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Billet de blog 20 octobre 2023

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Guerre coloniale ou choc des civilisations?

La guerre est une abomination ! Elle englouti les rêves, détruit les vies, abat les économies et les environnements. Elle plonge les peuples dans la terreur et dans l’angoisse du lendemain. C’est une rupture dans le quotidien, dans la routine rassurante des vies et des préoccupations même futiles. La guerre est une mort collective, la fin d'un monde, la fin du monde.

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Illustration 1

La guerre accompagne l’humanité depuis la nuit des temps et cause son malheur génération après génération…Certains diront que c’est depuis Abel et Caïn et d’autres feront remonter la naissance de la guerre à l’époque des chasseurs cueilleurs et aux premières périodes de glaciation.

De tout temps la guerre, en plus de son cortège de malheurs, est accompagnée par le besoin de justification des postures belliqueuses. Bien avant l’utilisation du « Choc des civilisations » les perses utilisaient la dualité des principes fondamentaux du zoroastrisme pour galvaniser les troupes et diaboliser leurs adversaires : Ils étaient les enfants d’Ahura Mazda (principe du bien) et ceux qu’ils combattaient n’étaient que les suppôts d’Ahriman (principe du mal). Cette méthode a été depuis lors déclinée partout et tout le temps.

Lorsque les attaques du WTC advinrent le 11 septembre 2001 le monde fût plongé dans l’effroi et la stupéfaction. De manière brutale la guerre s’invitait à nouveau au cœur même du monde occidental. Huttington avait déjà publié en 1993 un article puis un livre en 1996 : « clash of  civilizations ». Dans cet ouvrage l’auteur explique la multipolarisation du monde (anticipant les BRICS) et le fait que les conflits de la fin du XXème siècle se fonderont dès lors sur des bases culturelles – civilisationnelles plutôt que sur des oppositions idéologiques/politiques/économiques.

Cette base conflictuelle floue autorise toutes les interprétations. Notamment celle dont vont se saisir les faucons américains pour justifier la guerre en Irak par exemple. Le 11 Septembre trouve sa traduction directe dans l’opportunisme d’Ariel Sharon, 1er ministre israélien de l’époque, celui-ci déclare sans ambages que : « Arafat c’est notre Ben Laden ! ». En pleine intifada El Aqsa, le 11 septembre arrive pour la droite et l’extrême droite israélienne comme le trait d’union évident entre le conflit qui les opposent aux palestiniens et « la guerre contre le terrorisme » mondiale de Georges W Bush. Cette tentative est au cœur de la communication et de l’appréhension même du conflit en Palestine. De facto elle redéfinit un conflit colonial en le transformant en guerre contre le terrorisme et prenant prétexte de l’émotion mondiale provoquée par l’attaque sur les twin towers, elle démonise les Palestiniens dans leur totalité.

L’extrême droite israélienne, qu’elle soit laïque ou religieuse, progresse depuis 2001 sur les bases de cette « guerre contre le terrorisme ». En 2001 c’était l’OLP et Arafat qui étaient désignés comme terroristes, aujourd’hui le Hamas. Dans la tête des faucons israéliens il ne s’agit pas tant de disserter sans fin (comme nous le faisons en France) sur le statut d’organisation terroriste du Hamas, que d’amalgamer les revendications du peuple palestinien avec le fanatisme terroriste d’Al Qaïda ou de Daesh.

Dès le 7 Octobre, la FI a condamné sans équivoque les actes de terreur perpétrés par le Hamas et les a qualifié de crimes de guerre. Qualification précise qui permet d’entamer des poursuites et de bien déterminer politiquement les responsabilités sans jamais les relativiser, bien au contraire ! En parlant de crime de guerre nous témoignons de notre affliction et de notre sympathie à l’égard de toutes les victimes de ce conflit que nous sommes les seuls à replacer dans son contexte de conflit permanent. En ce sens nous sommes coupables de n’organiser aucune hiérarchie des victimes, aucune émotion asymétrique vis avis de celles et ceux qui souffrent et qui meurent. Et nous le faisons sans distinction d’âge, d’origine, de religion ou de sexe ! Et nous sommes les seuls à le faire en restant attachés aux valeurs et principes pacifistes qui structurent notre mouvement.

