Sexe et poivrons farcis

Réflexions sur la société et sciences issues de l'intuition et touchant à la résurrection.

Ce qui suit n'est pas important puisque pensé par un homme.

Aucun homme n'a jamais dit ni fait quelque chose d'important, de vraiment important, sinon ce serait écrit sur chaque arbre et ce de la façon à ce que tous les illettrés puissent le comprendre en quelques minutes. Nous ne comprendrons jamais rien avant d'avoir franchi un obstacle : comprendre d'abord qui est ce qui doit comprendre. Sans quoi : cette chose a compris cette chose n'a pas beaucoup de valeur. Croyez-le si vous pouvez.

La philosophie n'a jamais rien appris à personne, surtout pas aux philosophes eux-mêmes. En général, l'homme commence à faire de la philosophie à l'âge de 25 ans, 30 ans, c'est-à-dire le jour où il comprend qu'il ne comprendra pas. Alors là, il a peur, très peur et il se met à philosopher, à chialer : un appel au secours de l'ignorant tel que nous sommes. À se demander s'il ne vaut pas mieux observer pendant un quart d'heure la fleur la plus moche entourée d’herbe que d'avaler tous les livres écrits par nos frères humains.

Vous souvenez-vous de la photo d'Albert Einstein sur laquelle il a sa langue pendue ? Tout le monde lui disait qu'il était intelligent. Il était le seul à savoir qu'il ne l'était pas. Cela lui donnait ce regard et ce sourire d'enfant apeuré.

Il se peut que la vérité soit à l'opposé de nos recherches avec la possibilité que la vérité soit qu'il n'y en ait pas et que l'univers soit fondé sur le mensonge. Il y a longtemps que nous avons constaté l'impossibilité pour nous de plonger notre doigt deux fois dans le même verre d'eau.

Les univers devraient être nombreux, traversant les uns les autres sans s'affronter. Le nôtre semble reposer sur deux socles : celui de la tendresse et celui de la férocité. La tendresse, c'est la douce biche qui sautille joyeusement sur l'herbe; la férocité, c'est quand elle va s'abreuver au bord du fleuve et se fait déchiqueter par un crocodile sans scrupules.

D'où nous vient la compassion et le désir de la justice, tandis que l'ingénieur céleste lui-même, en apparence, n'en a pas ?

Il est pratiquement certain que nous ne réfléchissons pas avec notre cerveau, que ce n'est qu'une illusion. Nos pensées ne devraient pas se passer à l'intérieur du crâne mais à l'extérieur. À quelques millimètres du crâne et jusqu'à l'infini, sinon le mot "infini" ne serait pas dans notre vocabulaire. Ce n'est pas qu'un jeu de mots. J'ai fait des expériences sur moi-même. Non pas dans un laboratoire, mais suivant mes pensées à la trace.

Plusieurs fois je me suis surpris en flagrant délit d'être là où mon corps n'était pas. Il vous est arrivé la même chose mais vous ne l'avez pas remarqué...

Notre cerveau ne serait pas qu'une boîte de liaison entre nous et notre corps, ce cher et douloureux compagnon. Nous avons construit des miroirs dans lesquels nous voyons notre corps mais nous n'avons pas accès aux miroirs de l'univers qui nous entourent et dans lesquels nous aurions pu voir notre esprit.

Face aux mystères gigantesques de l'univers, nous étions des proies faciles pour les religions inventées de toutes pièces par des escrocs pas sympas qui nous ont pas mal assassinés depuis quelques siècles pour nous contraindre à les entretenir en tant que représentants des Dieux. Avec ça, ils se sont dotés d'un accoutrement sorti directement de l'atelier de Dieu et qui leur donne un air d'en savoir plus.

Logiquement et correctement il n'est que temps d'interdire à tout trou de cul humain de prendre un centime, au nom d'un quelconque Dieu. Le seul Dieu que nous pourrions autoriser, pour rire de nous-même, c'est Gilbert Bourdin, le messie cosmo-planétaire.

L'intelligence de l'homme des cavernes et celle d'aujourd'hui sont identiques. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer le regard d'un bébé des cavernes avec le regard d'un bébé d'aujourd'hui. Les deux reflètent la même malice et la même curiosité. Si on me demandait comment je le sais pour ce qui concerne le bébé des cavernes, je répondrais que je ne le sais pas mais que je le devine, étant un peu voyant.

Mes amis, ce sont tous ces anonymes qui marchent dans la rue et dont je ne connais aucun défaut. Dès que je fais la connaissance de quelqu'un, j'hésite à l'aimer. Parce que, à chaque fois, je découvre qu'il me ressemble...

Si seulement il y avait un homme intelligent sur notre planète... Je prendrais un sac sur le dos avec du pain et du fromage et j'irais le chercher. À pied. Pour lui demander quelque chose. Sur le coup, je ne sais pas ce que j'aurais à lui demander mais, en marchant, je trouverais bien.

