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Billet de blog 6 juin 2020

CHORBA-FRIK

La bigoterie n'a rien à voir avec la spiritualité et encore moins avec la foi qui est un acte individuel qui concerne seulement l'individu avec sa relation avec son créateur. il est urgent de repenser la société algérienne aux croisées des chemins de son destin.

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Par Mohamed Ghemmour

C’est le ventre creux que le peuple algérien s’attaque aux réticences du pouvoir en place, pour changer l’iniquité de l’ordre établi, et affronter l’appareil de l’Etat dans sa forme la plus virulente, de la jeune histoire de l’Algérie indépendante, pour réussir sa transition démocratique. Les espoirs suscités nombreux ne peuvent sombrer avec le gargouillement des estomacs, ennemi juré du bon fonctionnement cérébral, et cri fatidique de la limite physique de chacun. Sous les feux nourris de l’ennemi, qui dispose de ressources quasi-infinies et d’imagination morbide à tromper le monde réel, dans son milieu naturel, la bataille s’annonce rugueuse et incertaine pour les belligérants. Et dans ce cas précis, vaudra mieux avoir les boyaux solides et éviter l’indigeste pour sauver son âme et caresser le paradis perdu du bout du doigt.

Loin de moi l’idée d’une diatribe païenne, qui fera bondir le zélote et le bigot du sursaut de la foi exagérée. Mais, il est de notoriété publique que des banquets fastes s’érigeront pour rendre hommage, à l’indigence de la veuve, et de l’orphelin, et de toute la misère qu’on feint de voir au quotidien. Dans une liste mortifère, de tous les jours, concentrés dans ledit événement que connaît le monde musulman cycliquement pour ne pas dire Arabe, fraternité oblige, car tous les musulmans sont frères, et le mot frère perdra à coup sûr de son sens, avant le fameux destin et sa nuit.

 Basculant entre signifié et signifiant dans cet inceste collectif, qui s’ajoute à la mauvaise haleine de cette fange verbale et castratrice de toutes différences de la pratique de la foi, drapée d’un blanc immaculé, pour renforcer le mystique primaire, et anachronique dans une ambiance persillée et à souhait.

Le principe moral n’est pas seulement dans le fait de s’abstenir de voler une belle paire de chaussures à l’entrée d’un lieu de culte, ayant le dos des victimes comme miroir de soi, mais il réside dans l’intolérance insidieuse et contraire aux principes de la religion monothéiste en général. Ce n’est pas une hérésie que d’envisager un bilan comptable du formatage idéologique, sans précipiter le jugement souvent expéditif d’une société schizophrénique, faisant l’apologie de la culture de la mort à la barbe et au nez de ceux qui veulent tout simplement vivre dans le giron de la catharsis.

 Il semble prioritaire de faire une mise en perspective et de ne rien s’interdire en moins en réflexion dans cette lutte ou le bien et le mal paraissent inextricables au vu de la psyché collective complexe. En ayant dit cela, rien ne peut s’inscrire à l’opposé - du moins dans le meilleur des mondes- du principe de la liberté de culte, de la liberté individuelle, du principe de la laïcité et de la démocratie, à moins que cela sonne comme de vains mots, y compris dans la foi dans son pays et son peuple à sortir de ce bourbier lassant.

 Certes, l’heure est grave, mais propice au changement, alors autant avoir affaire à Dieu sans mépriser aucun prophète dans une période ou la démocratie reste fragile, mais chère à nos cœurs. Cette dernière doit se déployer de toute son envergure, dans une forme d’exclusivité sacrée dans le pays de Saint Augustin à l’enseignement et à la philosophie tues, et ou les familles juives algériennes se cachent pour prier un seul et même Dieu. La connotation négative du simple mot « juif » semble être inscrite à jamais comme la personnification du diable ôtant ainsi à des êtres humains leur humanité avec une simplicité et une conviction aveugles, à moins que le rapport à l’autre et la peur de notre ignorance soit la vraie plaie de notre malheur intérieur.

 Dans le feu doux d’une marmite de chaque foyer algérien se cachera peut-être la potion magique d’un druide millénaire et méconnu pour donner le tonus nécessaire à la virevoltante épopée algérienne jusque-là, éclatante dans l’impact psychologique, jouissant de la force de sa jeunesse, et de la reconnaissance d’au-delà les frontières, mais hélas, coupé de son Histoire et de toutes ces minorités chrétiennes et juives qui sont chez elles en Algérie malgré le déni et la négation.

Je souhaite un bon appétit à tous les algériens et peu importe leur étiquette religieuse s’ils en ont une, car l’essentiel est ailleurs. Le salut national ne viendra que du salut citoyen.

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