Algérie: le premier responsable de la police algérienne assassiné dans son bureau

Ali Tounsi,le responsable N° 1 de la police algérienne. Ali Tounsi,le responsable N° 1 de la police algérienne.

Le directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi, a été assassiné, ce jeudi matin dans son bureau, à Alger. Dans un communiqué, le Ministère de l'intérieur rapporte que l'auteur de l'assassinat « apparement pris d'une crise de démence a utilisé son arme et blessé mortellement le colonel Ali Tounsi, après quoi il a retourné l'arme contre lui se blessant gravement ». Ce dernier aurait été transporté à l'hôpital militaire de Ain Naadja à Alger, où il aurait subit des interventions chirurgicales. D'autres sources estiment que l'auteur de la fusillade a été tué sur place suite à la riposte de plusieurs officiers présents sur les lieux, lesquels étaient conviés à une séance de travail.

 

L'auteur du crime, le colonel Chaïb Oultache, a tiré sur son responsable de plusieurs balles suite à une altercation verbale. Le sujet de la dispute saurait une enquête diligentée à son encontre par Ali Tounsi dans une affaire d'achat de matériel d'aviation et d'informatique. Cet ancien officier de l'armée algérienne a en effet été recruté après sa retraite dans la police algérienne à la tête de l'unité de l'aviation.

 

Ali Tounsi, qui a échappé à une première tentative d'assassinat en 2004, est né en 1936 à Annaba, à l'est du pays, et père de trois enfants. Il a entamé sa carrière dans le Ministère de l'armement et des liaisons générales (Malg), crée par le FLN durant la guerre d'Algérie. A l'indépendance, il rejoint les services de la Sécurité Militaire. Alors que le terrorisme bat son plein en Algérie, il est désigné en 1995 à la tête de la police algérienne par l'ancien président Lamine Zeroual, poste qu'il a occupé jusqu'à son assassinat aujourd'hui. Des rumeurs circulaient depuis l'été 2009 sur son éventuelle démission « forcée », que le concerné a toujours démentie.

 

Selon le même communiqué du Ministère de l'intérieur, une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances de cet événement. L'Algérie vit ces derniers temps au rythme de tensions politiques et d'éclatement d'affaires de corruption dans lesquels de hauts responsables de l'Etat sont impliqués.

 

Mohammed Yefsah

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