Lettre à Macron

Monsieur Macron, je n’ai que mépris à votre égard! Je le revendique. Tant vous m’inspirez de dédain.

Non pour ce que vous dites, qui est sans importance, l’écume du moment, mais pour ce que vous êtes et que je hais. Vous n’êtes qu’hypocrisie, que conduite médiocre. Vous maniez fort habilement la parole et n’emploierez jamais ce mot haine mais plutôt, si cela advenait, celui de détestation, que même celui-ci vous vous gardez de dire ouvertement mais, que vous pensez et qui, sans jamais être dit, suinte de tous vos dérapages verbaux et vos attitudes méprisantes.

Vous faites partie de la caste des Warren Buffet qui proclame ouvertement que la lutte des classes ils l’ont gagnées. C’est cela être de droite sans masque ni faux semblant, les dix pour cent qui ruinent le monde pour leurs profits.

Vous, vous vous dites ni de gauche ni de droite mais alors vous êtes quoi ? Un ectoplasme ? Non, seulement un homme sans le courage pour revendiquer et reconnaître d’appartenir à la droite et d’être de droite, profondément. Un masque. De cette droite qui vous a porté au pouvoir de toute la puissance de sa domination financière et médiatique. Vous n’êtes que le serviteur de cette caste et mis au pouvoir pour la servir, pour servir ses intérêts. Par la même occasion, le votre !

Vous ne savez pas, ne pourrez jamais savoir, sentir, ressentir ce qu’est d’être de gauche, d’être humaniste tout simplement. Un monde sépare cette notion de la vôtre et que vous ne saurez combler.

Vous êtes l’homme d’un seul livre, un bateleur d’estrade qui vend votre domination et celle de vos mandants et le produit de cette vente c’est : plus de souffrance pour le peuple, plus d’exploitation, plus d’oppression, plus de manipulation et d’arrogance, plus de destruction des acquits sociaux et des protections des laborieux. Votre soit disant « progrès », « monde nouveau », parés de tous vos beaux discours, ne sont que l’avatar de la régression, de vos désirs d’asservissement à vos appétits peu reluisants, à vos soifs de puissance et d’argent. Vous ne connaissez rien du Peuple, rien de ses angoisses, de ses misères, de ses souffrances, de ses espoirs. Vous ne connaissez qu’à travers des livres, des rapports, des analyses de bureau c’est tout. C’est neutre, froid, comptable, désincarné.

Président des Français ? Non président d’un conseil d’administration chargé d’enrichir vous et cette caste que vous représentez.

En attendant je ne vous reconnais pas comme « mon » président ! Vous m’êtes étranger et n’avez aucun intérêt à mes yeux tout en étant contraint, comme beaucoup, de vous subir, de subir vos pratiques et vos manœuvres.

Vous craignez le peuple, son éventuelle révolte, la perte de vos privilèges, de vos postes lucratifs ! Vous prenez les mesures pour cela. Vous parasitez, étouffez lentement la Démocratie en la corsetant insidieusement de lois liberticides que vous présentez pour, soit disant, défendre nos libertés alors que vous ne défendez que VOS libertés et vos capacités à exploiter le Peuple avec le moindre risque pour vous et vos soutiens. Pour mieux défendre vos privilèges et ceux des possédants.

Finalement vous êtes vieux, très vieux, un homme du passé, d’un très lointain passé. Du féodalisme moderne.

Une relique.

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