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Billet de blog 28 mars 2017

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FOCUS éducation : le lycée auto-géré du 15e arrondissement de Paris

Huit élèves par enseignant et par cours. Les élèves sont libres de quitter le cours quand ils le souhaitent. Aller en cours n’est pas obligatoire : on peut passer ses journées à faire de la musique, de l’écriture, de la cuisine, du jardinage. Bienvenue dans le lycée autogéré de Paris !

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Pour entrer au lycée auto-géré du 15e arrondissement de Paris, il faut commencer par stage de deux semaines pour valider l'inscription à l'année. Ensuite, on s’adresse aux enseignants avec leur prénom : élèves et professuers sont mis sur un pied d'égalité. La question est d’abord celle du désir avant celle du diplôme : si les élèves veulent monter un projet, on leur donne les moyens pour le réaliser eux-mêmes, encadrés par un tuteur. Les projets (sport, musique, culture, voyage) sont mis sur pied pendant des cours de quatre heures après-midi.

L'école est en constante évolution puisque les règles sont  redéfinies en permanence. Ce n'est pas une absence de règles, c'est la mise en place de règles partagées parce que leur nécessité est perçue pour chacun.e. Pour ce qui est des financements, la charte d'existence entre le rectorat et le lycée permet d'avoir une aide de l'Etat et une participation par les élèves de 45 euros. La cantine, les concerts et d'autres évènements alimentent le budget, qui est entièrement géré par les élèves à travers des commissions budget, finances, cantine,etc.

Les seules activités obligatoires sont la Réunion Générale de Gestion (RGG) et  des Groupes de Base (GB) toutes les semaines.  La Réunion Générale de Gestion reprend les avis émis par les GB : on établit des règles ensemble et on les respecte. La prise de décision prend parfois un tour bien bureaucratique : pour changer le nom d'une salle du lycée, par exemple, une proposition est faite en GB. C'est ensuite discuté dans les autres GB, puis il y a une décision de vote la semaine d'après en RGG. On ne connaît le résultat la semaine d'après. Une autre limite : le lycée est aujourd'hui plutôt co-géré qu'auto-géré, car la responsabilité juridique fait que les enseignants ont en général le dernier mot.

Les bac blancs ont lieu sur ordi et sans enseignants pour surveiller : on travaille pour soi, on prend conscience de sa propre capacité d’agir et  de ses limites. Les élèves ont comrpis par eux-mêmes que tricher ne leur apportait rien, car ils savent pourquoi ils travaillent, ce que ça peut leur apporter dans l'immédiat, à moyen et à long terme. Il n’y a pas de notes, donc les rapports entre les élèves n’ont rien à voir avec les lycées  classiques : pas de compétition, on s'écoute et on s'intéresse à l’autre. Le savoir est partagé entre les élèves et les enseignants, prenant en compte l'expérience de chacun.e.

Les cours comprennent des enseignements classiques tout en favorisant les échanges entre matières. Pour préparer le bac, le programme est plus classique en terminale, même si les plages horaires et le rapport aux examens et à la hiérarchie sont modifiés. Des semaines de stages sont organisées comme les projets, par les élèves eux-mêmes. Il s'agit de mettre en oeuvre une auto-éducation plutôt qu'une éducation imposée par un rapport hiérarchique qui viserait à préparer les élèves au rapport de soumission au travail employé/patron. Ce qui est visé ici est l'émancipation collective et individuelle dans le respect de l'autre, d'égal à égal.

A leur sortie du lycée auto-géré, les parcours sont très variés : art, grandes écoles, design, et autres filières variées. Passer par là donne les moyens pour se débrouiller dans la vie en avançant pour soi, sans envisager les études suppérieures comme seul facteur de réussite.

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