La seule guerre que nous aurions dû faire, tous ensemble, c'est la guerre contre l'ingénieur céleste parce qu'il nous a fait aussi bêtes et limités.

Malheureusement, nous nous sommes entretués depuis toujours pour des mobiles différents dont le premier est le vol et de plus en plus le profit de la fabrication des armes. Armes magnifiques destinées à assassiner avec précision ceux d'entre nous qui ne méritent pas de vivre. Sachez qu'une mitrailleuse est une arme de destruction massive. J'en ai la preuve mais je ne peux pas vous la donner...

Pensons un peu à ceux qui "investissent" dans la fabrication des armes... Si au moins ils avaient la gentillesse de nous dire de quelle science se servent-ils pour s'enrichir sur les cadavres de nos enfants.

Nous avons construit une société qui correspond à ce que nous sommes. Une société de Rois et de Reines, de Papes et d’Ayatollahs et, par-dessus le marché, de Madonna et de Maradona. Pendant ce temps les pauvres gens qui travaillent n'ont pas grand-chose à mettre dans leurs assiettes la dernière semaine du mois.

Attention ! Ne pas confondre le verbe « travailler » avec le verbe « magouiller » comme le fait un grand nombre d'élus du peuple et de la planète Terre. Ne dites pas le contraire pour ne pas contrarier le socle de la tendresse sur lequel repose la moitié de l'univers.

Pensons un peu à la personne qui a accumulé un milliard d'euros. Se rend-elle compte à quel point c'est incorrect et dérisoire ? Ou, au moins, s'aperçoit-elle que, déjà, elle a plus de rides que de millions ?

La seule personne qui aurait le droit d'avoir un milliard, c'est celle qui fournit la preuve noir sur blanc d'avoir travaillé toute sa vie... Vingt-cinq heures par jour. Personne d'autre.

Il y a quelques temps, un ami m'a raconté avoir gagné le gros lot au loto dans son rêve et avoir acheté avec un cercueil serti de gros et beaux diamants. Rien que pour faire mourir de jalousie ses amis qui viendraient à son enterrement. Je me suis demandé s'il n'avait pas inventé cette histoire.

Le « je » et le « moi » sont très préoccupés par la beauté et la santé de leur corps. Certains se démènent comme des diables pour lui acheter plusieurs maisons et des vêtements de luxe pour impressionner amis et adversaires. D'autres se contentent d'une seule maison. Mais il y a ceux qui, plongés dans le désespoir, laissent leur corps s'allonger sur le trottoir. Les braves gens n'ont ni le nombre ni le savoir pour les sortir de cette impasse et doivent s'en remettre, avec un peu de tristesse, au programme de l'ingénieur céleste.

Par chance, n'étant pas concepteur de nous-même, n'importe quel avocat nous obtiendrait l'immunité céleste. Une immunité différente de l'immunité parlementaire que nous nous sommes concoctés.

Pour combattre la misère sociale et le chômage, il ne faut surtout pas augmenter la production. Bien au contraire, il faut la diminuer. Augmenter la production ne ferait que fatiguer davantage les pauvres gens qui travaillent et enrichir davantage ceux qui investissent dans le travail des autres. Il faut supprimer la production de cinquante pour cent des choses plus ou moins inutiles et souvent dangereuses, à commencer par la cravate. En plus de serrer le cou, elle donne l'air intelligent et correct à quelqu'un qui ne l'est pas.

Le temps du travail devrait être ramené à quatre heures par jour. Les équipes du matin et les équipes de l’après-midi. La priorité doit être donnée à l'agriculture, au bâtiment, à l'écologie et à la recherche scientifique et technologique. L'écologie seule pourrait absorber beaucoup de monde : il y aurait toujours et tous les jours un coin qui reste à nettoyer. Du moment que l'on produirait une pomme de terre et un logement en plus de ce dont on a besoin, le « reste » finirait par s'arranger... N'est-ce pas mes amis anonymes ?

Dommage que la politique ne soit pas réservée exclusivement au centre national de recherche scientifique qui ferait un programme correct et équitable dans l'intérêt de tous mais qui ne gouvernerait pas. Dommage que nous n'ayons pas la solution pour nous débarrasser de ces sectes pas sympas, connues et légalisées sous le nom de partis politiques et corrompues par les Mozart de la finance.

Nous n'avons rien à espérer du côté d'un quelconque Jésus ou Allah, les morts ne pouvant ressusciter que par la grâce des vivants. On verra comment par la suite.

Nous ne devons pas craindre ni espérer le jugement dernier. Il n'aura pas lieu. Il a déjà eu lieu. À l'instant même où les êtres vivants ont été semés sur la planète Terre. C'est là que peines et récompenses ont été prononcées et échelonnées. Cela s'appelle le futur. Notre corps nous fournit des outils peu performants qui ne nous permettent pas de voir ce futur.

