AEPLA - Association européenne pour la défense des lanceurs d'alerte

 

Huile sur toile
55 x 46 cm © Isis Sangaré Huile sur toile 55 x 46 cm © Isis Sangaré

 

Avec le recul je trouve qu'il y a une confusion des genres entre le travail de CAMEDIA et celui de Mediapart...

Si Camedia est le club des abonnés DE Mediapart comment peut-il en être indépendant dans son travail pour la défense des lanceurs d'alerte?

Mediapart a très clairement fait savoir qu'il n'est pas une auberge pour blogueurs-lanceurs-d'alerte. A la moindre réquisition il répondra favorablement aux injonctions d'identification, alors comment peut-il à la fois "dénoncer" un(e) alerteu(se)r et le défendre... schizophrénique...

La bonne volonté de Marielle Billy et Roger Evano peut-elle servir si d'un côté ce qu'ils font est "défait" de l'autre?

Après réflexion, il apparaît qu'il faut pousser à la création d'une organisation de niveau national, mieux de niveau européen (pour lui garantir une autonomie de fonctionnement) qui aurait pour objectif de protéger les lanceurs d'alertes... en garantissant leur anonymat s'ils le souhaitent...

AEPLA: Association (ou Agence) européenne pour la défense des lanceurs d'alerte (pour info elle n'existe pas. Pas encore... :o) )

Mediapart c'est du business (ce n'est pas péjoratif). Donc il est IMPOSSIBLE qu'il assume le rôle de défenseur des lanceurs d'alerte.

Mais on aurait aimé qu'il soit un peu (un tout petit ...peu) pro-actif dans leur défense...

PS1. J'ai même l'impression que Mediapart freine des quatre fers pour ne pas leur offrir une tribune... Voilà plusieurs jours qu'à l'instigation de plusieurs lanceurs d'alerte "maison" j'ai demandé la création d'une édition ayant pour thème "Lanceurs d'alerte" et je n'ai pas reçu de réponse: ni oui, ni non.

Ce qui avec mon expérience de la maison, signifie "Non"... (3 demandes/3 refus)

Peut-être qu'à la 4eme... j'ai un thème: "Les amis des amis de Médiapart". 

Peut-être que cette fois ce sera accepté... 

Ps2: C'est peut être un peu trop ...subversif. Je cherche. Je cherche

:o)


 

 Addendum:

Concernant la définition des lanceurs d'alerte, je vous dirai que l'expression elle-même me dérange...

En effet elle me donne l'impression d'être une sorte d'instantané... on lance une alerte comme on lance une pierre... et puis on passe à autre chose...

Vous qui connaissez bien les histoires de quelques-uns, on est bien loin de cette image.... n'est-ce pas?

Ce qui les caractérise c'est surtout l'espace et le temps que va occuper la divulgation des faits surtout pour le "lanceur"...

La volonté de traduire l'idiome angliciste Whistleblower dont la figure ne renvoie pas à quelque chose de symétrique dans la culture francophone fut une grossière erreur... Je crois de mémoire qu'elle vient d'un sociologue ou d'un philosophe de notre époque...

C'est pour cette raison que nous en sommes à vouloir définir, redéfinir, préciser... (à la Commission Européenne, il y en a qui ont même été payés pour trouver une définition ...o) )

Bon puisque l’expression est désormais consacrée il s’agit de se mettre d’accord sur sa définition…

Définir est quelque part finir de parler de… ?

On définit quand on peut cerner, borner, réduire à des mots une chose, un concept… Or ce qu’on dénomme lanceur d’alerte est multi-forme et surtout difficilement réductible… Pour citer Philippe Joly,

Lanceur d'alerte: à l'origine, il y a un dysfonctionnement, une fraude, un délit ou pire un crime. Si nos institutions fonctionnaient correctement, le problème serait réglé et tout rentrerait dans l'ordre. Malheureusement il y a des situations où les dysfonctionnements s'additionnent tout simplement parce qu'il y a l'intervention du "bras long" et que très peu de gens sont prêts à risquer leur carrière  notamment  dans  les administrations telles que la police ou la justice 

Il y a donc au départ:

  • les faits (qui peuvent provenir d’un contexte de travail (ou tout autre, c’est en cela que « ma » définition diffère de celle de Wikipédia…) , 
  • au milieu il y a les pressions sur l’alerteu(se)r
  • et pour finir et c’est là que tous se rejoignent un déni de de justice…

Les faits sont d’essence  différents…

Dans le stade des pressions on voit les situations converger : à savoir les menaces, les brimades pour atteindre un point de rupture au-delà duquel le ou la lanceuse craquera et où par une ironie tragique deviendra le ou la coupable… Inversion de charge…

Pour finir ils ou elles se rejoindront dans l’anti-chambre de la Justice. Le déni de justice sera le creuset dans lequel leurs histoires viendront s’abîmer pour presque se ressembler…

Prenons deux exemples de prime apparence différents :

1.Olivier Thérondel/James Dunne/Véronique Hurtado : ils sont tous les trois les incarnations de la figure du Lanceur d’alerte telle que la veut la Commission Europénne ou Wikipédia… Depuis leurs  lieux de travail, ils ont dénoncé des faits, subissent encore des pressions terribles et sont à ce jour dans la phase de rupture : ils ont du mal à supporter moralement et physiquement.

Ils entrent dans la phase du déni de justice : c’est à eux que la justice s’en prend car leurs adversaires puissants ont les moyens de les poursuivre… Quand je parle de « déni de justice » même s’il n’y a pas encore eu de jugement dans les trois cas, c’est de justice « morale ».

La « victime » devient coupable…de diffamation/recel etc…

2. Jean Lombard/Jacques Lecoq : aux deux certains certains refusent la qualité de « lanceur d’alerte » dans sa définition wikipédienne… c’est évident. Mais il n’empêche qu’à l’étude de leurs situations on se rend compte qu’il y a des parallèles et des ressemblances. Le mouvement triphasique (Aïe je vais finir ... "sociologue" avec des trucs pareils...Rigolantfaits/pressions/déni est aussi présent…

La différence est que pour le premier « groupe » les faits se sont révélés à eux et dans le deuxième ils sont allés à leur recherche…

Si on s’attèle à circonscrire le triangle maléfique faits/pressions/déni au cercle des « travailleurs » on commet pour le second une double injustice… On en fait des singularités dans l’espace social…

Voilà comment la sémantique devient un piège…

Pour sortir de cette impasse, il faut accepter soit de modifier la définition du lanceur d’alerte « moderne » soit de trouver une autre expression qui permettra la prise en compte de ces deux groupes…

D’ailleurs je commence à trouver suspect l’acharnement qu’ont les institutions qui se penchent sur le sujet sur la définition/réduction du problème… Pourquoi seulement sur le lieu du travail ? Un chômeur, un retraité ne peut pas lancer d’alerte ? Je me dis qu’ils cherchent à restreindre le champ d’application de ce « phénomène » pour des raisons « tactiques » (éviter et restreindre leur prolifération ? Des questions d’argent ? C’est mon côté « conspi » qui prend le dessus… désolé)

Si on veut avancer il savoir de quoi on veut parler…A mon humble avis, les deux groupes cités sont deux faces de la même pièce…

Oui à une association, mais qui prendrait en compte ces deux dimensions…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.