Le mot terrorisme dans l’acception du terme qu’en font les tenants du choc des civilisations ou de la « fin de l’histoire » de Fukuyama et des néoconservateurs américains, clôt le débat. Le mot terrorisme interdit le recul, l’analyse ou la contextualisation. Le mot terrorisme ne tolère aucune nuance. Je parle de nuance dans l’analyse et pas dans l’empathie ou l’émotion. Les insoumis sont aussi des femmes et des hommes doués d’intelligence, y compris celle du cœur ! Et notre engagement contre les injustices et auprès de toutes celles et ceux qui souffrent dans nos société, n’autorise personne à nous donner des leçons d’humanité ! Nous rappelons à nos détracteurs que nous pleurons tous les morts qu’ils soient palestiniens ou israéliens ! Nous compatissons à toutes les souffrances sans y mettre une échelle subjective de perception !

L’accusation d’antisémitisme que nous valent ces prises de positions, est odieuse. Pris sous le feu croisé de nos adversaires politiques, LREM, LR et RN, nous subissons cette tentative d’excommunication politique. Au-delà du côté infondé de ces insinuations, qui mène aujourd’hui à la mise en danger PHYSIQUE et morale de nos camarades exposés médiatiquement, elle en déshonore les tenants (si tant est qu’ils sachent ce qu’est l’honneur), mais elle est aussi révélatrice d’une forme de racisme larvé qui passe par le biais d’une essentialisation par ricochets.

Je m’explique sur ce point : les arrière-pensées politiques de ce débat franco-français n’ont qu’un but. La démonisation de la FI et la dédiabolisation e miroir du RN. Stratégie dangereuse sur le fond et crasseuse dans la forme. Cette accusation d’antisémitisme repose sur un présupposé électoraliste qui essentialise tout une partie de la population en France. En gros nos adversaires prétendent que nos positions « draguent » les quartiers populaires et les arabo-musulmans…Tous les habitants des quartiers populaires seraient donc antisémites et nous nous alignerions sur ce tropisme psychologique ! Remarquez tout de même la puissance raciste de cette assertion qui n’a l’air de gêner ni les responsables politiques, ni des médias qui concourent désormais au prix Nobel de la médiocrité.  Par ailleurs, attardons-nous aussi sur le paradoxe étrange qui semble obsédé le cerveau de nos détracteurs. Notre stratégie électorale serait d’un simplisme tragique et hautement risquée au demeurant. Sur des territoires dévastés par les ravages des politiques néolibérales nous baserions la remobilisation des classes populaires sur l’unique positionnement de notre organisation vis-à-vis du conflit israélo-palestinien ? Ceux qui disent cela nous méprisent et nous prennent pour des demeurés (pas très grave en soi) mais prennent surtout les habitants des quartiers populaires pour ce qu’ils ne sont pas : des individus désincarnés, simplets et facilement manipulables. A ceux là je leur dirais de venir voir les luttes que nous menons dans ces quartiers sur la hausse des loyers, des charges, du prix de l’énergie, de l’inflation et de ces conséquences. L’aide que nous essayons d’apporter à tous les combats des précaires, le soutien que nous apportons à tous ces collectifs citoyens qui luttent pour faire sortir de l’enfer ultralibéral leurs quartiers, leurs voisins, leurs familles !

En tant qu’insoumis, je reste attaché comme tous mes camarades aux valeurs pacifistes, féministes, laïques, écologistes et solidaires qui sont au fondement de mon engagement. En privé ou en public, je ne m’adresse ni à des juifs, ni a des musulmans, ni à des chrétiens, ni à des athées ! Je ne parle et ne confronte mes convictions qu’avec d’autres humains ! Je m’appuie sur la passion que je voue à la paix et à la justice en convoquant le peu que je sais de l’état de droit ou du droit international ! Je croyais que le débat public s’appuyait sur ces règles informelles, ces derniers jours me prouvent que j’ai tort, que nous avons tort ! Le débat s’articule sur des attaques ad hominem, des traquenards audio-visuels sciemment prémédités, une virulence sans limite de la part de nos adversaires politiques et la lâcheté de certains de nos alliés qui trouve là le prétexte de renier des alliances qui leur ont très largement permis d’être élus. Les injonctions impérieuses, la mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle et l’hystérisation infra politique, n’auront pas raison de ce qui nous anime en tant qu’InsoumisEs : La paix et la Justice pour tous les peuples !

Mohamed Bensaada

20/10/2023

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