Nous accomplissons un travail pour l'ingénieur céleste mais nous ne savons pas lequel. Nous sommes en quelque sorte ses agents secrets.  On dit que le meilleur agent secret est celui qui ne sait pas qu'il en est un. Cependant, nous ne travaillons pas pour rien. Nous avons un salaire. Le plaisir du sexe et des poivrons farcis. Avec ce salaire, l'ingénieur céleste nous a obligés -condamnés- à nous reproduire et à manger pour vivre. Sans ce salaire, les êtres vivants n'auraient pas fait long feu sur notre planète.

Si tous les êtres vivants décidaient de se suicider et fixaient une date pour le faire, il est plus que probable que l'ingénieur céleste se manifesterait d'une façon ou d'une autre pour dire « Stop ! Pas d'accord. Vous pouvez bien vous suicider à quatre-vingt-dix pour cent mais pas tous. J'ai encore besoin de vous. Vous n'avez pas fini le travail pour moi. »

Il semble qu'il y ait trois catégories d'humains : ceux qui sont déjà morts, ceux qui vivent maintenant et ceux qui ne naissent jamais. Y’aurait-il un lien entre les trois ?

 Ceux qui ne naissent jamais sont ceux qui ne trouvent pas d'embryon libre pour s'y engouffrer et faire un bout de chemin avec. S'y engouffrer et s'y attacher avec un code personnel secret connu pour l'instant uniquement de l'ingénieur céleste.

Quel est l'univers de ceux qui ne naissent jamais ? Comment vont-ils et que font-ils ? Nous aiment-ils ?

Ceux qui n'ont rien de mieux à faire devraient se poser la question suivante : « Si j'étais à la place de l'ingénieur céleste, est-ce que j'aurais fait le même monde, le même univers ? ». Un petit nombre penserait qu'il aurait fait la même chose : avec joie, larmes et regrets.

Comprendre et croire n'est pas la même chose. C'est à l'opposé l'un de l'autre. Le premier homme qui comprendrait que l'ingénieur céleste existe ou qu'il n'existe pas -c'est la même chose- deviendrait un peu ingénieur lui-même. Avons-nous de l'importance auprès du comité de direction de l'univers ? Espérons que oui malgré les deux métiers d'abrutis que nous pratiquons et que sont l'art et le sport.

Notre univers regorge d'éléments de composition mis à la disposition de ceux qui savent les chercher et s'en servir, au point que rien de ce qu'un esprit peut imaginer n'est irréalisable. C'est ainsi que nous avons pu construire une multitude d'objets : mitrailleuse, moissonneuse, char d'assaut, micro-ondes, etc.

Demain ou après-demain, pourquoi pas la résurrection, puisque notre esprit peut l'imaginer.

Nous pensons et disons que notre corps a un âge. Notre esprit n'a aucun âge à aucun moment. Le corps d'un homme mort ne sait pas qu'il est mort. Il n'est mort que dans le regard et dans l'esprit de ceux qui le connaissaient et de ceux qui viennent à son enterrement.

Et l'esprit qui lui était associé ? Rien ne nous interdit de faire des suppositions issues de l'intuition. En premier, l'esprit sait qu'il est mort, se décroche du corps et file avec son code secret tout droit de là où il est venu, c'est-à-dire dans l'univers de ceux qui ne naissent jamais.

Autre possibilité : l'esprit ne sait pas qu'il est mort et plonge directement dans l'univers de la non-existence où une seconde et un milliard d'années ont la même durée. Nous ne pouvons imaginer ni de près ni de loin l'état de notre science et technologie dans un million d'années. Un million d'années, c'est une seconde pour ceux qui n'existent pas ou ceux qui dorment. Notre univers enregistre tout mouvement et tout soupir des humains et de tous les êtres vivants sur notre planète. Sommes-nous programmés plus tard, beaucoup plus tard, à accéder à ces enregistrements ?

Si oui, il nous serait aisé de ressusciter les morts, tous nos morts, quitte à les chercher dans l'univers de la non-existence. La vitesse définitive aidant, nous pourrions joindre les planètes habitables et rendre habitables celles qui ne le sont pas pour les offrir à nos « ressuscités » qui auront le sentiment de n'avoir été morts qu'un instant, ou plus exactement de n'avoir jamais été morts, d'avoir simplement changé de monde.

Est-ce une raison suffisante pour protéger l'humanité, déjà pas mal menacée par le jeu de l'univers ? Chacun devrait se poser cette question avant d'empoigner un couteau.

 

Finalement, ce petit récit n'est qu'alternance de caresses et de gifles.

Et, à la fin, j'ai des doutes sur la justesse de mon raisonnement. Mais pas trop. 

 

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