont dignes de confiance. Ainsi libéré·e·s du poids de la hiérarchie, ils·elles se sentent à l'aise, sont plus productif·ve·s et épanoui·e·s.

Les néo-paysans, Gaspard d'Allens, Lucile Leclair, éd. Seuil-Reporterre, 144 pages Les néo-paysans, Gaspard d'Allens, Lucile Leclair, éd. Seuil-Reporterre, 144 pages

Tout quitter pour aller vivre à la campagne et se réapproprier la nature. Pendant un an, deux journalistes sont partis à la rencontre de ces néo-paysans, ces hommes et femmes ont sauté le pas et changé de vie pour devenir maraîcher, éleveur, apiculteur, arboriculteur. Ils·elles ont quitté le marché du travail traditionnel pour se réapproprier les gestes essentiels : se nourrir, renouer avec les saisons et travailler le vivant. Une véritable bouffée d'oxygène dans un monde en pleine tourmente : 200 fermes disparaissent chaque semaine, un retraité sur deux n'est pas remplacé, un agriculteur se suicide tous les deux jours. Ce livre part à la rencontre de ces résistants de la terre, critiques de la « révolution verte ».

 

 

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