C'est l'histoire d'un train, un pas de géant dans les oreilles, la liberté du ciel confrontée à la prison d'un bloc de fer roulant, vendue par des fenêtres ouvertes et grandes, de l'espace et de la rapidité.
C'est l'histoire infinie d'un voyage de l'esprit à travers l'esprit d'un voyage.
Une gare n'est qu'un pavé de béton, gris, moche, sale, mais séduisant. Chacun dans sa bulle d'oxygène ou de pollution.
Chacun en quête de sens, le sens du déplacement, le sens du voyage; et surtout pour éviter le contre sens, celui que fuit, l'humain 2.0, redoute et surtout esquive.
C'est l'histoire d'un sentiment bien trop incompréhensible pour qu'une ligne ne le détermine, un sentiment heureux mais lucide, lucide sur la tristesse journalière, le monde est journalier, voir journaleux, mais la tristesse... Ah la tristesse, si douce et profonde qu'elle rend heureux, tout du moins souriant.
Le bruit est rugueux mais agréable, les arbres défilent mais le ciel ne bouge pas, comme hors du temps, hors du monde, de notre condition, bien trop rebel et royal pour s'adapter à la misère de la terre.
Et puis soudain un foyer, comme si la merde poussait au paradis! Un foyer loin du temps mais apaisant, comme rassurant par sa simple présence et son sentiment d'invincibilité.
J'aimerai tirer l'alarme pour signaler mon mal-être; sauter par la fenêtre et courrir nu à travers ces lieux vierges de l'humanité, mais mon reflet se frotte à la réalité de la vitre, mon visage flou mais surtout perdu dans le temps du calendrier.
Un jour passe. Un jour gagné? Ou un jour perdu ?
Peace, love, compassion.