Des réactions en France et en Tunisie pour sauver Ben Brik

L'inquiétude sur la vie du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, atteint d'une maladie chronique et qui purge sa peine de six mois à la prison de Siliana, a poussé à la réaction. Plusieurs actions sont prévues et appels sont lancés pour demander sa libération.

Taoufik Ben Brik Taoufik Ben Brik
L'inquiétude sur la vie du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, atteint d'une maladie chronique et qui purge sa peine de six mois à la prison de Siliana, a poussé à la réaction. Plusieurs actions sont prévues et appels sont lancés pour demander sa libération. Son épouse, actuellement en France, s'active de son côté afin d'obtenir un soutien qui pourrait peser sur le régime tunisien.

 

"Du point de vue médical, nous sommes aujourd'hui face à une urgence vitale. Il s'agit d'intervenir pour sauver la vie de M. Ben Brik" plaide le Docteur Sami Souihli, le secrétaire général de la Fédération des médecins et pharmaciens de la santé publique de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT). En effet, souffrant du syndrome de cushing lui ôtant le système de défense immunitaire, il voit sa santé mise en danger dans un univers carcéral qui ne peut pas lui offrir les meilleures conditions d'hygiène. Interdit de visites de ses avocats, astreint à seulement quelques minutes d'échange dans le parloir avec les membres de sa famille, le journaliste continue de crier son innocence depuis sa prison, où il se trouve en « véritable danger de mort » selon ses proches.


Ben Brik a été accusé, après une altercation dans la rue avec une femme, d'«agression, atteinte aux bonnes mœurs et dégradation de biens», affaire montée de toutes pièces selon Reporters Sans Frontières et qualifiée de «traquenard» policier selon l'accusé lui-même. Une lettre ouverte, sous forme de pétition, a été ainsi lancée hier par des féministes tunisiennes réclamant sa libération « avant qu'il ne soit trop tard ». « Nous n’acceptons pas que les violences faites aux femmes soient instrumentalisées pour porter atteinte aux droits fondamentaux humains » avertissent-elles.

 

Les membres de la famille du journaliste, en grève de la faim depuis trois semaines, ont appelé de leur côté à un rassemblement à Tunis, demain matin, devant le Ministère de la Justice, dont le président Ben Ali a procédé à un remaniement le jeudi dernier. Au même moment, l'épouse de Taoufik Ben Brik, Azza Zerrad, interviendra en France au parlement européen, afin de plaider sa cause dans l'espoir d'obtenir un soutien bien que la Tunisie compte beaucoup «d'amis» dans les rangs de Strasbourg. A la veille de ce débat au parlement, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) dénonce le régime tunisien, « l'enfant gâté de l’Euromed » qui à l'appui « économique et financier considérables » de l'Europe, mais dont le bilan est « plutôt médiocre en matière de réforme politique ».

 

Une soirée de solidarité avec les journalistes emprisonnés et les libertés en Tunisie est prévue aussi, le mercredi 20 janvier, à la mairie du 2ème arrondissement à Paris, à laquelle participent des journalistes, des élus, des représentants d'associations et diverses personnalités.

 

Mohammed Yefsah

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