Miroir 2017
La contre-campagne présidentielle
Abonné·e de Mediapart

18 Billets

0 Édition

Billet de blog 31 mars 2017

Miroir 2017
La contre-campagne présidentielle
Abonné·e de Mediapart

OPINION. Orchestre Debout : de la démocratie chez les humains

On a tous envie de croire à la possibilité immédiate d’une démocratie émancipatrice pour tou·te·s. Ne rêvez plus. Les buts sont si différents, les égos si exacerbé·e·s, les ignorances si profondes. C’est impossible.

Miroir 2017
La contre-campagne présidentielle
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Et si nous contrevenons à ces lois de la pesanteur humaine, il nous sera reproché notre inhumanité.  La démocratie encadrée par quelques réformes institutionnelles que ce soient est un leurre. Il ne suffit pas de mettre un cadre pour maîtriser les animaux que nous sommes. Dans la multitude il y aura toujours des rebelles pour briser leurs chaînes. Seule solution : grandir avec ce cadre,  l’habiter en même temps qu’ils nous habite. C’est peut-être au fond le secret d’un groupe ultra démocratique qui, en l’espace de quelques heures, a réussi à émerveiller la planète terre et citoyenne : l’Orchestre Debout.

Illustration 1

La démocratie à l’unisson

Déjà il faut savoir ce qu’est l’unisson. Il faut avoir réalisé que le mot démocratie ne se suffit pas à lui-même. Enfin il faut savoir dépasser la condescendance de celui qui va vous apprendre ce que vous croyiez connaître. Tout cela se passe en un clin d’oeil quand on se joint à ce groupe de musiciens. C’est là que le cadre revêt toute son utilité : ils savent tous ce qu’est avoir le bon ton, soutenir un rythme et accorder leur violons. Ils n’échappent cependant pas à une maladie du siècle : il leur faut un but pour que la marche prenne. Ils savent ce qu’est l’accord parfait et pourtant ils ont des instruments différents, des histoires d’ailleurs et d’ici, des apprentissages sans commune mesure. Ils savent respecter le silence de l’autre, tolérer la faute de l’une et l’oubli de l’un. Ils prennent dans leur propre apprentissage des leçons d’humilité.

Illustration 2

Une fausse note comme point de départ

La colère est là, elle aussi. La colère de la trahison de cet accord manqué entre l’humain et la démocratie idéalisée. La colère de considérer le travail comme un outil au service des forces capitalistes. La colère de ne pas pouvoir partager ce bonheur de l’harmonie à cause des reproductions sociales entretenues au nom du commandeur morbide de la hiérarchie de classe. Une rage profonde devant l’injustice instituée en cadre les animent. Ils sont venus sur la place pour chanter ce désaccord, pour prouver qu’il est possible de vivre ensemble en démocratie.

Illustration 3

Et pourtant

Sur chaque partition il y a plus d’échecs que de réussites. Des ratures, des découragements. Les petites joies, les douleurs sont comme une pelouse qui parfois pique, parfois chatouille. C’est leur talent de savoir regarder les petits échecs en face. C’est là que se nichent toute la gloire de ces musiciens et leur drame. Quelqu’un à un moment leur a donné les moyens d’apprendre à surpasser leurs échecs, à savoir écouter et s’écouter pour mieux entendre l’autre et de ne pas s'appesantir sur des petites victoires. La musique est une leçon d’humilité qui s’obtient au prix d’une naissance un peu bourgeoise, un peu éduquée. Cela n’empêche pas le travail, certes. Le travail n’est pas le problème. Le problème est l’inégalité entretenue par des oppressions successives. Voyez les jouer ensemble, et vous verrez qu’il est possible de dépasser ce conditionnement social pour émanciper le choeur joyeux de l’humanité.

Normalement, le concert était terminé, mais on était bien, alors on est resté et ils ont continué à jouer...

A regarder : Bellaciao par Orchestre Debout

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte