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Billet de blog 25 novembre 2015

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Ouvrir enfin les yeux : la guerre n'est pas une obligation

J'ai cru pendant 10 jours que la guerre était la seule option, comme hypnotisée par les discours en boucle relayés partout. Le live de médiapart de ce soir me laisse penser que peut-être il y a autre chose à faire que d'appliquer la loi du talion.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Espace de liberté, j'aime ce petit monde en ligne où je peux m'exprimer de temps en temps. 

Les événements de 2015 me touchent, à n'en pas douter. J'écoute Médiapart en ce moment même et je me rends compte que j'ai cru pendant plus d'une semaine que la guerre était inévitable. 

J'étais en train de regarder d'un œil hagard une série américaine, et j'ai cliqué sur le lien de ce journal pour "voir" les derniers articles publiés. 

Je suis tombée sur leur live. Une discussion avec le fondateur de Podemos et un journaliste d'un journal espagnol. Très vite, la conversation m'a happée. Je ne saurai dire exactement pourquoi. Je pense que cela tient surtout au fait que la discussion se faisait dans le calme. L'Espagne aussi en 2004 a subi des attentats.

La découverte des différences me laisse sans voix, alors j'écris en même temps que d'écoute. 

Le peuple espagnol ne voulait pas la guerre, il n'y pas eu d'état d'urgence. 

Ma plus grande peur, celle que je traîne à mes chevilles depuis que je suis haute comme trois pommes, c'est la guerre. Une grande guerre bien dégueulasse, genre les deux mondiales précédentes. Autour de mes 10 ans, j'avais même une petite valise avec quelques trucs "utiles" au cas où une catastrophe surviendrait.

Déjà en janvier, j'avais été un peu inquiète.

Mais rien comparée à ces derniers jours. Mais le pire, et je m'en rends compte en écoutant ce live, c'est que j'ai cru que c'était un mal nécessaire.

Or, non, je ne veux pas la guerre

Non non non

Je ne veux pas

C'est peut-être très naïf, mais si "on" me demande mon avis, mon vrai avis, en dehors de la peur suscitée par les événements récents, non je ne veux pas la guerre

Et c'est là que me reviens une conversation que j'ai eu au lendemain des attentats.

En boucle dans les médias tout le weekend, des hommes en plateaux disaient que la peur était là, que l'on n'allait plus pouvoir se déplacer sans avoir peur. Je dis des hommes. Oui, ce n'était que des hommes. Ils avaient peur. Et moi, à cet instant je me suis dit, que la peur dans la rue, dans les transports, je connaissais déjà, moi, "en tant que femme". La question du viol, du harcèlement, de qu'est ce qu'il me veut celui là à me regarder ? Tout ça c'est du quotidien, et donc je ne voyais pas en quoi je pourrai avoir plus peur. Les hommes, eux, les fameux cis-hétéro-blancs qui ont défilé sur les plateaux, eux, oui, ils ont découvert ce sentiment. Pas moi.

Par contre, moi je ne veux pas subir leur découverte de l'angoisse. Je ne veux pas la guerre parce qu'ils ont peur.

Que les renseignements, la police, la justice continuent à faire leur travail. Nous ne somme jamais, je crois à l'abri de décérébrés qui décident de tuer d'autres personnes. 

Mais je m'oppose à l'escalade de la violence.

Continuons à soutenir les actions de personnes comme Dounia Bouzar qui encadrent les jeunes qui se sont laissés embarqués dans cette voie sectaire. Mais n'allons pas sur le chemin dangereux de la guerre. Ne nous laissons pas, encore, guider par la testostérone.

Non la guerre n'est pas une obligation. Non, non, non.

Je refuse.

Cherchons d'autres solutions.

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